Rechercher
Rechercher

Économie - Liban - Opportunités

Financement des petites et moyennes entreprises : les banques voient grand

La crise économique mondiale pousse les banques, depuis quelques années, à diversifier leurs activités et services pour mitiger les risques et s’ouvrir à de nouveaux marchés. Elles se tournent désormais vers un secteur longtemps boudé, celui des petites et moyennes entreprises (PME). La Société financière internationale (IFC) a organisé hier une conférence à Beyrouth pour dresser un bilan de la situation au Moyen-Orient et présenter les opportunités qui s’offrent dans le domaine.

Sans le financement des PME, le manque à gagner pour les banques de la région est de 300 milliards de dollars.Photo ANI

La Société financière internationale (IFC), institution du groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a organisé hier à Beyrouth une conférence réunissant les banques et institutions financières du Moyen-Orient, pour un partage d’expériences sur les moyens de développer les services bancaires au profit des petites et moyennes entreprises (PME).
Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a inauguré la conférence avec un discours prônant le développement du secteur bancaire, « colonne vertébrale de l’économie libanaise ». « En 2011, les prêts bancaires ont augmenté de 14 % sur un an et le secteur privé en a bénéficié à hauteur de 40 milliards de dollars, soit près de 90 % du PIB », a indiqué M. Salamé. Il a insisté sur la volonté de la BDL d’œuvrer pour que ces prêts bénéficient davantage au renforcement des PME, « tout en respectant les bonnes pratiques bancaires et les exigences internationales », a assuré M. Salamé.
Selon les normes internationales, la catégorie des PME est constituée d’entreprises qui emploient moins de 250 personnes. « Dans la région du Moyen-Orient, entre 80 % à 95 % des entreprises sont considérées comme des PME », a souligné le directeur du bureau régional de l’IFC, Mouayed Makhlouf. « Ce chiffre est d’autant plus important que plus de 25 % de la population des pays de la région a moins de 25 ans et que les PME ont plus tendance à embaucher des jeunes que les grandes entreprises », a-t-il ajouté. Ce sont ces chiffres qui appuient l’idée que l’accroissement du financement des PME est essentiel au développement socio-économique de la région.
Parallèlement, les banques ont tout autant à gagner en augmentant leurs services destinés aux PME. Actuellement, seuls 7,6 % des prêts bancaires leur sont octroyés et plus de 40 % des PME sont sous-financées. Selon une étude faite par l’IFC qui prend en compte seulement 10 % des PME (les autres appartiennent au secteur informel et n’ont pas pu être incluses dans les statistiques), le marché potentiel pour leur financement, ou en d’autres termes le manque à gagner pour les banques, est de 300 milliards de dollars. « Le potentiel de marché est énorme et les revenus des banques peuvent facilement doubler », a souligné l’associé à Mckinsey and Co, Ignacio Abengoechea.

Les banques restent hésitantes
Malgré ces chiffres encourageants, très peu de banques se lancent dans le financement des PME. En premier lieu parce qu’elles considèrent que ces entreprises-là, du fait de leur petite taille et de leur aspect souvent informel, n’ont pas l’infrastructure financière adéquate ni les données financières qui rassurent les banques.
D’un autre côté, les banques n’ont pas les outils nécessaires pour mesurer les risques qu’elles prennent en prêtant aux PME, selon M. Abengoechea. Les banques qui possèdent plus de savoir-faire en la matière ont donné, d’après des expériences concrètes, ces conseils : mieux cibler les clients, se rapprocher d’eux pour comprendre leur mode de fonctionnement, leur faciliter les démarches et formulaires, et, si nécessaire, les former. « Les services non financiers sont tout aussi importants dans le développement des PME », a indiqué la directrice de la section des PME à la Muscat Bank, Ilham al-Hamaid.
Pour les représentants de l’IFC, les institutions financières internationales doivent également jouer un rôle majeur, en encourageant les gouvernements à mettre en place une structure légale pour faciliter le financement des PME par les banques. « C’est un long processus, qui a besoin d’un changement des structures, des législations, mais surtout des mentalités », a conclu M. Makhlouf.
La Société financière internationale (IFC), institution du groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a organisé hier à Beyrouth une conférence réunissant les banques et institutions financières du Moyen-Orient, pour un partage d’expériences sur les moyens de développer les services bancaires au profit des petites et moyennes entreprises (PME).Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a inauguré la conférence avec un discours prônant le développement du secteur bancaire, « colonne vertébrale de l’économie libanaise ». « En 2011, les prêts bancaires ont augmenté de 14 % sur un an et le secteur privé en a bénéficié à hauteur de 40 milliards de dollars, soit près de 90 % du PIB », a indiqué M. Salamé. Il a insisté sur la volonté de la BDL d’œuvrer...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut