La charte rendue publique mercredi par le courant du Futur sur le printemps arabe et le discours prononcé à cette occasion par son chef, Saad Hariri, ne sont pas sans rappeler le principal slogan du 14 Mars, « le passage à l’État ». Ce slogan est resté sans suite jusqu’ici du fait de la persistance du problème des armes hors du giron de l’État. Peut-on y envisager une solution d’ici jusqu’aux élections de 2013 ?
D’aucuns pensent qu’il n’y aura pas de règlement à la question des armes avant que la situation en Syrie ne se décante et que la voie ne s’ouvre vers une paix globale dans la région ou, du moins, que le Liban ne soit en mesure de revenir à l’accord d’armistice avec Israël.
Ce qui est certain, c’est que la bataille autour du sort des armes non légales se poursuivra cette année et s’il n’y a pas d’accord sur une formule permettant qu’elles soient mises à la disposition de l’État, ce dossier restera un sujet de désaccord permanent entre les Libanais.
Le conflit autour de la présence armée palestinienne dans les années soixante-dix avait suscité une guerre civile qui a ouvert la voie à des interventions militaires extérieures. Cela va-t-il se répéter avec la question des armes du Hezbollah, surtout si le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, met à exécution ce dont il avait prévenu dans un discours récent, à savoir que si une guerre est déclenchée contre l’Iran ou la Syrie, « elle se généralisera à toute la région » ?
En janvier 2009, le prince Talal ben Abdel Aziz, l’un des frères du roi d’Arabie saoudite, s’était interrogé, en marge d’une conférence des Nations unies à Tunis, sur les moyens que mettra en œuvre le Hezbollah pour « rassurer les Libanais quant au fait que ses armes ne seront pas utilisées à l’intérieur. Auparavant, le chef du PSP, Walid Joumblatt, avait souligné, lors d’une conférence de l’Internationale socialiste en Grèce, qu’il existe « deux options, pas trois : ou bien l’État libanais parviendra à intégrer le phénomène représenté par le Hezbollah par la voie du dialogue, ou bien ce sera la fin du modèle pluraliste libanais ».
Quant à l’Assemblée des prélats maronites, elle avait à plusieurs reprises évoqué la question des armes et jugé notamment que « c’est la présence de ces armes de façon unilatérale aux mains d’un groupe qui a conduit à la guerre de juillet (2006) », soulignant que « la décision (de guerre et de paix) doit être du seul ressort de l’État ».
Enfin, en mars 2011, l’ancien Premier ministre Saad Hariri a adressé un message aux Libanais dans lequel il soulignait que « la question des armes non légales au Liban est devenue un problème national par excellence qui nécessite une solution nationale par excellence avant toute autre chose ».
Et d’ajouter : « Nous avons tout simplement décidé de dire ce que dit chaque Libanais et chaque Libanaise, à savoir que ce pays ne saurait se rétablir dans son système politique, dans sa vie économique, sociale, culturelle, politique et constitutionnelle, et dans la sécurité et la tranquillité de ses habitants tant que ces armes resteraient prêtes à servir contre des compatriotes. Nous avons donc décidé de dire que, non, ça ne va pas et que si vous avez des armes entre vos mains, cela ne signifie pas que vous avez raison ».
S’il a été possible de parvenir à une solution au problème de la présence armée palestinienne au Liban avec l’entrée des troupes syriennes dans ce pays et le retrait des combattants de l’OLP, une solution au problème des armes du Hezbollah se révèle plus difficile, car il s’agit dans ce cas d’un groupe libanais. Seul le dialogue est susceptible de résoudre ce conflit, comme l’avait souligné l’ancien porte-parole de la Finul, Timur Goksel. Ce dernier avait souligné que la résolution 1559 du Conseil de sécurité était de nature « politique » et « peu réaliste » et que « nul ne sait qui se chargerait de désarmer le Hezbollah ». Il avait ajouté que toute pression sur le Liban pour qu’il applique le volet intérieur de cette résolution mènerait à des résultats contraires.
Comment donc procéder pour trouver une solution à ce problème à présent qu’il est devenu une priorité du 14 Mars et qu’il risque d’être une matière de dialogue explosive lorsque tout le monde sera mis devant l’alternative suivante : les armes ou l’État ?
Certains considèrent que la solution doit passer par des garanties internationales au Hezbollah pour le persuader de jouer un rôle politique et de renoncer à un statut qui suscite un problème d’ordre sectaire au Liban. Sauf que jusqu’ici, le Hezb s’en tient à l’équation de « l’armée, le peuple et la résistance » qui, selon lui, est la seule à protéger le Liban.
D’aucuns pensent qu’il n’y aura pas de règlement à la question des armes avant que la situation en Syrie ne se décante et que la voie ne s’ouvre vers une paix globale dans la région ou, du moins, que le Liban ne soit en mesure de revenir à l’accord d’armistice avec Israël.
Ce qui est certain, c’est que la bataille autour du sort des armes non légales se poursuivra cette année et s’il...

