X

Culture

Ammar Abd Rabbo, à l’œil nu

Photos Il est l’un des plus célèbres photographes de presse de son époque. Mais pour cette exposition baptisée « Coming Soon », qui se déroule jusqu’au 2 mars à la galerie Ayyam* , le photojournaliste brise sa figure traditionnelle et présente de simples clichés d’un nu. Un accrochage qui accroche l’œil.
21/02/2012
Il aura tout visité, tout vu de son époque et tout immortalisé. Des guerres aux événements plus heureux et des personnages politiques aux célébrités de tous milieux. Né à Damas en 1966, Ammar Abd Rabbo a vécu d’abord en Libye puis, un certain temps, au Liban avant de finalement s’établir en France en 1978. Après des études de sciences politiques, il se lance dans le journalisme puis dans la photo dont il fait son principal métier. Ses œuvres sont publiées dans les titres de presse les plus vendus au monde, du Time Magazine à Paris-Match, en passant par Der Spiegel, Le Monde et Asharq al-Awsat pour lesquels il signe plus de 60 couvertures de magazine. Au cours de ses vingt ans de carrière, le photographe capte le moment inattendu, l’impression en filigrane et s’introduit à pas feutrés dans la vie intime des gens.

Entre ombre et lumière...
Ni un paparazzi ni un photographe de guerre, mais un professionnel qui respecte sa profession et qui fustige tous ces amateurs qu’on trouve à la pelle de nos jours avec leurs portables et autres gadgets. Sans mise en scène et tout en épure, Ammar Abd Rabbo renvoie des photos de notre époque. «J’aime le terrain et ce sentiment de défier la rapidité de l’urgence, dit-il. Enfant, je rêvais de devenir Tintin-reporter, car j’ai grandi dans cette ambiance. Mais en grandissant, j’ai découvert que la photo, présente partout, voyageait plus que les papiers de presse.»
L’idée de photographier des silhouettes nues lui est venue à l’esprit il y a quelques années. C’est pourquoi il a pris son appareil et capté le bonheur et l’épanouissement de cette femme qui attend un heureux événement. À la fois un hommage à la photo, un témoignage pur et fidèle à la réalité «car, signale Ammar Abd Rabbo, j’use du geste le plus basique: pas de filtre ni de Photoshop, avec seul un fond blanc et de la lumière», mais également un hommage aux normes modernes de la féminité et à la beauté. «Pour moi, la femme est belle dans tous ses états, ajoute-t-il. Celle-ci est d’autant plus belle parce que, d’une part, elle porte un enfant en son sein et, d’autre part, parce qu’elle ose et brise des tabous.»
Cette femme en attente, le ventre rond, les épaules bien droites et les pieds bien ancrés au sol n’a peur de rien et se tient fière le dos arqué en signe de défi. Telle une odalisque, elle se cambre et ses hanches dessinent sur un fond lumineux des vallées et des vallons d’intimité. Dans ce jeu d’ombre et de lumière, elle est le modèle féminin contemporain, mais aussi une référence à toutes celles qui ont traversé l’histoire de l’humanité, des déesses de fertilité à la femme de Courbet. Alliant symbolisme primitif et réalisme moderne ainsi que techniques warholiennes, Amr Abd Rabbo devient ainsi le peintre de ses œuvres photographiques.

* Ayyam Gallery, Beirut Tower, rue Zeitouni. Tél. : 01/374450 - 51.

À la une

Retour à la page "Culture"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Ziyad MAKHOUL

L’édito de Ziyad MAKHOUL

Devoirs de l’homme

Décryptage de Scarlett HADDAD

Aoun déterminé à renvoyer la balle gouvernementale dans le camp du Parlement

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué