Cat Stevens, entouré de ses musiciens, en osmose avec son public. Photo Nasser Traboulsi
Il avait quitté la scène, pourtant en pleine gloire, il ya plus de vingt ans. Steven Demetre Georgiou, baptisé un jour Cat Stevens et devenu quelques années plus tard Yusuf Islam, est enfin remonté sur scène. Samedi, il a à nouveau gratté sa guitare devant ce grand public composé en grande partie d’« adulescents » (adultes adolescents) en quête de nostalgie et en dépit du froid glacial de la nuitée, cela a donné chaud au cœur.
« J’ai abandonné ma guitare durant de longues années et c’est grâce à mon fils que je suis revenu à la chanson », a dit le chanteur au début du concert comme pour s’excuser de sa longue absence. Si l’auteur compositeur avec sa guitare acoustique en bandoulière a troqué ses cheveux bouclés noirs contre une barbe et des tifs gris, l’allure est restée identique. Et surtout, surtout, la voix n’a pas pris une seule ride. Le timbre est encore très doux et l’intonation toujours aussi particulière.
Présent et passé revisité
Inaltérable voix qui, tel un écho résonne dans ce grand espace, charriant des rythmes du passé et évoquant des brassées de souvenirs. Des images de baisers volés, de « holding hands », de slows interdits et d’amours clandestines. Mais si Yusuf Cat Stevens est le chantre de toutes ces flammes amoureuses qui ont fait rêver des milliers de jeunes filles, il a prouvé samedi soir qu’il était aussi le chanteur de la paix. À toutes les populations désirant le changement et qui souffrent dans leur chair, il chantera My People. Il emmènera également cette audience conquise « on a ride » (en balade) sur son « peace train » (train de la paix) ou encore en vacances sur des rythmes jamaïcains et brésiliens. Il chantera même Wild World en zulu et s’essaiera à quelques mots en arabe. Il fera tout cela à sa façon « chouay, chouay », dira-t-il.
Cool, cool, le Stevens ! En blouson aviateur ou en chemises à carreaux. S’arrêtant un instant pour siroter un café noir, il expliquera qu’il est bon de faire une pause dans la vie pour jauger si on est dans la bonne direction.
Alliant en toute harmonie (un état qui est devenu comme une seconde peau) ses anciens tubes comme Father and Son, Moon Shadow, Morning Has Broken, ou encore Wild World à de nouveaux titres, il extraira aussi certains du musical prochain qu’il est en train de composer pour le mois de juin.
Certains spectateurs semble-t-il sont restés sur leur faim car ils auraient bien aimé écouter My Lady d’Arbanville ou Ruby Love que le chanteur a intentionnellement omis pour ne pas rendre jalouse sa femme – c’est du moins ce qu’il prétendra en rigolant : « Ces chansons d’amour sont du passé. » Pour les autres, le concert était empreint d’une telle douceur qu’il a réussi à effacer un tas de choses. Tant ces petites omissions, que le froid glacial de l’extérieur, ou encore la mauvaise organisation du parking du BIEL. Mais tout cela n’est que bagatelles par rapport à un concert élégant, teinté d’une grâce particulière dont on sort comme... bonifié.
« J’ai abandonné ma guitare durant de longues années et c’est grâce à mon fils que je suis revenu à la chanson », a dit le chanteur au début du concert comme pour s’excuser de sa longue absence. Si l’auteur compositeur avec sa guitare acoustique en bandoulière a troqué ses cheveux bouclés noirs contre une barbe et des tifs gris, l’allure est restée identique. Et surtout,...

