« Nous avons eu une rencontre très utile. Le président syrien nous a notamment assuré qu’il s’était entièrement engagé à faire cesser les violences d’où qu’elles viennent », a déclaré à Damas le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, à l’issue d’entretiens avec M. Assad. « Il est clair que les efforts pour faire cesser les violences doivent être accompagnés d’un dialogue entre toutes les forces politiques », a poursuivi le chef de la diplomatie russe, ajoutant qu’« aujourd’hui, le président syrien a confirmé sa bonne volonté de contribuer à ce processus ».
M. Lavrov a par ailleurs affirmé que la Russie était prête à continuer à chercher une solution au conflit sur la base de l’initiative de la Ligue arabe qui appelle à la fin des violences et à une mission d’observateurs – aujourd’hui suspendue. Selon lui, M. Assad va bientôt annoncer la date du référendum sur une nouvelle Constitution.
Le ministre n’a toutefois pas fait de commentaires sur l’avenir du président syrien, alors que plusieurs experts russes avaient estimé à la veille de la visite que le départ d’Assad serait à l’ordre du jour. M. Lavrov a par ailleurs indiqué que la Russie maintiendrait des contacts avec des opposants syriens, tout en laissant entendre que les Occidentaux étaient mieux placés pour cette mission.
Des milliers de Syriens avaient acclamé auparavant M. Lavrov à son arrivée à Damas pour « remercier » Moscou d’avoir opposé son veto au projet de résolution contre la violence de la répression en Syrie.
Suite à ces déclarations, Washington a fait part de son « scepticisme » vis-à-vis des promesses de M. Assad et appelé Damas à mettre immédiatement fin aux violences. « Nous allons continuer à coopérer avec nos alliés internationaux pour (...) exercer les pressions nécessaires » sur le président Assad, a déclaré Jay Carney, porte-parole de la présidence. « Nous explorons la possibilité de fournir une aide humanitaire aux Syriens », a-t-il poursuivi sans plus de précision, rappelant par ailleurs que Washington n’avait pas l’intention de fournir des armes à l’opposition. Plus tôt, le sénateur républicain John McCain avait appelé à envisager d’armer l’opposition alors que l’élu démocrate John Kerry a appelé la Russie et la Chine à soutenir l’action de l’ONU.
Dans le même temps, sans aller aussi loin que les États-Unis qui ont, eux, annoncé la fermeture de leur ambassade en Syrie pour raisons de sécurité, la Belgique, le Royaume-Uni, suivis de l’Espagne, de la France, de l’Italie et des Pays-Bas, ont annoncé hier le rappel de leurs ambassadeurs pour « consultations ». L’Allemagne de son côté n’a pas l’intention « pour le moment » de pourvoir son poste actuellement vacant d’ambassadeur en Syrie.
Le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, Michael Mann, a souligné de son côté que l’UE en tant que telle n’avait pour sa part « aucun plan pour retirer le chef de (sa) délégation », le Grec Vassilis Bontosoglou.
Nouvelles sanctions de l’UE
Les Vingt-Sept travaillent davantage de concert quand il s’agit de sanctionner Damas : ils discutent depuis lundi d’un nouveau renforcement de leurs mesures contre le régime syrien. Ce nouveau train de sanctions – le douzième depuis le printemps 2011 – est encore loin d’être prêt, souligne un diplomate européen. Parmi les idées sur la table figurent les transactions avec « la banque centrale, le commerce d’or et de métaux précieux », a précisé un autre diplomate.
Les monarchies du Golfe ont de leur côté décidé d’expulser les ambassadeurs de Syrie dans leurs six pays et de retirer les leurs de Damas, alors que les Émirats arabes unis ont annoncé l’envoi « d’une aide humanitaire urgente » aux déplacés syriens dans les pays voisins. Le Parlement égyptien a pour sa part exhorté le gouvernement à dénoncer la répression de la révolte en Syrie et décidé de geler ses relations avec le Parlement syrien.
Parallèlement, la Turquie prépare une nouvelle initiative avec les pays opposés au gouvernement syrien, a déclaré le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, en qualifiant de « fiasco » le veto russo-chinois. « La conscience de la communauté internationale a une nouvelle fois été prise en otage par le Conseil de sécurité de l’ONU. Disposer du droit de veto est une grande responsabilité. Faire usage de ce droit donne un feu vert à la poursuite des persécutions », a déclaré le Premier ministre turc. M. Erdogan n’a donné aucune précision sur sa « nouvelle initiative ».
Côté russe, l’ambassadeur à l’ONU Vitali Tchourkine a déclaré que Moscou craint que les vives critiques qui ont accueilli son veto au Conseil de sécurité n’aient pour effet « d’empoisonner » ses relations avec le monde arabe. Enfin, l’Iran a démenti hier toute ingérence en Syrie, rejetant les accusations des Frères musulmans qui l’avaient jugé « complice des massacres » de la population par le régime syrien, et a annoncé l’envoi d’un haut responsable pour des consultations à Damas.
(Source : agences)




Autant en emporte le vent.
06 h 33, le 08 février 2012