Il est 13h45. À la route de Damas, au niveau des travaux, dans le sens de la descente, une Jeep dorée me fait des appels de phares pour me dépasser alors que je suis à l’arrêt dans le bouchon du « rond-point Sayad ». Devant mon refus d’obtempérer, plus par impuissance que par entêtement, le char me dépasse sur la gauche, en grimpant sur le remblai des travaux, non sans manquer de me faire une queue de poisson.
Sans doute très fier de son exploit, il récidive et fait de même à deux voitures devant moi, pour aller se placer derrière une BMW dont je n’ai pu relever le numéro d’immatriculation. J’appelle le 160 pour porter plainte. Le 160 me renvoie au 112, qui me renvoie au 160.
Clairement pas la solution. Je suis très frustré.
J’écris avec une question en tête : je voudrais savoir quelles sont mes options. Je comprends que je n’ai pas vraiment de cas, étant donné qu’il n’y a pas eu d’accident, mais il aurait pu se produire.
Je remarque aussi que mon premier réflexe, après la queue de poisson, était de me dire : « Ah, c’est de ma faute, c’est sans doute la voiture du garde du corps de Monsieur BMW. » Réflexe de guerre. Réflexe du « j’aurais pu y passer ».
Or, le cas est très simple : Monsieur BMW étant citoyen libanais, tout comme moi, je m’attends à ce qu’on ait à peu près les mêmes droits. Dans mes droits, je pense ne pouvoir intimider personne, nulle part.
Monsieur le ministre de l’Intérieur,
Ayant depuis longtemps refusé les traitements de faveur, partant du principe que tout ne s’achète pas, je vous demande : quelles mesures prend l’État libanais pour transformer cette bergerie beyrouthine en ville civilisée dont on fait tant les éloges ?
Comment faire comprendre au gorille costumé qui manque de tuer toute personne qui ne se plie pas à son amas de muscles que sa vie de milicien s’est arrêtée en 1991 ? Comment comptez-vous convaincre le soupçon de civilisation de ne pas abandonner ?
Il est largement temps de prendre des mesures exemplaires, pour essayer de sauver ce qui nous reste d’amour-propre. Ces mesures, c’est à vous, Monsieur le ministre, de les prendre. Qu’en faites-vous ?


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
C'est Le supplice quotidian de chauque conducteur consciensieux au liban. .. Mais la seule consolation C'est d'avoir reporter l'incident. Du moins vous avez reagit. Si tous les libanais reagissaient sans continuer a être apathiques on aurait Une chance d'ameliorer les choses.
07 h 59, le 24 février 2012