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À La Une - Festival Al-Bustan

Sur un air de boléro... mexicain

Hier et avant-hier soir le public libanais a découvert la force et la fluidité de la danse contemporaine mexicaine incarnée par l’une des meilleures troupes latines : la Delfos Dance Company.

Sur une scène nue, balayée par des flaques de lumière, neuf danseurs (seuses) aux mouvements circulaires, souples et fluides dans des chorégraphies mettant en valeur leur forme physique. Un spectacle conçu autour d’un florilège de musiques différentes illustrant des chemins intérieurs traversés de « lumineux passages ».

 

Voilà ce qu’a présenté, à l’auditorium Émile Bustani, dans le cadre du Festival al-Bustan, la Delfos Dance Company codirigée par Victor Manuel Ruiz et Claudia Lavista.

 

Dans ce « Luminous Passages » (titre du spectacle), six partitions, allant de la musique baroque sacrée au postminimalisme, en passant par les expérimentations vocales, sonores et instrumentales contemporaines, guident les pas, la gestuelle et les mouvements – en projection dans l’espace – des danseurs, en tenue décontractée, alternant scènes d’ensemble, duos et solos.

 

Pas de fil conducteur précis entre les diverses pièces inspirées de la spiritualité chrétienne, de la poésie d’Octavio Paz, de la recherche intérieure ou des racines musicales mexicaines... Mais une même recherche d’univers et d’images introspectives à offrir en réflexion au public.

 

Cela débute avec le Nisi Dominus, un « psaume de montée » du biblique roi Salomon, mis en phrases musicales par Vivaldi. La Delfos Dance Company donnera une illustration moderne de cette prière de confiance en Dieu et d’abandon à sa miséricorde et ses bénédictions. À travers ses mouvements ondulatoires, en circonvolutions souples, éthérées et ascendantes, accompagnant la voix du contre-ténor.

 

Suivra un solo d’Agustín Martínez. Une performance ! Tant ce danseur à l’incroyable souplesse de tous les membres donne corps aux sonorités exploratoires, faites de vocalises, de cris, de bruitages, du « Alone and My Soul » de la compositrice contemporaine Meredith Monk. Un passage d’une belle et poétique expressivité évoquant les épreuves du chemin menant à une sereine connaissance de soi et à l’apaisement.

 

Place ensuite à deux œuvres mêlant mouvements physiques et narration poétique sur des compositions dynamiques du musicien contemporain mexicain Mario Lavista. Dans la première, intitulée Lost Territories, trois hommes en costume de ville donnent corps, en impulsions énergiques, bousculées et rageuses sur des percussions fortes, aux angoisses de l’individu et à son difficile rapport au monde extérieur exprimés dans la poésie d’Octavio Paz.

 

Tandis que la seconde (Night Reflections), sorte de fantaisie peuplée de nymphes et de lucioles, offre un léger et agréable tableau visuel, plus à cause des costumes (signés Eloise Kazan) et de l’éclairage que des stridences exotiques du quartette à cordes de l’opus musical ou de la danse elle-même.

 

Idem pour la danse interprétée, en duo à effet miroir, par Omar Carrum et Johnny Millán, sur les notes minimalistes répétitives et hypnotisantes du Naufrage (Shipwrecked) de Steve Reich et qui, malgré l’originalité de la scénographie – une série de petits bateaux en papier ceinturant tout l’espace de la scène –, reste trop abstraite.

 

Plus enthousiasmante, l’interprétation, en finale, du Boléro de Ravel. Un défi – après l’œuvre monument de Béjart ! –

que cette troupe mexicaine relèvera sans fausses notes grâce à une chorégraphie mêlant inspiration urbaine et hispanisante (des manteaux capes en noir doublé de rayures blanches sur tops à bretelles pour les femmes et chemises à jabot pour les hommes qui les font virevolter et tournoyer à la manière des matadors), mais surtout grâce à leur maîtrise technique des mouvements et claquements au sol, tours, sauts et pirouettes qui gardent, également dans le crescendo, une fluidité sans faille !

 

Sur une scène nue, balayée par des flaques de lumière, neuf danseurs (seuses) aux mouvements circulaires, souples et fluides dans des chorégraphies mettant en valeur leur forme physique. Un spectacle conçu autour d’un florilège de musiques différentes illustrant des chemins intérieurs traversés de « lumineux passages ».
 
Voilà ce qu’a présenté, à l’auditorium Émile Bustani, dans le cadre du Festival al-Bustan, la Delfos Dance Company codirigée par Victor Manuel Ruiz et Claudia Lavista.
 
Dans ce « Luminous Passages » (titre du spectacle), six partitions, allant de la musique baroque sacrée au postminimalisme, en passant par les expérimentations vocales, sonores et instrumentales contemporaines, guident les pas, la gestuelle et les mouvements – en projection dans l’espace – des danseurs, en tenue...
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