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À La Une - Citoyen Grognon

Similaire souffrance

Tristement familières, les images qui déferlent de Syrie. Les quartiers défigurés, les maisons éventrées, les immeubles criblés de trous de balles ou d’obus, les carcasses de voitures brûlées, les débris qui jonchent les rues, les commerces dévastés, les artères vides, les rares passants aux yeux hagards...
Étrangement familières, ces images d’une guerre qui s’étend à travers le pays et semble ne vouloir jamais prendre fin. Pilonnage de villes, chars qui balaient tout sur leur passage, combattants armés qui sillonnent les rues en faisant le V de la victoire, francs-tireurs qui tirent sur tout ce qui bouge et qui font des civils une cible de choix.
Une guerre sale, comme toutes les guerres, avec son lot de violence et de barbarie, de perquisitions, d’arrestations et d’exécutions sommaires, parfois liées à la confession, à la communauté. Véritable boucherie, dont les premières victimes innocentes sont les enfants. Corps sans vie déchiquetés, exhibés pour dénoncer l’horreur.
Elle continue de nous tarauder, cette impression de déjà-vu. À la vue des manifestants qui défient la dictature de Bachar el-Assad. Celui-là même que les Libanais n’ont pas craint de défier quelques années plus tôt. Des manifestants avec leurs slogans, leurs chants patriotiques, leurs discours, leurs folklores aussi. Ces manifestants-courage que les « chabbiha » du régime n’hésitent pas à abattre par dizaines.
Particulièrement familière aussi, la souffrance du peuple syrien, qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Car elle est similaire à celle que nous, Libanais, avons vécue au cours de l’interminable guerre qui a marqué notre histoire. Comme lorsque les orgues de Staline de l’armée syrienne déversaient toute leur haine sur les habitants d’Achrafieh, de Dora, de Zahlé, de Tripoli.
Cette souffrance, il l’enterre alors au plus profond de lui-même, le peuple syrien, en quête de démocratie. Il ne compte plus ses morts et n’en finit pas de pleurer ses jeunes et moins jeunes, massacrés par l’implacable machine à tuer. Pour épargner sa vie et celle des siens, il est souvent contraint de se terrer dans des abris de fortune, manquant d’eau, d’électricité, de chauffage, de carburant, de médicaments, de nourriture aussi. Il n’a parfois d’autre choix que de prendre le chemin de l’exode, au Liban, en Turquie ou ailleurs. Trimbalant femmes, enfants et baluchons, souvent dans la panique, sans savoir où aller.
Une souffrance aussi similaire ne peut qu’être entendue et saluée... bien bas.
Tristement familières, les images qui déferlent de Syrie. Les quartiers défigurés, les maisons éventrées, les immeubles criblés de trous de balles ou d’obus, les carcasses de voitures brûlées, les débris qui jonchent les rues, les commerces dévastés, les artères vides, les rares passants aux yeux hagards...Étrangement familières, ces images d’une guerre qui s’étend à travers le pays et semble ne vouloir jamais prendre fin. Pilonnage de villes, chars qui balaient tout sur leur passage, combattants armés qui sillonnent les rues en faisant le V de la victoire, francs-tireurs qui tirent sur tout ce qui bouge et qui font des civils une cible de choix.Une guerre sale, comme toutes les guerres, avec son lot de violence et de barbarie, de perquisitions, d’arrestations et d’exécutions sommaires, parfois liées à la...
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