Lors de cette cérémonie très sobre, le cardinal canadien Marc Ouellet, président de la Congrégation pour les évêques, a présenté les excuses de l’Église pour les actes de milliers de prêtres, religieux et religieuses contre des enfants. « L’abus sexuel est un crime qui suscite une authentique expérience de mort pour la victime innocente. Nous demandons humblement pardon aux petits qui ont été blessés. Ce geste de purification concerne l’Église entière », a-t-il ainsi déclaré. Plus tôt dans la journée, Mme Collins avait estimé que « demander pardon pour les actes des prêtres pédophiles ne suffit pas », réclamant que les supérieurs hiérarchiques ayant couvert ces actes reconnaissent leurs responsabilités. Seule victime invitée à ce symposium, cette Irlandaise de 64 ans avait raconté son calvaire devant quelque 200 experts et évêques, qui se sont montrés ébranlés par son long et poignant témoignage, retraçant le cauchemar qu’avaient constitué les abus répétés de ce prêtre alors qu’elle se trouvait hospitalisée loin de ses parents à l’hôpital de Dublin. Mais aussi sa longue dépression et « les deux années les plus difficiles de sa vie » lorsqu’à 40 ans, alors qu’elle s’était décidée à révéler au grand jour son agression, les autorités catholiques ont couvert son agresseur. Elle avait alors souhaité qu’au moins « une forme de punition » soit prévue à l’avenir pour les évêques qui ne sanctionneraient pas les prêtres pédophiles.
Dans une longue intervention, Mgr Stephen Rossetti, grand expert américain de ces questions, a pour sa part souligné que les évêques avaient souvent « échoué » parce qu’ils n’avaient « pas pleinement compris ce crime et sa pathologie », en relevant leurs différents aveuglements. Première erreur, la plus grave : « Ne pas avoir écouté les victimes et avoir été manipulés par les agresseurs. »
(Source : AFP)


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