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Cinema- - À L’Affiche

Taxi vers le passé

Alors que le jeune réalisateur libanais Joseph Daniel raconte les errances d’un taxi à travers l’histoire libanaise, une autre cinéaste, américaine cette fois, évoque les errances d’une certaine Dame de fer et qu’un festival évoque le présent mélangé au passé de la nation turque.

Talal el-Jourdi et Karina Logue dans le taxi de Daniel Joseph.

The Iron Lady,
de Phyllida Lloyd
Avec Meryl Streep et Jim Broadbent.

Margaret Thatcher (Meryl Streep) à l’âge de la retraite passe le plus clair de son temps à discuter avec le fantôme de son mari (Jim Broadbent). Elle pense à son passé en politique où elle est devenue la première et la seule femme à diriger la Grande-Bretagne. Les années 1980, marquées par les répercussions de la crise financière et les tumultes avec l’IRA, défilent dans sa tête de vieille femme sénile alors qu’elle a été la Dame de fer. On ne doute pas une seule seconde que Meryl Streep est une grande actrice. Ni une autre seconde qu’elle mérite encore une fois l’oscar, sauf que cette fois Viola Davies, à notre humble avis, le méritait plus dans The Help.
On ne doute pas non plus que son partenaire dans le film, Jim Broadbent, est un excellent comédien. Dommage que le film, réalisé par Phyllida Lloyd (Mamma Mia !), ne soit pas à la hauteur de ces grands acteurs ni même à celle du personnage de la Dame de fer. Car il était excitant de voir ce qu’un cinéaste aurait pu tirer de cette Iron Lady, alias Margaret Thatcher, caractère qui marqua son temps. À la place, on assiste à une biographie plate et décousue avec des retours dans le temps mais pas plus. Le portrait qui se profile donc est incomplet. Au lieu de saisir le côté sombre du personnage, la cinéaste s’est attardée à cette folie tardive qui n’explique nullement les choix politiques ou autres de la Thatcher jeune. Il est en effet évident que toutes les biographies ne sont pas réussies au cinéma et qu’il est très difficile d’en faire une bonne, car il faut trouver un angle exact pour établir un portrait. Rappelons-nous le flop de Nixon d’Oliver Stone bien qu’interprété par Anthony Hopkins, mais l’excellent Frost-Nixon qui relatait l’entrevue fatidique du président avec le journaliste. Lloyd n’a pas réussi son portrait. Elle laisse à la place un immense malaise et une frustration, à juste titre.

Grand Cinemas ABC/Concorde/Las Salinas/ Saïda Mall, Planète Abraj


Taxi Ballad,
de Daniel Joseph
Avec Talal el-Jourdi
et Karina Logue.

À 36 ans, Youssef est toujours célibataire. Rejeté par ses amis et sa dulcinée parce que sans le sou, il va vers la ville espérant se trouver du boulot. Il parvient à s’acheter un joli taxi rutilant (une Mercedes Benz) et finira par faire le chauffeur. Parcourant la capitale libanaise, nuit et jour, Youssef va rencontrer une autre âme esseulée. Ils vont être amenés à partager leurs solitudes et leurs désillusions, et se consoler mutuellement. Sur fond bien sûr d’une nostalgie reproduite à travers des souvenirs colorés. C’est l’histoire de Beyrouth et de la montagne libanaise, et ses habitudes qui remontent à la surface et qui peuplent leurs soirées.
Talal el-Jourdi incarne le caractère de Youssef, un peu désabusé et détaché. Quant à Karina Logue, cette comédienne qui a travaillé avec de grands cinéastes comme David Fincher, Alan Ball et Steven Spielberg, elle lui donne la réplique dans le rôle de Jordan. À eux deux, ils refont l’histoire de Beyrouth. Si le sujet paraît un peu dépassé, c’est parce que le metteur en scène Daniel Joseph, établi à New York où il s’est consacré à la mise en scène après des études de photographie et de peinture à l’Université de Houston, puis en Californie, est retourné vers 2008 au Liban afin de commencer le tournage de Taxi Ballad. Par manque de moyens, le film n’a pu être achevé que récemment. Ainsi, on a l’occasion de voir les disparus Mahmoud Mabsout et Ziad Makouk, un tandem inoubliable.
Taxi Ballad, présenté dernièrement au Festival international de Dubaï, est une agréable comédie qui se laisse voir, quoique souffrant d’un scénario un peu éculé et d’images « déjà-vu ». N’empêche que les acteurs sont convaincants et ne nous ennuient pas dans leur taxi et leurs rencontres.

Cinemacity, Empire Dunes/ Sodeco/Galaxy, Espace, City Complex Tripoli
The Iron Lady,de Phyllida LloydAvec Meryl Streep et Jim Broadbent. Margaret Thatcher (Meryl Streep) à l’âge de la retraite passe le plus clair de son temps à discuter avec le fantôme de son mari (Jim Broadbent). Elle pense à son passé en politique où elle est devenue la première et la seule femme à diriger la Grande-Bretagne. Les années 1980, marquées par les répercussions de la crise financière et les tumultes avec l’IRA, défilent dans sa tête de vieille femme sénile alors qu’elle a été la Dame de fer. On ne doute pas une seule seconde que Meryl Streep est une grande actrice. Ni une autre seconde qu’elle mérite encore une fois l’oscar, sauf que cette fois Viola Davies, à notre humble avis, le méritait plus dans The Help. On ne doute pas non plus que son partenaire dans le film, Jim Broadbent, est un...
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