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À La Une - Liban

Pas question de changer le gouvernement, tranche Nasrallah

« L’heure n’est pas à tendre le climat politique et à faire chuter les gouvernements au Liban », estime le secrétaire général du Hezbollah.

Peu volubile sur le dossier local, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a consacré l’essentiel de son propos d’hier à la crise syrienne et à la défense de la politique iranienne à l’égard de la région et de la « résistance ».

 

Dans son discours retransmis sur grand écran lors d’une cérémonie à l’occasion de la commémoration de la naissance du Prophète Mohammad, le chef du Hezbollah a résumé en quelques mots, en fin d’allocution, sa position sur la crise ministérielle actuelle : « Nous sommes pour le maintien du gouvernement. Nous n’avons pas besoin d’une médiation. Des contacts sont entrepris pour résoudre la crise. À ceux qui ont commencé à “ repasser leur complet ” pour prendre la tête d’un éventuel nouveau cabinet, je dis qu’il n’y aura pas de nouveau cabinet au Liban. Le gouvernement restera en place, même s’il ne s’agit pas du “ cabinet du Hezbollah ”. Il restera en place parce qu’il doit régler les problèmes sociaux et économiques des citoyens », a-t-il ajouté. « Le cabinet est à la base de la sécurité et de la stabilité dans le pays, et l’heure n’est pas à faire chuter des gouvernements au Liban », a souligné Hassan Nasrallah.

 

Dans son discours, axé sur la situation régionale, le secrétaire général du Hezbollah a développé une série d’arguments pour venir au secours de l’Iran. Il a d’abord rejeté l’argument selon lequel c’est Téhéran qui divise le monde arabo-islamique, estimant que la faute est à « l’impérialisme (...) américano-sioniste ». Il a ainsi indiqué que c’est l’Occident et les États-Unis qui, « à la suite de leur échec dans leur guerre contre l’Iran, ont inventé le concept d’expansion chiite et iranienne », estimant que la communauté chiite ne représente que 8 à 10 % du monde islamique et que cela reviendrait à dire que Téhéran « chercherait à convertir un milliard de musulmans au chiisme, ce qui constitue une aberration ». Il a ainsi réfuté les allégations selon lesquelles il y aurait eu des stratégies intentionnelles de conversion au chiisme en Égypte ou en Syrie. S’adressant ensuite aux chrétiens, il a reconnu qu’en 1982 il avait prôné, dans ses discours, un État islamique au Liban, mais que certains cherchent à exploiter aujourd’hui ces discours pour semer la discorde interlibanaise. « Nous l’avons dit à l’époque et nous étions jeunes, mais il faut également rappeler qu’à l’époque, certains leaders chrétiens plaidaient en faveur d’un État nationaliste chrétien et réclamaient le fédéralisme », a-t-il indiqué.

 

Hassan Nasrallah a ensuite reconnu pour la première fois que sa formation était financée et équipée par l’Iran, mais a démenti qu’elle soit impliquée dans le trafic de drogue ou le blanchiment d’argent.

« Nous recevons depuis 1982 toute sorte de soutien moral, politique et matériel de la République islamique d’Iran, a-t-il indiqué. Dans le passé (...) on parlait d’un soutien moral et politique, en passant sous silence (...) (le nom de) ceux qui nous soutenaient militairement de façon à ne pas embarrasser l’Iran, a-t-il indiqué. Mais aujourd’hui (...), nous avons décidé de parler, a-t-il ajouté. La résistance n’aurait pu vaincre Israël sans le soutien de l’Iran. »

 

Mais il a démenti de récentes informations selon lesquelles son parti était impliqué dans un trafic de drogue ou de blanchiment d’argent. « Le trafic de drogue est interdit par l’islam, a-t-il dit. Et deuxièmement, avec le soutien de l’Iran, nous n’avons pas besoin de l’argent de quelqu’un d’autre, a-t-il souligné. Dieu nous a béni par la présence d’un État islamique en Iran, et nous n’avons donc pas besoin d’un recours au trafic de drogue ou au blanchiment d’argent puisque nous détenons des fonds et des armes suffisants pour assumer nos responsabilités, a-t-il noté. L’Iran ne nous impose aucune décision en contrepartie de son soutien, comme certains le disent, et il en est ainsi depuis 1982. (...) Le Hezbollah n’a entrepris aucune action dans l’intérêt de l’Iran, a ajouté le patron du Hezbollah. Certains se posent la question de savoir ce que nous ferons si Israël attaque l’infrastructure iranienne. Pour ce jour-là, qui n’arrivera probablement pas, je vous dis dès maintenant que l’imam Khamenei et le directoire en Iran n’ont rien demandé et ne nous imposent rien. Mais nous, nous aurons à réfléchir sur la décision que nous devons prendre », a-t-il dit.

 

Concernant enfin la crise syrienne, Hassan Nasrallah a réfuté les allégations selon lesquelles le Hezbollah se battrait à Homs et Zabadani. « Nous avons d’ailleurs contacté des gens que nous connaissons à Homs, et ils nous ont dit qu’il ne s’y passe rien, mis à part quelques combats et coups de feu ça et là », a-t-il indiqué, mettant en cause les médias dans une entreprise « d’intox avant la séance du Conseil de sécurité ». Il a également estimé qu’ « il n’y a pas de dissidents de l’armée syrienne, mis à part quelques individus qui ont quitté l’armée, alors qu’une grande portion de la population exprime son soutien au régime », avant de se moquer de certains quotidiens libanais qui avaient rapporté que le président syrien avait fait appel à des manifestants du Hezbollah pour son meeting de la place des Omeyyades il y a quelques jours.

 

Réfutant la thèse « du 14 Mars » selon laquelle Israël soutient le régime syrien, Hassan Nasrallah a estimé que le président syrien était en passe d’effectuer les réformes démocratiques réclamées par le peuple, mais que ce n’est pas cela qui est exigé de lui, « mais la tête de la résistance au Liban et en Palestine ». Et de conclure : « On lui répond (à Assad) qu’il est trop tard pour entreprendre les réformes. Mais pourquoi ne pas aller au dialogue ? S’ils ont vraiment à cœur l’intérêt du peuple syrien, pourquoi poser des conditions au dialogue ? Cela sert-il le peuple syrien et la cause palestinienne ? Il s’agit d’un comportement américano-israélien, et de certains pays arabes dits “ modérés ” (...). Réglons la crise par le dialogue, sinon, que chacun fasse ses choix. »

 

Peu volubile sur le dossier local, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah a consacré l’essentiel de son propos d’hier à la crise syrienne et à la défense de la politique iranienne à l’égard de la région et de la « résistance ».
 
Dans son discours retransmis sur grand écran lors d’une cérémonie à l’occasion de la commémoration de la naissance du Prophète Mohammad, le chef du Hezbollah a résumé en quelques mots, en fin d’allocution, sa position sur la crise ministérielle actuelle : « Nous sommes pour le maintien du gouvernement. Nous n’avons pas besoin d’une médiation. Des contacts sont entrepris pour résoudre la crise. À ceux qui ont commencé à “ repasser leur complet ” pour prendre la tête d’un éventuel nouveau cabinet, je dis qu’il n’y aura pas de nouveau cabinet au...
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