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Liban - Le Commentaire

Un mal collatéral chronique, l’impéritie de l’ONU

Au Liban encore plus qu’ailleurs, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, c’est l’Arlésienne : on a beau en parler, on ne la voit jamais sur scène. Un dignitaire religieux se demande dès lors à quoi cela sert de prendre, au niveau international suprême, des décisions que la moindre dictature, le moindre État musclé, comme Israël, bafoue impunément pendant de longues années, voire même des décennies. Ou même défie l’autorité onusienne suprême, comme le fait aujourd’hui la Syrie. Avec, faut-il dire, la complicité de la Russie et à un moindre degré de la Chine. Puissances pour qui l’ordre international compte peu en regard de la nécessité de s’imposer en contre, comme disent les joueurs de bridge.
Si le Conseil de sécurité avait su faire appliquer ses résolutions, il aurait, certainement, épargné à notre malheureux pays les affres des guerres ou de l’occupation, syrienne et israélienne. Ou encore les crises qu’il continue de subir.
Ce prélat observe que le défaut de la cuirasse réside, au départ, dans le fait que le Conseil de sécurité se défausse, pour le suivi, sur le secrétariat général de l’ONU. Alors qu’il devrait veiller lui-même à faire appliquer ses résolutions et à s’en donner les moyens. Du moment qu’il doit, à cette fin, être en mesure de contraindre, en sévissant, soit par des sanctions efficaces, soit même (chapitre VII) par les armes.
En 1978, le Conseil promulguait la 425, ordonnant un retrait israélien inconditionnel et immédiat (!) du Liban. Ce retrait n’a eu lieu que 28 ans plus tard, en 2000 et, en pratique, n’avait rien à voir avec la résolution en question.
Mais même après le repli, et l’éviction du satellite Saad-Lahd, ectoplasme baptisé Liban libre, le Sud-Liban est resté en proie à des troubles, jusqu’à la guerre de juillet 2006. Il y a eu alors la 1701. Elle a permis de faire déployer l’armée libanaise et la Finul sur la ligne bleue, et de réduire la tension militaire directe. Mais sans plus, car les transgressions se sont poursuivies de part et d’autre, les dépôts d’armes en zone illicite du Hezbollah répondant aux survols israéliens quotidiens du territoire libanais. On reste loin de ce retour à la convention d’armistice de 1949 que l’ONU ordonne, en attendant la conclusion d’une paix en règle.
Et l’on reste encore plus loin du bouclier global, toujours dans la même perspective de paix véritable, qu’établit la 1701 : désarmement des milices, libanaises ou autres, donc suppression de leurs petits royaumes ; démantèlement des bases palestiniennes hors camps et régulation à l’intérieur ; restitution de Chebaa par Israël ; tracé des frontières ; verrouillage de la frontière syro-libanaise face à l’afflux d’armes et à la contrebande.
Idem pour la 1559. Elle ordonnait le retrait des troupes syriennes, le désarmement des milices, la mainmise de l’État de droit libanais sur l’ensemble du territoire national. Ainsi que, c’était le sujet du jour, des élections présidentielles libres, conformément aux dispositions de la Constitution, sans immixtion étrangère. Or, comme on sait, les Syriens ont foulé aux pieds toutes ces dispositions. Ils ont poussé le défi jusqu’à faire proroger Émile Lahoud au lendemain même de la résolution de l’ONU. Par suite de l’assassinat du président Rafic Hariri, les Syriens ont dû se retirer, poussés dehors par la révolution blanche du Cèdre. Donc, encore une fois, la libération n’avait rien à voir avec la résolution du Conseil de sécurité, qui avait assisté à sa violation en restant les bras croisés.
Et le dignitaire religieux de relever, en conclusion, que la naissance d’un État libanais digne de ce nom, autrement dit d’un Liban indépendant et souverain, passe par la 1701. Qui, malheureusement, passe elle-même, comme ses aïeules, par cette volonté inexistante du Conseil de sécurité.
Au Liban encore plus qu’ailleurs, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, c’est l’Arlésienne : on a beau en parler, on ne la voit jamais sur scène. Un dignitaire religieux se demande dès lors à quoi cela sert de prendre, au niveau international suprême, des décisions que la moindre dictature, le moindre État musclé, comme Israël, bafoue impunément pendant de longues années, voire même des décennies. Ou même défie l’autorité onusienne suprême, comme le fait aujourd’hui la Syrie. Avec, faut-il dire, la complicité de la Russie et à un moindre degré de la Chine. Puissances pour qui l’ordre international compte peu en regard de la nécessité de s’imposer en contre, comme disent les joueurs de bridge.Si le Conseil de sécurité avait su faire appliquer ses résolutions, il aurait, certainement,...
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