Des membres de l’Armée syrienne libre à Homs s’apprêtant à défendre la ville contre l’assaut terrestre lancé par l’armée du régime. Photo Reuters
L’armée syrienne a lancé hier un assaut terrestre contre le quartier de Baba Amr à Homs.
« L’offensive a commencé dans la nuit de mardi à mercredi. Le secteur est sous contrôle. L’armée a déjà procédé à un nettoyage bloc par bloc, maison par maison, et maintenant les soldats fouillent chaque cave et tunnel à la recherche d’armes et de terroristes », a ainsi affirmé une source de sécurité à Damas. Mais les militants sur place ont démenti, eux, l’entrée des troupes dans le quartier.
« Il s’agit de rumeurs pour terrifier » la population et « l’Armée syrienne libre (ASL) défendra les habitants jusqu’au bout », a assuré par téléphone Abou Ata al-Homsi. Selon lui, les soldats syriens ont installé depuis mardi de « nouvelles pièces d’artillerie dans le périmètre de Baba Amr et Khaldiyé » et hier « ils ont appelé la population par haut-parleurs à quitter l’endroit ». Ils ont averti qu’ils allaient bombarder « avec force ce quartier et prendre d’assaut la ville ».
Toujours selon les militants, la redoutable quatrième division du 1er corps d’armée, dirigée par Maher el-Assad, le frère du président, a été dépêchée mardi également en renfort aux abords du quartier. Pour sa part, Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne, a appelé à une « intervention étrangère car sinon il risque de se produire une catastrophe et une tragédie à Homs ».
Selon lui, « les forces du régime ont découvert mardi une voie secrète qui reliait Baba Amr à l’extérieur et l’ont dynamitée ». L’accès à la ville est désormais complètement coupé, ont confirmé plusieurs chefs d’unités de l’ASL postées autour de Homs. Au niveau du bilan des victimes, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté qu’au moins 15 civils ont été tués hier dans les violences à travers le pays, faisant état notamment de 8 morts à Homs. Huit soldats gouvernementaux ont également été tués dans les régions d’Alep et de Deraa. D’après la chaîne de télévision satellitaire al-Jazira, citant des militants, 23 personnes ont été tuées hier au total.
Tripoli offre une aide de 100 millions de dollars
Entre-temps à Alep, des centaines d’étudiants ont manifesté à l’université en solidarité avec les villes assiégées par l’armée. Quatre personnes ont été arrêtées, ont indiqué une ONG et des militants. Parallèlement, le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l’opposition, a annoncé la création d’un « bureau militaire » chargé de superviser « la résistance armée ». Un porte-parole du CNS a indiqué que la décision avait été prise en « coordination » avec l’ASL.
En outre, la Libye a décidé d’allouer une aide de 100 millions de dollars aux Syriens. Le CNS a ouvert un compte bancaire qui sera utilisé pour « fournir une aide financière à des fins humanitaires (...) », a indiqué un porte-parole du gouvernement libyen, Mohammad al-Harizi. Il n’a en revanche pas fait mention d’une aide militaire aux rebelles.
Sur le plan des réactions internationales et de la diplomatie, les États-Unis ont fait part à la Syrie de leur « indignation » face au « pilonnage » de Homs, a annoncé le département d’État US. Selon la chaîne de télévision satellitaire al-Arabiya, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, aurait intercédé auprès de Washington pour que les États-Unis ne fassent pas trop pression sur le régime Assad.
Pour leur part, les chefs de la diplomatie allemande, française et polonaise se sont prononcés à Berlin contre l’impunité des responsables de violations des droits de l’homme en Syrie, qui doivent être traduits en justice. De leur côté, les députés koweïtiens ont voté à une écrasante majorité une recommandation pour reconnaître le CNS en tant que représentant légitime du peuple syrien.
Quant à la Chine, soutien indéfectible de Damas, elle multiplie les initiatives. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi, s’est entretenu par téléphone avec ses homologues saoudien et algérien, Saoud al-Fayçal et Mourad Medelci, de la situation en Syrie. Il a également eu un entretien avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi. La presse chinoise a rapporté que M. Jiechi s’était dit favorable à l’envoi d’une aide humanitaire en Syrie lors de ces discussions téléphoniques. Toutefois hier, les autorités syriennes ont refusé à la responsable des opérations humanitaires de l’ONU, Valerie Amos, l’autorisation d’entrer en Syrie pour évaluer la situation sur le terrain.
D’autre part, le Conseil de sécurité de l’ONU est saisi d’un nouveau projet de résolution sur la Syrie, réclamant un cessez-le-feu humanitaire, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères. Selon un diplomate occidental, la rédaction du texte avance lentement et la question-clé reste la position de Moscou, qui dépend en partie de l’élection présidentielle russe de dimanche. Parallèlement, Kofi Annan, émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la crise en Syrie, était attendu à New York pour rencontrer le secrétaire général Ban Ki-moon et des chefs d’États membres de l’ONU. Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, a quant à lui demandé à l’ONU de lui préciser l’objectif de la mission confiée à M. Annan.
« L’offensive a commencé dans la nuit de mardi à mercredi. Le secteur est sous contrôle. L’armée a déjà procédé à un nettoyage bloc par bloc, maison par maison, et maintenant les soldats fouillent chaque cave et tunnel à la recherche d’armes et de terroristes », a ainsi affirmé une source de sécurité à Damas. Mais les militants sur place ont démenti, eux, l’entrée des troupes dans le quartier.
« Il s’agit de rumeurs pour terrifier » la population et « l’Armée syrienne libre (ASL) défendra les habitants jusqu’au bout », a assuré par téléphone Abou Ata al-Homsi. Selon lui, les soldats syriens ont installé depuis mardi de « nouvelles pièces d’artillerie dans le périmètre de Baba Amr et Khaldiyé...



