Un convoi du Croissant rouge syrien, le 25 février, à Homs. Photo EPA/SANA Télévision syrienne
Une équipe du Croissant-Rouge syrien est "entrée cette après-midi dans Baba Amr", un quartier de la ville de Homs, a déclaré mercredi à l'AFP Carla Haddad, porte-parole du CICR (Comité international de la Croix-Rouge).
La chef des activités humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, "est entrée avec l'équipe des volontaires du Croissant Rouge Syrien." "L'équipe n'est restée que 45 minutes", a-t-elle ajouté, en précisant que ses membres ont indiqué que "la plupart des habitants de Baba Amr avaient quitté le quartier, vers des régions où le CICR peut leur distribuer de l'aide".
Le CICR et le Croissant-Rouge syrien attendaient depuis plusieurs jours de pouvoir entrer dans ce quartier rebelle, qui a été assiégé et pilonné pendant près d'un mois par les forces syriennes. Damas a mis en avant des raisons de sécurité, en particulier la présence de bombes et de mines, pour justifier l'interdiction pour la Croix-Rouge d'entrer dans ce quartier.
La porte-parole du CICR a encore indiqué qu'une équipe conjointe CICR/Croissant-rouge syrien avait distribué mercredi une aide alimentaire et humanitaire à des familles ayant fui le quartier de Baba Amr. Il s'agit de nourriture, de couvertures et d'aide médicale, a-t-elle précisé.
Au cours des deux derniers jours, cette équipe conjointe a distribué de l'aide à 350 familles, composées en moyenne de 6 personnes.
Le convoi humanitaire de sept camions chargés d'une aide d'urgence pour les habitants de Baba Amr a dû attendre 5 jours avant qu'une équipe du Croissant-Rouge syrien puisse entrer dans le quartier.
Mme Amos a tenté de se rendre dans des parties de la ville tenus par l'opposition mais "n'a pas été en mesure de le faire" pour des raisons de sécurité, a indiqué sa porte-parole, Amanda Pitt.
Le ministre des affaires étrangères syrien que Mme Amos a rencontré à Damas lui avait pourtant "confirmé qu'elle pourrait se rendre là où elle voudrait", a souligné la porte-parole.
Mme Amos et les personnes qui l'accompagnaient "ont entendu des coups de feu" lors de leur visite. "Elle a dit que les parties (de la ville) qu'ils ont vues étaient totalement dévastées (et que) Homs ressemblait à une ville qui a été complètement fermée" à la population, a expliqué Amanda Pitt.
Elle a précisé que Mme Amos poursuivait ses prises de contacts en Syrie pour essayer de "trouver un arrangement permettant un accès humanitaire de longue durée".
Plus tôt dans la journée, Valerie Amos était arrivée à Damas. Précédant de trois jours l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, Mme Amos tentait d'obtenir un accès humanitaire "sans entrave" aux populations touchées par les violences, notamment à Homs. Le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem lui a assuré que le gouvernement tentait d'apporter nourriture et assistance médicale aux citoyens, malgré les "sanctions injustes imposées par quelques pays occidentaux et arabes et qui affectent la population".
Renforts à Idleb
Sur le terrain, la répression a fait de nouvelles victimes mercredi notamment dans les provinces d'Alep d'Idleb et de Deraa où au moins 19 personnes, dont 13 civils et 6 déserteurs, ont été tuées par l'armée syrienne, a rapporté l'OSDH, qui signale également des bombardements dans différentes régions.
Et selon le Conseil national syrien (CNS), la plus importante coalition de l'opposition, des chars et transports de troupes se dirigent vers la province d'Idleb.
"Le CNS a observé depuis quelques heures 42 chars et 131 véhicules de transport de troupes quittant Lattaquié en direction de la ville de Saraqeb", dans la province d'Idleb, "ainsi que des colonnes militaires se dirigeant vers la ville d'Idleb", ajoute le CNS, qui redoute une "réédition du massacre" de Baba Amr.
Détruit par un mois de pilonnages ayant fait 700 morts et des milliers de blessés selon Human Rights Watch, ce quartier rebelle avait été repris le 1er mars par les forces gouvernementales.
Mais selon Hadi Abdallah, militant à Homs de la Commission générale de la révolution syrienne, les autorités cherchent à "enterrer et brûler les cadavres et effacer les traces" de leurs crimes afin que la Croix-Rouge "ne s'aperçoive de rien".
D'autre part, la presse syrienne a fait état de la découverte de plusieurs corps d'étrangers à Baba Amr, dont un Européen accusé d'avoir aidé les rebelles.
Selon un nouveau bilan de l'OSDH, les violences ont coûté la vie à 8.458 personnes depuis le début de la révolte il y a près d'un an. Parmi elles figurent 6.195 civils et 2.263 membres des forces gouvernementales, dont 428 déserteurs ayant rejoint les rebelles.
Alors que de plus en plus de militants anti-régime réclament au moins l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne, le président américain Barack Obama a exclu "de lancer, comme certains l'ont suggéré, une action militaire unilatérale ou de croire qu'existe une solution simple".
"Ce qui se passe en Syrie est bouleversant et scandaleux", a-t-il jugé, tandis que le président syrien Bachar al-Assad a réaffirmé sa détermination à combattre le "terrorisme soutenu par l'étranger".
Depuis le blocage par Moscou et Pékin de résolutions onusiennes condamnant la répression en Syrie et l'intensification de la répression, des appels à l’armement des rebelles syriens ont été émis. La semaine dernière, le CNS, a ainsi indiqué vouloir organiser des livraisons d'armes à destination des rebelles syriens, grâce à un "bureau militaire" nouvellement créé.
Mais au sein de la communauté internationale, la question divise.
Des pays, comme le Qatar, le Koweït et l’Arabie saoudite, se sont déjà dit prêts à fournir des armes à l’Armée syrienne libre (ASL), qui revendique 40.000 soldats ayant fait défection. D'autres, comme les Etats-Unis, se sont montrés réticents, de crainte que les armes ne parviennent à el-Qaëda ou au Hamas, qui soutiennent la révolte.
Les Etats-Unis envisagent de fournir à l'opposition syrienne une aide non militaire, par exemple des équipements de communication, a affirmé aujourd’hui le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta, excluant une nouvelle fois une intervention militaire américaine.
L'Egypte a également mis en garde contre une possible guerre civile si des armes étaient fournies à l'opposition qui les réclame.
De son côté, la Russie a appelé Damas et les rebelles à mettre "immédiatement" fin aux violences et à faciliter l'arrivée de l'aide humanitaire.
Mais son soutien à Damas ne faiblit pas: Moscou avait annoncé mardi que sa position sur la Syrie ne changerait pas après l'élection de Vladimir Poutine au Kremlin, malgré des appels de pays occidentaux.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) discutent d'un nouveau projet de résolution américain exigeant la fin de la répression, sans résultat concret pour le moment.
Ces démarches interviennent alors qu'un émissaire chinois, Li Huaxin, est actuellement à Damas pour rencontrer le chef de la diplomatie et des dirigeants de l'opposition, et présenter des propositions de Pékin visant à résoudre la crise.
Par ailleurs, le président tunisien Moncef Marzouki a réitéré qu'il était prêt à accorder l'asile au président syrien Bachar al-Assad, après le refus russe de l'accueillir.
La chef des activités humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, "est entrée avec l'équipe des volontaires du Croissant Rouge Syrien." "L'équipe n'est restée que 45 minutes", a-t-elle ajouté, en précisant que ses membres ont indiqué que "la plupart des habitants de Baba Amr avaient quitté le quartier, vers des régions où le CICR peut leur distribuer de l'aide".
Le CICR et le Croissant-Rouge syrien attendaient depuis plusieurs jours de pouvoir entrer dans ce quartier rebelle, qui a été assiégé et pilonné pendant près d'un mois par les forces syriennes. Damas a mis en avant des raisons de sécurité, en...



Ahlan wa sahlan... Veuillez distribuer des vivres maintenant aux populations paisibles de Baba amr, finalement débarrassé des terroristes, bandits et des et des bandes armées. Dépêchez-vous car il y a d'autres coins en cours de nettoyage qui attendent votre bonne présence!
14 h 00, le 07 mars 2012