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À La Une - Liban-Syrie

Joumblatt dresse des barricades face aux druzes pro-Assad

Le chef du PSP a lancé hier sa plus violente diatribe contre le régime syrien depuis 2005-2006.

Walid Joumblatt : « Le tri s’est déjà fait au sein du gouvernement libanais. Le temps est venu de le faire à l’intérieur de la communauté druze. » Photo d’archives

Il ne reste plus rien du processus de rapprochement entamé voilà un peu plus de deux ans par le chef du PSP, Walid Joumblatt, en direction du régime syrien. Revenu au point de départ, M. Joumblatt a renoué hier avec son discours le plus virulent de l’époque où il était à la pointe du 14 Mars. Il a tourné en dérision le projet de référendum envisagé par Damas et s’est déchaîné contre le soutien accordé par la Russie au régime, pressant Moscou de parquer les dirigeants syriens « au fin fond de la Sibérie ». Et sur le plan druze, il a sensiblement haussé le ton à l’égard de ses coreligionnaires au Liban et en Syrie qui se sont alignés sur le régime de Damas, soulignant que le temps était venu de « faire le tri » au sein de la communauté.

 

« Nous voilà donc avec une nouvelle théorie qui va entrer dans les livres d’histoire et de sciences politiques et qui consiste à organiser un référendum sur une pseudo-Constitution au milieu de l’odeur des cadavres, de la poussière des gravats, du sifflement des balles et du fracas des obus et à l’heure où le sort de dizaines de milliers de disparus et de détenus demeure inconnu », relève d’emblée M. Joumblatt dans son article hebdomadaire à l’organe de son parti, al-Anba’.

 

« Cette nouvelle hérésie n’est pas sans rappeler celle de la levée théorique de l’état d’urgence, pendant que l’application de l’état d’urgence se poursuivait en pratique », note-t-il, avant d’ajouter : « Même les régimes les plus durs, de Staline à Ceausescu, en passant par Saddam Hussein et jusqu’à certains dirigeants arabes qui ont débarrassé le plancher sans que nul ne les regrette, tous avaient un minimum de décence et ne prétendaient pas organiser des référendums populaires sur des lacs de sang. »

 

Et de poursuivre : « Et une autre hérésie est celle qui pousse de grandes puissances à soutenir cette farce appelée référendum, au moment où elles offrent au régime syrien un soutien militaire et policier et envoient en Syrie leurs flottes navales, leurs experts et leurs unités d’élite sans cesser nuit et jour de répéter le refrain du rejet de toute intervention extérieure. »

 

« Au lieu que ces puissances n’assurent une porte de sortie à une bande qui impose son diktat sur la Syrie et ses habitants depuis quatre décennies, nous les voyons rester attachées à ce régime même aux dépens de l’unité et de l’avenir de la Syrie », souligne-t-il.

 

Selon M. Joumblatt, ces puissances « sont pourtant capables de trouver des issues, soit au fin fond de la Sibérie, par respect pour les sentiments des citoyens russes, soit au cœur du Beloutchistan, dans le sanctuaire d’el-Qaëda. Cela permettrait un échange d’expertise entre les deux en matière de terrorisme, encore que nous ayons tendance à croire qu’en prenant connaissance des expériences du régime syrien et de son savoir dans ce domaine, la Qaëda elle-même serait amenée à faire son mea culpa ».

 

Se demandant « s’il est de l’intérêt des puissances qui soutiennent le régime de provoquer un effritement de tout le Moyen-Orient rien que pour renflouer cette bande », M. Joumblatt ajoute : « À quoi leur servirait donc ce régime si cela se passe effectivement? »

 

Le chef du PSP critique également les « reculades » occidentales face à la situation en Syrie. « Ils avaient commencé par offrir un soutien clair aux revendications du peuple syrien et maintenant ils reculent pour parler de corridors humanitaires et de Croix-Rouge », dit-il, estimant que « l’Occident s’est mis au diapason de la position officielle libanaise, ridicule et suffisante, sous le slogan “rester à l’écart” ».

 

« Du fait de la politique de la “moumanaa”, écrit-il encore, Israël jouit d’un calme total sur le front du Golan depuis 39 ans. Nous reviendrons d’ailleurs en détail ultérieurement sur cette moumanaa qui reposait principalement sur la confiscation du pouvoir de décision nationale palestinien indépendant, l’anéantissement du Mouvement national libanais, la prise de contrôle du Liban pour en faire une rampe avancée de lancement de messages militaires et politiques (...), sans parler des innombrables assassinats politiques. »

 

Sur le plan local, ajoute M. Joumblatt, « le tri politique au sujet de la crise syrienne est déjà une réalité au sein du gouvernement ». « Le temps est venu de faire le tri à l’intérieur de la communauté druze au Liban et en Syrie, entre ceux qui soutiennent le régime syrien et sont disposés à être des mercenaires à son service, et ceux qui appuient le peuple syrien dans son combat permanent pour une Syrie démocratique et pluraliste », souligne M. Joumblatt.

S’adressant aux druzes syriens pour les mettre en garde à nouveau contre toute aide au régime, il estime que « l’avenir appartient aux hommes libres de Syrie. Votre place est à leurs côtés ».

 

Et M. Joumblatt de conclure : « Quels que soient les complots, le peuple syrien triomphera au bout du compte. »

 

Il ne reste plus rien du processus de rapprochement entamé voilà un peu plus de deux ans par le chef du PSP, Walid Joumblatt, en direction du régime syrien. Revenu au point de départ, M. Joumblatt a renoué hier avec son discours le plus virulent de l’époque où il était à la pointe du 14 Mars. Il a tourné en dérision le projet de référendum envisagé par Damas et s’est déchaîné contre le soutien accordé par la Russie au régime, pressant Moscou de parquer les dirigeants syriens « au fin fond de la Sibérie ». Et sur le plan druze, il a sensiblement haussé le ton à l’égard de ses coreligionnaires au Liban et en Syrie qui se sont alignés sur le régime de Damas, soulignant que le temps était venu de « faire le tri » au sein de la communauté.
 
« Nous voilà donc avec une nouvelle théorie qui va entrer...
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