Ainsi, à l’ère où l’accès Internet commence à concurrencer la vitesse de la lumière à l’échelle mondiale, certains croient bon d’intenter un procès à un jeune et dynamique ministre des Télécoms juste parce qu’il a décidé de sortir le Liban de sa torpeur et de le doter en matière de télécoms d’infrastructures un peu plus fidèles aux normes internationales, en instaurant le 3G au Liban par exemple.
Le ministre élabore un plan ambitieux pour alléger nos jeunes écoliers de leur fardeau, qui consiste à substituer à un cartable inutilement lourd une tablette digitale plus écologique et meilleure pour nos neurones, et on ne trouve mieux que de l’accuser de vouloir dérober 500 millions de dollars au Trésor public avant même de comprendre en quoi consiste le projet.
Le ministre réhabilite les « contact centers » (anciennement call centers) sur base de conditions extrêmement favorables, avec la création de milliers d’emplois pour les Libanais de tous bords à la clé. On lui répond qu’il fait cela uniquement pour favoriser certaines compagnies.
Et que dire de la liberté, dont le ministre est l’un des plus fervents défenseurs ? À l’heure où certains louent les vertus d’une liberté amenée par le vent d’un printemps arabe qui a la fâcheuse tendance de devenir de plus en plus hivernal, ces mêmes instances insistent pour demander un compte-rendu quotidien de leurs moindres faits et gestes, ou du plus anodin de leurs textos, sous prétexte d’obscures théories de complot. On est tous conscients du fait que le Liban a toujours vécu – et vivra probablement, et malheureusement pour de longues années à venir – dans une situation sécuritaire précaire. Mais cela ne veut nullement dire que si, à Dieu ne plaise, un grave incident sécuritaire venait à se produire, on devrait donner raison à ceux qui réclament l’accès illimité aux données. Car entre la priorité à accorder à la sécurité de l’État et du citoyen et la création d’un État policier, il existe une ligne qui ne devrait jamais être franchie.
Alors aidons tous le ministre, qui est réceptif à toutes les instances, à réaliser le miracle complet en faisant passer le Liban à la vitesse 4G sans se contenter du 3G. Cet appel, je me permets de le lancer à tous les citoyens sans exception, car le « miracle des télécoms », si miracle il doit y avoir, ne pourra s’opérer sans la contribution positive de tous les Libanais, à commencer par le Premier ministre en personne. Le ministre des Télécoms n’a-t-il pas récemment dit à propos du chef du gouvernement que ce dernier a l’occasion unique de se poser en véritable champion des réformes ?


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