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Économie - Crise

Négociations sur la dette grecque dans l’impasse

Accord de la zone euro pour lancer un pare-feu permanent.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a estimé lundi à Berlin que les États de la zone euro devaient se doter d’un « pare-feu plus vaste » contre la crise. Thomas Peter/Reuters

Les négociations sur la réduction de la dette grecque, cruciales pour éviter une faillite du pays, vont devoir se poursuivre jusqu’en février en raison de blocages persistants, jetant une ombre sur les efforts de la zone euro pour régler la crise de la dette.
Après plus de dix jours d’intenses négociations, la perspective de trouver un accord rapidement en Grèce s’est éloignée hier : des sources au ministère des Finances ont fait savoir qu’Athènes va poursuivre ses négociations avec ses créanciers privés en se fixant le 13 février comme date butoir. L’idée de départ était de trouver un accord avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui s’est tenue hier à Bruxelles. Puis, selon une source gouvernementale grecque, Athènes a ensuite émis l’espoir que cela soit le cas au plus tard « d’ici au sommet européen » qui se tiendra le 30 janvier à Bruxelles. La Commission européenne voulait aussi un compromis dans la semaine.
Pourtant, trouver un accord reste urgent pour éviter à Athènes une faillite aux conséquences imprévisibles. De lui dépend le déblocage des aides promises par les Européens fin octobre d’un montant de 130 milliards d’euros. Or, la Grèce doit rembourser en mars plus de 14 milliards d’euros. « Il y a toujours l’espoir (de trouver un accord), mais il ne faut pas non plus se fixer une date limite qui mène ensuite à des déceptions », a mis en garde hier le ministre belge des Finances, Steven Vanackere, en marge de la réunion avec ses homologues de l’Union monétaire.
Principale pierre d’achoppement des négociations : le taux d’intérêt qui sera accordé aux banques pour leurs nouveaux titres de dette. Les banques veulent qu’il soit le plus élevé possible, les créanciers publics – en particulier le FMI et l’Allemagne – plaident pour un niveau aussi bas que possible pour garantir la survie des finances de l’État grec. Le négociateur du secteur privé, Charles Dallara, avait prévenu dimanche que les banques et fonds d’investissement détenteurs de dette grecque avaient atteint la limite des pertes qu’ils peuvent supporter, renvoyant la balle aux créanciers institutionnels (BCE, UE et FMI).
Mais la zone euro n’envisage guère d’augmenter ses prêts à la Grèce par rapport à ce qui est prévu. La somme « de 130 milliards d’euros est déjà suffisamment élevée pour ne pas sans arrêt remettre de l’argent au pot, les autres États membres arrivent aussi aux limites de leurs capacités », a prévenu le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden.
En attendant une éclaircie en Grèce, les ministres des Finances européens se sont attelés hier à une autre tâche : peaufiner leur arsenal anticrise. Ils ont ainsi adopté dans la soirée un traité établissant le futur fonds de secours permanent de la zone euro, le MES, qui ne bénéficiera toutefois qu’aux pays ayant ratifié le pacte budgétaire en discussion, censé renforcer la discipline commune en Europe. S’ils ont défini certaines modalités de ce fonds, ils n’ont en revanche pas tranché sur son enveloppe, renvoyant cette question à plus tard.
Augmenter la taille du futur fonds de secours permanent de la zone euro, le MES, « serait d’un grand secours », a pourtant plaidé hier la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde. Ce mécanisme, appelé à prendre la place du dispositif de soutien temporaire (FESF), verra le jour en juillet et disposera d’une capacité de prêts de 500 milliards d’euros. Un montant jugé insuffisant par la directrice du FMI pour empêcher une « crise de solvabilité » en Espagne et en Italie, deux pays touchés de plein fouet par la crise de la dette et qui vont entrer en récession cette année.
En attendant, les Européens se sont mis d’accord sur le système de prise de décision de ce mécanisme, qui se fera à la majorité qualifiée dans les cas d’urgence (à 85 %) et non à l’unanimité comme le voulait jusqu’ici la Finlande.
Le pacte budgétaire, voulu à tout prix par Berlin, est lui aussi en cours de finalisation. Il prévoit notamment l’inscription d’une règle d’or sur le retour à l’équilibre des comptes publics. Une réunion spéciale se poursuivait dans la soirée à ce sujet, avec pour objectif de trancher plusieurs points litigieux.
Plusieurs questions restent ouvertes : les sommets de la zone euro pourront-ils être ouverts à tous les pays ayant signé ce traité ? Le pacte budgétaire sanctionnera-t-il les dérapages d’un État concernant les seuls déficits ou également la dette ? Quel sera le rôle exact de la Cour européenne de justice ?
(Source : AFP)
Les négociations sur la réduction de la dette grecque, cruciales pour éviter une faillite du pays, vont devoir se poursuivre jusqu’en février en raison de blocages persistants, jetant une ombre sur les efforts de la zone euro pour régler la crise de la dette.Après plus de dix jours d’intenses négociations, la perspective de trouver un accord rapidement en Grèce s’est éloignée hier : des sources au ministère des Finances ont fait savoir qu’Athènes va poursuivre ses négociations avec ses créanciers privés en se fixant le 13 février comme date butoir. L’idée de départ était de trouver un accord avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro qui s’est tenue hier à Bruxelles. Puis, selon une source gouvernementale grecque, Athènes a ensuite émis l’espoir que cela soit le cas au plus tard...
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