Recep Tayyip Erdogan répondait aux accusations irakiennes d'interférences turques dans les affaires internes de l'Irak. Adem Altan/
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu mardi les autorités irakiennes que la Turquie ne restera pas silencieuse si elles favorisent un conflit confessionnel en Irak.
"M. (le Premier ministre irakien Nouri) al-Maliki doit comprendre ceci : si vous entamez un processus d'affrontement en Irak sous la forme d'un conflit confessionnel, il n'est pas possible que nous restions silencieux", a déclaré M. Erdogan dans une allocution devant les députés de son parti à Ankara. "Il n'est pas possible que nous restions silencieux car nous partageons avec vous une frontière commune, nous avons des relations de parenté, chaque jour nous sommes en contact avec vous", a-t-il poursuivi. "Nous attendons des autorités irakiennes qu'elles adoptent une attitude responsable qui laisse de côté les discriminations confessionnelles et prévienne les conflits confessionnels", a souligné M. Erdogan.
Le 13 janvier dernier, le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki avait accusé la Turquie de s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Irak. "Leurs dernières déclarations interféraient dans les affaires intérieures irakiennes mêmes, comme l'autorité judiciaire, et nous ne permettons absolument pas cela", avait déclaré M. Maliki. Des "déclarations très laides et malvenues", a jugé aujourd'hui M. Erdogan.
Quelques heures plus tard, le bureau du Premier ministre irakien, Nuri al-Maliki, qualifiait de provovation les déclarations du Premier ministre turc. "Tous les Irakiens sont fiers d'appartenir à leur pays et à aucun autre. M. Erdogan a provoqué tous les Irakiens par ses déclarations, spécialement ceux qui croient qu'il les défend", pouvait-on dans le communiqué du Premier ministre irakien faisant allusion aux sunnites. "Les Irakiens chiites et sunnites sont des frères et n'ont pas besoin de ceux qui prétendent les défendre les uns contre les autres", ajoute le bureau de M. Maliki dans une réaction extrêmement vive.
Il y a trois jours, M. Erdogan avait déjà adressé un appel aux différentes factions irakiennes à "écouter leur conscience" pour empêcher un "conflit fratricide" alors que le pays est plongé dans une grave crise politique qui fait craindre une résurgence de violences confessionnelles. Il avait aussi plaidé en faveur de mesures pour faire baisser la tension et éviter les pressions politiques autour d'un éventuel procès du vice-président irakien, le sunnite Tarek al-Hachémi, accusé d'avoir orchestré des attentats et actuellement réfugié au Kurdistan irakien.
L'Irak est dirigé par les chiites alors que beaucoup de sunnites irakiens voient dans la Turquie un protecteur tout en se méfiant des ingérences étrangères.
"Nous avions mis en garde Nouri al-Maliki de ne pas s'engager dans une politique ayant une dimension confessionnelle car cela complique les choses sur le plan intérieur et ouvre la voie à des interférences régionales", a affirmé à l'AFP le député sunnite Haider al-Mullah, membre de la liste laïque Iraqiya. "L'Irak est un pays fragile et suivre cette politique accroît les possibilités d'interférence extérieure. Nous espérons que les pays voisins se tiendront à égale distance de toutes les composantes irakiennes car ce n'est pas dans l'intérêt des sunnites d'être soutenus par la Turquie et des chiites de l'être par l'Iran car ces deux pays agissent selon leurs intérêts et l'Irak en paiera le prix", a-t-il ajouté.
La montée des tensions entre la Turquie et l'Irak s'est manifestée par la convocation réciproque des ambassadeurs pour des protestations. L'ambassade de Turquie à Bagdad par ailleurs a été atteinte le 18 janvier par un obus tirée depuis un quartier chiite de Bagdad, selon des sources officielles irakiennes, sans que l'incident fasse de victimes.
"M. (le Premier ministre irakien Nouri) al-Maliki doit comprendre ceci : si vous entamez un processus d'affrontement en Irak sous la forme d'un conflit confessionnel, il n'est pas possible que nous restions silencieux", a déclaré M. Erdogan dans une allocution devant les députés de son parti à Ankara. "Il n'est pas possible que nous restions silencieux car nous partageons avec vous une frontière commune, nous avons des relations de parenté, chaque jour nous sommes en contact avec vous", a-t-il poursuivi. "Nous attendons des autorités irakiennes qu'elles adoptent une attitude responsable qui laisse de côté les discriminations confessionnelles...


L'hypocrisie serait de feindre qu'on découvre Erdogan en chef de la Jeune Turquie, ou en Nouveau Calife... il y a quelques jours seulement, il était encore le bouclier d'une certaine idée de la démocratie en Syrie...
18 h 14, le 24 janvier 2012