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À La Une - Liban

Charbel Nahas appelle les jeunes libanais à manifester en masse demain

"Ma démission dépasse les discordes politiques", affirme le ministre du Travail démissionnaire.

Le ministre du Travail Charbel Nahas.

Le ministre du Travail démissionnaire Charbel Nahas a affirmé devant un groupe de jeunes du Parti communiste venus manifester devant sa maison en guise de solidarité avec lui que sa démission dépassait les "discordes politiques". "Nous sommes capables de briser tous les blocs politiques pour affirmer que le pays ne peut pas être gouverné par des bandes (mafieuses)", a-t-il dit, tout en appelant les jeunes libanais à descendre manifester demain, jeudi, devant le siège du Parlement à Beyrouth.

 

Une session parlementaire pour examiner deux propositions de loi relatives au dossier des indemnités de transport - l’une présentée par le secrétaire général du bloc du Changement et de la Réforme, le député Ibrahim Kanaan et l’autre par le député Nabil de Freige - devait se tenir aujourd’hui, mais le président du Parlement, Nabih Berry, a décidé de l'ajourner à demain.

 

Concernant l’affaire du décret sur les indemnités de transport, M. Nahas a indiqué qu’il a été appelé à le signer, "conformément à un accord entre un groupe de commerçants corrompus et un groupe de syndicalistes vendus". "Ils m’ont prévenu que l’accord tel qu’il a été signé devait passer, a-t-il ajouté. Ces gens-là ne me font pas peur, tout comme Israël et les États-Unis ne me font pas peur".

 

Mardi, le ministre du Travail a informé le chef du Courant patriotique libre (CPL) Michel Aoun, qui dirige le bloc auquel il appartient, de son intention de démissionner. M. Nahas n'a pas remis sa démission au Premier ministre Nagib Mikati. Des médias libanais ont toutefois indiqué mercredi soir que le ministre de l’Énergie et de l'Eau, Gebran Bassil a remis au Premier ministre libanais la démission du ministre du Travail. M. Mikati et le président Michel Sleiman l'auraient accepté, selon la chaîne de télévision al-Jadid.

 

Après l'approbation par le Conseil des ministres, en janvier dernier, du décret relatif au réajustement des salaires, le décret portant sur les allocations de transport constituait toujours un point de discorde au sein du gouvernement. Charbel Nahas refusait de signer le document qu'il qualifiait d'"illégal", en dépit du fait que le décret en question a été approuvé en Conseil des ministres. Le Premier ministre, lui, estimait que M. Nahas devait se conformer à la décision prise et signer le décret.

 

Depuis, un bras de fer opposait le ministre aouniste au chef du gouvernement. La crise gouvernementale s'est encore aggravée le 1er février, après la décision du chef de gouvernement de geler sine die les réunions du Conseil des ministres, sur fond de conflit avec les ministres aounistes mais sur un autre dossier, celui des nominations administratives.

 

La presse avait également rapporté que Nagib Mikati avait proposé cinq options pour sortir de la crise.

Selon la première option, le ministre Nahas signait le décret. Selon la deuxième, le ministre du Travail partait quelque temps à l’étranger pour laisser à Nicolas Fattouche, qui assure l’intérim en cas d’absence du ministre du Travail, le soin de signer le décret.

Selon la troisième option, Nagib Mikati décidait de remanier le gouvernement.

Selon la quatrième, Charbel Nahas démissionnait.

La dernière option était la conséquence du rejet des quatre précédentes, à savoir : Nagib Mikati jetait l’éponge.

 

Le président libanais Michel Sleiman a été le premier à réagir à la décision du ministre du Travail en déclarant que la démission de Charbel Nahas, si elle est confirmée, est "normale, (...) (allant) dans la bonne direction" (...) et "conforme à la Constitution", rapportent la chaîne de télévision MTV et la radio la Voix du Liban.

De son côté, Michel Aoun s’est dit "surpris" de la tournure prise par les événements concernant la crise gouvernementale. "Nous nous étions mis d’accord avec le président du Parlement Nabih Berry et le Premier ministre Nagib Mikati pour étudier un projet de loi concernant cette affaire lors de la prochaine séance parlementaire" prévue jeudi, a-t-il poursuivi, assurant que son bloc continuera de gérer la question des salaires de façon "légale".

L'ancien ministre Mario Aoun, membre du CPL, a quant à lui déclaré que la démission de Nahas était "définitive" et que "cette décision était nécessaire et conforme aux convictions du ministre".

 

La Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL) a, par ailleurs, porté plainte contre le ministère du Travail auprès du directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT) Khuan Somafia pour "violation du code international du travail et de la loi libanaise et des droits accordés au ministère par le gouvernement en ce qui concerne les négociations tripartites, la liberté syndicale et la définition des salaires".

 

Le ministre du Travail démissionnaire Charbel Nahas a affirmé devant un groupe de jeunes du Parti communiste venus manifester devant sa maison en guise de solidarité avec lui que sa démission dépassait les "discordes politiques". "Nous sommes capables de briser tous les blocs politiques pour affirmer que le pays ne peut pas être gouverné par des bandes (mafieuses)", a-t-il dit, tout en appelant les jeunes libanais à descendre manifester demain, jeudi, devant le siège du Parlement à Beyrouth.
 
Une session parlementaire pour examiner deux propositions de loi relatives au dossier des indemnités de transport - l’une présentée par le secrétaire général du bloc du Changement et de la Réforme, le député Ibrahim Kanaan et l’autre par le député Nabil de Freige - devait se tenir aujourd’hui, mais le président du...
commentaires (5)

Cet article est édifiant ! Existe-t-il au monde un gouvernement aussi décousu, aussi ridicule ? Quel cirque ! Quelle tristesse !

Robert Malek

18 h 40, le 22 février 2012

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Commentaires (5)

  • Cet article est édifiant ! Existe-t-il au monde un gouvernement aussi décousu, aussi ridicule ? Quel cirque ! Quelle tristesse !

    Robert Malek

    18 h 40, le 22 février 2012

  • Juste une question sur ce qu'à dit Nahas: " il ne craint pas les USA et Israel"... Question toute simple: que viennent faire Israel et les USA dans les disputes dignes d'une maternelle. Je signe? Non tu signes? Quoi tu ne signes pas? Ok je signe ma démission... En final ce sont des conneries et voilà que Nahas nous parle d'ISRAEL et des USA : WAOW !!!!! En fait, la signature n'est qu'un pretexte.... NAHAS envisage lancer une guerre contre les USA comme son Patron GENERAL MOTORS AOUN en avait lancé une en 1988-1989 contre HAFEZ EL ASSAD???? Mince, ils sont vraiment forts dans leurs raisonnement ces CPL.

    Jean-Pierre EL KHOURY

    17 h 19, le 22 février 2012

  • NAHAS est devenu incontrollable par AOUN et a pris trop d'importance auprès des gens du CPL. Il risquait d'être le leader Bis du CPL Nahas rejoindra bientôt la liste des ABOU JAMARA et autres déçus de AOUN ( bien que pour moi: Nahas et Aoun c'est Kif Kif... Même moule. Attention Danger: Nahas pourrait être le successeur de AOUN... DONC BASSIL?? EXIT. Donc il faut neutraliser NAHAS ont dû penser AOUN et BASSIL en famille autour du diner. Ceci dit,Nahas demande aux jeunes de manifester contre qui?? Les magouilleurs ( il a précisé TOUS ): Ceci inclut son patron qui l'a viré et à qui NAHAS reproche d'être rentré dans les magouilles pour le virer. Un membre CPL sur la page CPL (facebook) a rajouté: Si BASSIL était à la place de NAHAS: GMA l'aurait poussé à démissioner? il l'aurait laché? Nombreux CPL ont menacé de rendre leur carte si Nahas démissionne ( lu sur leur page facebook. Une question qui se pose d'elle même: La succession de AOUN ( tôt ou tard vu son âge) va se poser...Et là..Bonjour le combat des coqs et les coups bas vu qu'aucun des cadres CPL n'a la carapace d'un "leader".... On va bien rigoler à ce moment. AOUN a casé son gendre ROY à la tête de la OTV AOUN a casé temporairement son autre gendre en tant que ministre. Mais il pense le caser à la tête du CPL donc il faut lui assurer "son avenir à ce petiot". C'est le gendre non? La réforme? ouiiii bien sûr....Merci pour votre lecture

    Jean-Pierre EL KHOURY

    17 h 09, le 22 février 2012

  • Les jeunes et les moins jeunes ont d'autres chats à fouetter que de manifester demain pour les beaux yeux d'un ministre démissionnaire tancé par ses supérieurs et lâché par son tuteur.

    Paul-René Safa

    16 h 22, le 22 février 2012

  • Et pourquoi le Gouvernement ne choisirait-il pas cette occasion pour démissionner en bloc ? Ne serait-il pas possible de disposer d'un gouvernement composé de ministres aussi intelligents qu'intègres, visionnaires et non corrompus ? N'existe-t-il pas dans ce pays des politiciens ayant le souci de l'avenir du Liban et non pas de leurs propres intérêts ? «Mafia» et «corruption» ne sont pas dignes du Liban et des Libanais que je connais.

    Nayla Sursock

    15 h 42, le 22 février 2012

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