Le général Aoun au cours de son traditionnel point de presse à Rabieh, hier. Photo Charbel Nakhoul
« Nous n’avons fait qu’exercer notre droit en Conseil des ministres », a déclaré le général Aoun à l’issue de la réunion hebdomadaire du bloc du Changement et de la Réforme. Il faisait allusion à la contestation par les ministres aounistes du nom proposé par le Premier ministre, Nagib Mikati, pour présider le Conseil supérieur de discipline.
« Un candidat doit répondre aux critères requis et, pour le moins, à celui de l’ancienneté », a-t-il dit, soulignant que « si ce critère avait été respecté, le président (de la République) n’aurait pas été nommé commandant en chef de l’armée puisqu’il n’était pas le plus ancien ».
« Nous sommes agressés dans l’exercice du pouvoir et de nos prérogatives constitutionnelles », a poursuivi le chef du CPL. « Qui nous agresse ? Ce sont le Premier ministre et le président de la République. Leur collusion sabote le pouvoir », a-t-il lancé. Et d’ajouter : « Le Premier ministre refuse de tenir des séances du Conseil. Cela signifie qu’il ne respecte pas les lois. Et le chef de l’État a transgressé ses prérogatives et veut imposer son point de vue de façon dictatoriale. En vertu de quoi les séances du Conseil des ministres ont-elles été suspendues ? » s’est-il interrogé.
« Nous voulions qu’il (M. Sleiman) joue un rôle d’arbitre, mais il insiste pour être partie prenante. Il avait retardé de trois mois la formation du gouvernement pour avoir trois ministres, avec lesquels il n’a aucun lien. De ce fait, il est devenu une partie du tiers de blocage et donc, au lieu d’être un président de la République, il est à présent la partie qui bloque le travail en Conseil des ministres », a-t-il dit.
« Pourquoi a-t-il insisté pour avoir ces trois ministres ?
Est-il donc un courtier qui touche une commission à chaque signature (de décrets) ? » a-t-il demandé.
« Nous n’accepterons rien du tout, aucune médiation. Soit nous bénéficions de prérogatives, soit nous n’en avons pas. Le gouvernement restera-t-il ou pas ? Ce sont des choses qui doivent être tranchées aujourd’hui même. Nous sommes prêts à exercer une pression populaire pour les contraindre à respecter les lois », a-t-il encore dit, indiquant que les manifestations pourraient avoir lieu « à n’importe quel moment ».


Encore les mêmes menaces, la même arrogance, le même complexe de persécution, mais surtout les mêmes propos toujours aussi creux.
07 h 01, le 08 février 2012