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À La Une - Révolte

La violence en Syrie a baissé, se félicite le chef des observateurs

Damas rejette le plan arabe ; l'UE adopte de nouvelles sanctions contre le régime ; Moscou vend des avions.

Le général soudanais Mohamed al Dabi (g) et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil el-Arabi, dimanche au Caire. Khaled DESOUKI/AFP

Damas a catégoriquement rejeté lundi un nouveau plan arabe pour un règlement de la crise en Syrie qui prévoit à terme un départ du président Bachar el-Assad "de manière pacifique". Un responsable cité par la télévision officielle syrienne a qualifié le plan d'"ingérence flagrante dans ses affaires intérieures".

 

Le plan de la Ligue arabe appelle M. Assad à déléguer "des prérogatives au vice-président pour traiter avec un gouvernement d'union nationale" appelé à être "formé dans les deux mois", selon un communiqué final lu dimanche soir par le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, après une réunion ministérielle au Caire. Ce cabinet devra être "présidé par une personnalité de consensus. Sa mission sera d'appliquer le plan arabe et de préparer des élections législatives et présidentielle pluralistes et libres sous supervision arabe et internationale". La Ligue demande également au "gouvernement et à tous les courants de l'opposition d'engager un dialogue sérieux (...) dans un délai ne dépassant pas les deux semaines" pour pouvoir former ce gouvernement.

 

Cheikh Hamad a estimé que l'initiative "visait à un départ du régime syrien de manière pacifique". "Si cette initiative n'est pas mise en œuvre, nous irons au Conseil de sécurité" de l'ONU, a-t-il averti. La mention du "départ du régime" ne figure néanmoins pas dans le texte final. Cheikh Hamad a précisé que la Ligue allait "informer l'ONU de l'ensemble des résolutions (...) en vue de leur approbation". Le secrétaire général de la Ligue, Nabil el-Arabi, a expliqué que la demande d'appui de l'ONU visait à "donner plus de poids" à l'initiative.

Les Arabes ont d'ailleurs reçu le soutien des Européens. L'Allemagne et d'autres pays vont demander au Conseil de sécurité de "soutenir" le nouveau plan de la Ligue, a indiqué l'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig, ajoutant que les Européens souhaitaient discuter de la Syrie "le plus vite possible" avec le secrétaire général de l'organisation panarabe.

 

Le Qatar était de nouveau la cible de la presse syrienne aujourd’hui. "(Cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani) ne s'est pas contenté (de violer) la charte de la Ligue arabe, il est décidé à faire plonger les Arabes dans un déluge de sang", écrit ainsi le quotidien as-Saoura.

 

Parallèlement, les ministres de la Ligue ont décidé de prolonger sa mission d'observation dans le pays, malgré les critiques sur son incapacité à faire cesser l'effusion de sang. Selon l'ONU, plus de 5.400 personnes ont perdu la vie en dix mois de révolte et de répression dont plusieurs centaines depuis le début de la mission arabe.

Pour le chef des observateurs, la mission est néanmoins une réussite. "Après l'arrivée de la mission, l'intensité des violences a commencé à baisser", a déclaré lundi le général soudanais Mohamed al Dabi, lors d'une conférence de presse organisée au siège de la Ligue arabe au Caire. "Je certifie que tout le matériel militaire lourd a été retiré des villes", a-t-il poursuivi. "Notre travail était de vérifier ce qui se passe sur le terrain, pas d'enquêter", a assuré le général soudanais, précisant que les observateurs avaient recensé 136 décès tous bords confondus pendant la durée de leur mission.

 

Dimanche, l'Arabie saoudite a décidé de retirer ses observateurs de la mission, en arguant du non-respect par le régime des clauses du précédent plan.

 

L'appel arabe à un soutien de l'ONU a été favorablement accueilli par le chef du Conseil national syrien (CNS), le plus important groupe de l'opposition, Burhan Ghalioun, qui a cependant affirmé que "toute transition en Syrie devra être précédée d'une annonce de départ de M. Assad". Le CNS réclame également le transfert du dossier à l'ONU et veut désormais une saisine de la Cour pénale internationale (CPI).

Les Frères musulmans syriens ont, de leur côté, estimé dans un communiqué que le nouveau plan arabe contient des éléments "sérieux" et "mérite un examen approfondi", se félicitant notamment du "point qui prévoit que Bachar el-Assad passe la main à son vice-président".

Pour leur part, les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, ont estimé que la Ligue arabe avait "échoué encore une fois à adopter une solution qui répond aux attentes des Syriens". "Sa nouvelle initiative donne au régime un nouveau délai pour poursuivre la répression", ont-ils affirmé.

 

Parallèlement, les pays européens ont adopté de nouvelles sanctions frappant 22 membres de l'appareil sécuritaire et huit organisations supplémentaires syriennes, a-t-on appris de source diplomatique. Il s'agit du onzième train de sanctions visant des personnalités ou des entités, visées par des gels d'avoirs et des interdictions de visa en Europe. Ces mesures touchent désormais près de 150 personnes et organisations liées au régime syrien.

 

Malgré ces sanctions, "Moscou et Damas ont signé un nouveau contrat sur la livraison de 36 avions d'entraînement Yak-130 qui prendra effet dès que la Syrie aura versé une avance", indique aujourd’hui le quotidien russe Kommersant citant une source proche de l'agence publique russe d'exportation d'armements Rosoboronexport. Le montant du contrat s'élève à environ 550 millions de dollars (près de 427 millions d'euros), a précisé cette source. Contacté par l'AFP, Rosoboronexport s'est refusé à tout commentaire.

 

Sur le terrain, dix civils ont été tués lundi par les forces de sécurité, alors que cinq soldats de l'armée régulière syrienne ont péri dans des combats avec des déserteurs dans la province de Homs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Parallèlement, plus de 150.000 personnes se sont rassemblées à Douma, près Damas, pour participer aux funérailles de douze civils tués à l'aube et les jours précédents, a rapporté l'OSDH, précisant qu'il s'agissait du plus grand rassemblement dans cette ville depuis le début de la révolte.

Damas a catégoriquement rejeté lundi un nouveau plan arabe pour un règlement de la crise en Syrie qui prévoit à terme un départ du président Bachar el-Assad "de manière pacifique". Un responsable cité par la télévision officielle syrienne a qualifié le plan d'"ingérence flagrante dans ses affaires intérieures".
 
Le plan de la Ligue arabe appelle M. Assad à déléguer "des prérogatives au vice-président pour traiter avec un gouvernement d'union nationale" appelé à être "formé dans les deux mois", selon un communiqué final lu dimanche soir par le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, après une réunion ministérielle au Caire. Ce cabinet devra être "présidé par une personnalité de consensus. Sa mission sera d'appliquer le plan arabe et de préparer des...
commentaires (2)

Décidément ce boucher de Darfour aime voir le sang couler ! Que dit-il des trois cents hommes, femmes et enfants tués par le régime depuis qu'il "observe" en Syrie ?

Halim Abou Chacra

23 h 55, le 23 janvier 2012

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Commentaires (2)

  • Décidément ce boucher de Darfour aime voir le sang couler ! Que dit-il des trois cents hommes, femmes et enfants tués par le régime depuis qu'il "observe" en Syrie ?

    Halim Abou Chacra

    23 h 55, le 23 janvier 2012

  • Tiens, le régime syrien apprend enfin ce que signifie l'ingérence flagrante dans les affaires intérieures ! Pourtant c'est ce qu'il a fait pendant 30 ans au Liban. Faut-il comprendre qu'il ne sait pas ce qu'il fait ?

    Robert Malek

    05 h 39, le 23 janvier 2012

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