Irresponsable ! Ainsi est la gestion des affaires menée par les instances de l’ombre qui veillent sur nos destinées : des ministres qui prennent la poudre d’escampette à la première alerte, d’autres qui boudent parce qu’ils se sentent incompris et l’essentiel de la troupe qui attend, placide, que le coup de grâce soit donné à une entreprise agonisante.
D’un gouvernement d’union nationale torpillé par le fameux tiers de blocage à une équipe monochrome, prétendument homogène, poignardée par ses propres membres, on aura tout vu : des trahisons accomplies au nom d’étranges principes moraux, des peaux de bananes glissées sous les pattes de ceux qu’on portait aux nues les jours précédents.
Disqualifiés, discrédités, sont tous ces hommes qui ne carburent qu’à la politique politicienne, qui obéissent plus à leurs mentors adulés qu’à leur conscience, et qui n’envisagent l’avenir qu’en termes de pertes et profits électoraux. De promesses, ils sont évidemment prodigues, d’insultes adressées à leurs adversaires « incompétents et corrompus », ils sont encore plus généreux. En politique cela s’appelle mener campagne, dans la pratique cela a pour nom populisme et dans les situations de détresse cela se résume à une carte gagnante à jouer, à faire fructifier...
Pathétique conduite où les états d’âme priment sur les responsabilités collectives, où les considérations d’ego personnel l’emportent sur l’intérêt général. Résultat : c’est la notion même d’État qui est progressivement écornée, ce sont les urgences sociales, celles qui concernent le citoyen dans sa vie quotidienne, qui sont livrées au bazar des surenchères. Et cela, à l’heure même où les questions sécuritaires reviennent fortement sur le devant de la scène, où le Fonds monétaire international avertit que le Liban est confronté à des risques élevés « après avoir connu en 2011 une année perdue ».
Nul ne contesterait, aujourd’hui, que la classe dirigeante a failli à ses obligations et qu’elle n’a pas été à la hauteur des défis. Dans les circonstances actuelles, seule une équipe de nouvelles figures pourrait redonner confiance à la population, une équipe de technocrates qui prendrait totalement ses distances avec ceux-là mêmes qui ont cautionné l’incompétence et instauré les chasses gardées.
Que les politicards veuillent poursuivre leurs stériles querelles, se complaire dans les vaines polémiques, il n’y a là rien qui le leur interdise. Mais qu’ils aillent donc vider leur sac, vomir leur hargne ailleurs... au sein du fameux comité de dialogue ou, à défaut, dans les salons de la bonne société libanaise.
Les amateurs de potins et de sorties intempestives y trouveront largement leur compte...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef