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À La Une - France

Une présidentielle sans Marine Le Pen ?

Marine Le Pen était hier en déplacement à l’île de La Réunion. Martin Bureau/AFP

Certains disent ne pas s’en soucier, d’autres ne pas y croire, mais tout le monde en parle : le débat sur la possible absence de Marine Le Pen à l’élection présidentielle française est au cœur de la campagne. Difficile en effet d’imaginer qu’une candidate qui recueille de 15 à 20 % d’intentions de vote selon les sondages doive renoncer à se présenter, faute d’avoir recueilli les 500 parrainages d’élus nécessaires.


La fille de Jean-Marie Le Pen « bluffe », dit-on au Parti socialiste comme à l’UMP, en rappelant que le Front national entonne à chaque présidentielle la même complainte et a toujours réussi, depuis 1988, a récolter les précieux paraphes. « Les séances d’indignation, de médiatisation et de victimisation du Front national, on en est coutumier depuis 20 ou 30 ans », a ainsi déclaré hier la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse.


Cela n’a pas empêché la présidente du FN de réaffirmer son pessimisme : « Des parrainages arrivent tous les jours mais le rythme est trop lent pour nous rassurer », a-t-elle déclaré hier lors d’un voyage à La Réunion. « Il y a clairement une volonté de m’empêcher d’être candidate », a-t-elle ajouté. Son entourage a déclaré qu’elle ne disposait que de 360 promesses et qu’elle était en retard dans son tableau de marche par rapport aux signatures promises à son père Jean-Marie Le Pen en 2002 et en 2007.


Même si certains, à droite comme à gauche, notamment Alain Juppé et François Hollande, ont estimé que la sensibilité que représente Marine Le Pen devait être prise en compte, le Front national juge que Nicolas Sarkozy et le candidat socialiste souhaitent l’un comme l’autre écarter une rivale menaçante. D’autres observateurs font valoir que le souci du président serait plutôt de convaincre une frange des sympathisants du Front national de voter pour lui dès le premier tour, une tactique qui expliquerait les récentes prises de position du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, sur l’immigration ou encore ses propos controversés sur les civilisations.


Toutefois, si les dirigeants politiques semblent divisés, la plupart des Français s’accordent à dire que Marine Le Pen doit pouvoir être candidate. Pour le politologue Stéphane Rozès, la difficulté de Marine Le Pen à séduire les maires témoigne à la fois des limites du système des parrainages, destiné à l’origine à éliminer les candidats fantaisistes, et du relatif échec de l’entreprise de « dédiabolisation » du Front national menée par sa présidente. En attendant le verdict le 16 février du Conseil constitutionnel sur la requête de Marine Le Pen visant à rendre les parrainages anonymes, la classe politique s’interroge déjà sur les conséquences d’une présidentielle sans la nouvelle figure de proue du FN. À qui profiterait son absence ? À l’abstention, beaucoup, et aussi à Nicolas Sarkozy, du moins au premier tour, répondent les sondages.


Autre souci en perspective pour la majorité, l’électorat frontiste pourrait dans la foulée se mobiliser en masse pour les législatives, si souvent marquées par le passé par des désillusions pour le Front national. Marine Le Pen pourrait ainsi obtenir une victoire différée et progresser dans son objectif d’inscrire durablement sa formation dans le paysage politique français.


Par ailleurs, le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 se retrouve dans le collimateur de la justice française avec la convocation hier de l’un de ses plus proches lieutenants, soupçonné d’avoir reçu de l’argent liquide de la milliardaire Liliane Bettencourt. Ancien ministre du Travail, ancien trésorier de l’UMP et de la campagne présidentielle victorieuse de 2007, Eric Woerth était entendu hier au tribunal de Bordeaux, où il devait être inculpé par un juge d’instruction.
(Source : agences)

Certains disent ne pas s’en soucier, d’autres ne pas y croire, mais tout le monde en parle : le débat sur la possible absence de Marine Le Pen à l’élection présidentielle française est au cœur de la campagne. Difficile en effet d’imaginer qu’une candidate qui recueille de 15 à 20 % d’intentions de vote selon les sondages doive renoncer à se présenter, faute d’avoir recueilli les 500 parrainages d’élus nécessaires.
La fille de Jean-Marie Le Pen « bluffe », dit-on au Parti socialiste comme à l’UMP, en rappelant que le Front national entonne à chaque présidentielle la même complainte et a toujours réussi, depuis 1988, a récolter les précieux paraphes. « Les séances d’indignation, de médiatisation et de victimisation du Front national, on en est coutumier depuis 20 ou 30 ans », a ainsi...
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