Toujours est-il qu’en arrivant jeudi soir à Washington, M. Davutoglu a déclaré, lors d’une conférence donnée à l’Université George Washington, que la communauté internationale ne peut pas rester aveugle face aux morts qui tombent tous les jours en Syrie. Et il a encouragé la mise en œuvre d’une conférence internationale pour résoudre pacifiquement la crise dans ce pays.
Hier, il s’est exprimé sur « Les objectifs de la politique extérieure de la Turquie dans un monde en changement », au Center for Strategic and International Studies. Il a précisé que lorsqu’il s’agit de gouvernements issus d’un processus démocratique comme la Tunisie et l’Égypte, il faut laisser le peuple décider de ce qui est bon et moins bon pour lui. Les grands défis de la région viendraient néanmoins du voisinage de la Turquie comme l’Irak, le Liban et la Syrie. Puis, il a évoqué les trois phases entreprises pour résoudre la crise syrienne : huit mois de négociations, le recours à la Ligue arabe et enfin aux Nations unies. Pour lui, à ce stade, on ne peut plus « attendre et voir ». D’où l’urgence de créer une nouvelle alliance internationale face à la souffrance du peuple syrien. Ce à quoi les principaux intéressés s’attèlent actuellement, car se ranger du côté du peuple syrien, c’est rester du côté de l’histoire.
Cette « nouvelle initiative internationale » doit permettre d’envoyer le « signal » au peuple syrien qu’il n’est pas seul, a souligné M. Davutoglu. « Nous espérons qu’avec un message fort comme celui-ci, ceux qui soutiennent Bachar el-Assad ou le régime reverront leur position », a-t-il dit, se référant implicitement à la Russie et la Chine qui ont, samedi dernier, utilisé leur veto pour bloquer au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution condamnant le régime syrien et réclamant la mise en œuvre du plan de la Ligue arabe.
Pour traiter l’après-choc politique et économique du printemps arabe, il recommande une diplomatie active et rationnelle. Car on a besoin d’un nouvel ordre mondial basé sur le dialogue et la justice. Une intervention militaire en Iran ? Ce n’est pas du tout une option pour la Turquie, qui ne l’endossera jamais et qui opte pour des négociations sans discontinuer.
La dernière visite d’Ahmet Davutoglu à Washington remonte à l’année 2010. Néanmoins, à la fin de 2011, son pays a été visité à plusieurs reprises par les grands noms de l’administration Obama : le vice-président, Joe Biden, la secrétaire d’État, Hillary Clinton, et le secrétaire à la Défense, Leon Panetta.
Les pourparlers dans la capitale fédérale sont menés tous azimuts. Hier également, le vice-président Joe Biden annonçait la visite aux États-Unis, le 14 février, du vice-président chinois, Xi Jinping.

