La palme de la décrépitude revient à n’en point douter à l’EDL, ce vieux chauffe-bain géant affublé de cheminées qui crachouillent, de pylônes qui rouillent, de câbles qui pendouillent et d’employés qui glandouillent. Et dire que ce tas d’immondices, qui déjà coûte au contribuable la somme croquignolette d’un milliard de dollars par an, végète sous la tutelle du ministère de l’Énergie, un autre gros mot servant de cache-misère au partage de la pénurie.
Il a fallu cette fois que la tuile vienne s’aplatir sur la trombine du Basileus, qui a pourtant trimé pour pondre son projet de production forcenée de jus mais dont il entend pomper le financement dans les derniers fifrelins du Trésor public. Manque de pot, le ministre qui s’était étalé aux dernières législatives n’a jamais forcé son talent pour se rendre populaire. En maniant l’artillerie lourde contre ses adversaires politiques, puis en ratissant large en direction de ses alliés mauvais payeurs, il s’est mis toute la République à dos et a même réussi la gageure de rendre son beau-père sympathique. Jusque-là, il se la jouait chic. Après le choc, il a continué à rugir jusqu’à avoir mercredi le chèque. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’Électricité.
Pour autant, ce serait lui faire justice que d’admettre que ses prédécesseurs en charge du dossier n’avaient pas particulièrement fait des flammèches. Plusieurs ministres avaient barboté dans cette benne à ordures sans jamais passer à l’action : Ayoub Hmayed, le Berry Boy qui avait transformé l’EDL en agence pour l’emploi en fondant, lui et son mentor, sur tout ce qui passait près de leurs convoitises ; le « Fneich plus ultra » du parti barbu qui avait phosphoré des mois durant sur une étude, laquelle continue gentiment de prendre la poussière dans les tiroirs du ministère ; Alain Tabourian, qui voulait gaver la population de monoxyde d’azote à coups de volutes parfumées issues d’une tripotée de supergénérateurs. Son départ a sauvé nos poumons !
Hier, c’était au tour du Basileus de squatter un plateau télé pour promettre une indigestion prochaine de jus d’électrons. Mais les téléspectateurs ont dû éteindre leur poste... Par souci sans doute d’économiser l’électricité.
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