À la veille des élections de juin 2009, le président de la Chambre, Nabih Berry, avait appelé à saisir l’occasion pour « faire de la démocratie un style de vie et non seulement une opération électorale tous les quatre ans pour régler des comptes politiques, confessionnels, sectaires et factieux ».
De son côté, l’actuel Premier ministre, Nagib Mikati, soulignait à l’époque l’importance de l’émergence après le scrutin d’un bloc indépendant qui aiderait le Liban à sortir du « coffre qui n’ouvre que par deux numéros secrets, l’un saoudien et l’autre syrien ».
Mais les résultats des législatives de 2009 n’ont pas débouché sur ce que M. Berry souhaitait sur le plan du renforcement de l’État et de l’incrustation de la démocratie dans la culture politique. Ils n’ont pas non plus permis l’émergence du bloc indépendant que désirait M. Mikati.
Et pour ce qui est de l’image du coffre, c’est toute la réalité arabe qui a aujourd’hui besoin de clés pour ouvrir les nombreux coffres enfermant les haines et les conflits.
Il est donc clair que, contrairement à ce que l’on pouvait penser, le scrutin de 2009 n’a pas été décisif parce que les forces du 8 Mars n’ont pas reconnu ses résultats. Ils ont considéré que la victoire du 14 Mars était uniquement numérique et non populaire. La conséquence en fut que le processus de formation des gouvernements est resté à l’écart des normes démocratiques et a été soumis à la théorie de la « démocratie consensuelle » qui impose de former des cabinets réunissant les contraires.
Les gouvernements mis en place depuis ont logiquement échoué et sont restés improductifs, le dernier mot en leur sein ayant appartenu à ceux qui ont des armes hors du giron de l’État. De fait, le rapport de force induit par la présence de ces armes s’est imposé à tous les niveaux, tant dans le processus de prise de décision en Conseil des ministres que dans le positionnement à la Chambre, la formation du cabinet ou la désignation des dirigeants.
Qu’en sera-t-il des élections de 2013 ? Leurs résultats connaîtraient-ils le même sort que les précédentes ? Outre l’absence jusqu’ici d’une loi électorale moderne et équilibrée et la question des armes, il y a dès à présent un troisième facteur, le plus important, qui est appelé à peser de tout son poids sur le scrutin et ses résultats. C’est naturellement la situation en Syrie.
Si, d’ici là, le régime syrien est toujours en place ; si, au contraire, il a sauté ou si la situation reste la même qu’aujourd’hui, dans les trois cas il y aura des effets majeurs sur le Liban et donc sur le processus électoral. Tout le reste en dépendra.


Eh oui ! Les Libanais ne pardonneront pas à ceux qui se cassent la jambe et poussent quelques Syriens égarés à réclamer la liberté, concept perfide et sioniste au même titre que la circoncision. En 2013, quelque soit le découpage électoral que GMA (Émir des nuées que ses ailes de géant empêchent de marcher) et son allié Marwan Charbel décideront, le tsunami orange saturera de Vitamine C l’assemblée législative. Les Chrétiens comme tous les Libanais approuvent ses prises positions si bien changées et réformées, et surtout ses alliances avec les démocraties avoisinantes et les résistances à durée illimitée. Ils le plébisciteront une nouvelle fois, du téléférique au tunnel, et il réexpliquera avec brio aux simples d’esprit comment, à la différence des appels à la démocratie à Bahrein, ceux venant de Syrie ne sont que pur complot.
06 h 08, le 04 mars 2012