Électricité du Liban...en petites coupures?
Les séances du Conseil des ministres se suivent et se ressemblent. Elles se ressemblent en ce sens que chaque réunion, ou presque, est marquée par des discussions houleuses et des échanges aigres-doux (plus « aigres » que « doux » ) entre les membres du gouvernement.
Au cours de la réunion qui s’est tenue hier soir au Grand Sérail, le ministre du Travail Charbel Nahas a fait encore des siennes et a trouvé le moyen de provoquer un esclandre avec le chef du gouvernement Nagib Mikati et le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel.
Les interventions intempestives de Charbel Nahas n’ont pas empêché cependant le cabinet de donner son feu vert à la reprise des travaux des lignes de haute tension dans la région de Mansourieh, prévoyant à ce propos une solution pour le moins ubuesque, à savoir le rachat par l’État des appartements dont les propriétaires refusent d’habiter dans une région traversée par ces lignes de haute tension. Nul n’a cependant précisé quel sort serait réservé aux écoles situées dans la zone en question (celle de Mansourieh), sachant que les responsables et les parents d’élèves de ces établissements scolaires refusent que les lignes de haute tension passent au-dessus des écoles.
Le conflit apparu sur ce plan entre les habitants et le ministre de l’Énergie Gebran Bassil est donc appelé à connaître de nouveaux soubresauts au cours des prochains jours, d’autant que ce dossier sera à nouveau discuté au cours d’une séance que le cabinet tiendra mardi prochain au palais de Baabda. Les habitants, rappelle-t-on, insistent pour que les câbles de haute tension soient installés sous terre afin d’éviter les effets que risquent de subir les enfants et les habitants. Le ministre de l’Énergie réfute cependant l’argument présenté à ce sujet par la population, affirmant, comme il l’a souligné hier en Conseil des ministres, que les câbles souterrains « sont plus dangereux pour la santé publique que les câbles en plein air » !
Les sautes d’humeur de Charbel Nahas
Pour en revenir au ministre du Travail, Charbel Nahas, il s’en est pris au chef du gouvernement lors de la discussion d’un point inscrit à l’ordre du jour de la réunion, autorisant un ressortissant arabe à acquérir un bien-fonds. Il a interrompu M. Mikati sur un ton quelque peu cavalier en lui lançant : « Ce point est illégal, il faut l’abolir. Non, non, le pays n’est pas à vendre. » Irrité par l’intervention intempestive de M. Charbel Nahas, le Premier ministre a tapé du point sur la table et a haussé le ton en demandant fermement à M. Nahas de cesser de jouer au ministre frondeur. Et M. Mikati d’ajouter sur un ton tout aussi ferme à l’adresse du ministre du Travail : « Voulez-vous nationaliser le pays ? Je ne permettrai à personne de porter atteinte à l’économie libre dans le pays. »
Cet échange aigre-doux a été précédé d’une discussion non moins fiévreuse entre Charbel Nahas et le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel. Lorsque celui-ci a demandé d’avancer la date d’enrôlement de 2 000 membres des FSI, Charbel Nahas est intervenu en déclarant : « Pour quoi faire ? Pour enrôler encore 2 000 nouveaux voleurs au sein des FSI, à l’image du (général) Achraf Rifi ? Vous devez sanctionner et limoger Achraf Rifi. » Le ministre de l’Intérieur a protesté alors fermement contre les propos de M. Nahas, soulignant que les faits que ce dernier reproche au général Rifi (l’affaire des équipements de la troisième société de téléphonie mobile) remontent au gouvernement précédent et, par conséquent, il ne pouvait pas envisager des mesures en riposte à des faits antécédents au cabinet actuel. Cachant mal sa colère, Marwan Charbel a souligné qu’il ne pouvait plus admettre les attaques régulières et récurrentes contre le général Rifi et les FSI. Il a rangé ses affaires pour sortir de la salle de réunions, mais M. Mikati et d’autres ministres sont intervenus aussitôt pour l’en dissuader.
Le Hezbollah et le scandale du mazout
Reste à signaler, en conclusion, qu’en marge de la séance du cabinet, les ministres du Hezbollah ont pris soin de voler au secours du ministre Gebran Bassil aussi bien en ce qui concerne le dossier de l’électricité que l’affaire du scandale du mazout (voir ci-dessous). Au sujet de ce dernier point, le ministre Hussein Hajj Hassan a pris la défense du ministre de l’Énergie, dénonçant les accusations lancées contre M. Bassil concernant le scandale du mazout. Le ministre hezbollahi a déclaré à ce propos : « Les mafias sont-elles nouvelles au Liban ? À chaque fois qu’une politique de soutien est appliquée pour une période déterminée, les mafias jouent sur les prix. Il aurait fallu approuver le décret sur le soutien au mazout en même temps que la loi sur l’abolition de la TVA sur le mazout... »
Au cours de la réunion qui s’est tenue hier soir au Grand Sérail, le ministre du Travail Charbel Nahas a fait encore des siennes et a trouvé le moyen de provoquer un esclandre avec le chef du gouvernement Nagib Mikati et le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel.
Les interventions intempestives de Charbel Nahas n’ont pas empêché cependant le cabinet de donner son feu vert à la reprise des travaux des lignes de haute tension dans la région de Mansourieh, prévoyant à ce propos une solution pour le moins ubuesque, à savoir le rachat par l’État...

