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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Révolte

L’opposition réclame une saisine de l’ONU

Nouvelles manifestations massives ; la violence se poursuit dans l’attente du rapport des observateurs arabes, faisant au moins 19 tués.
Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue hier en Syrie pour réclamer notamment une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU après plus de 10 mois de violences, faisant écho aux groupes d’opposition souhaitant que les observateurs arabes passent la main. Les manifestants ont commencé à défiler à la sortie des mosquées à la mi-journée, appelant à la chute du régime du président Bachar el-Assad et à la libération des détenus dans les provinces d’Alep, d’Idleb et Lattaquié, à Deraa et à Hama, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). En contrepartie, des dizaines de personnes ont manifesté à Damas pour apporter leur soutien à M. Assad, demandant au président de mater l’insurrection.
Plusieurs mouvements d’opposition ont ainsi réclamé une saisine de l’ONU, allant dans le sens des demandes occidentales. Le Conseil national syrien (CNS), plus important groupe de l’opposition, a réclamé le transfert du dossier au Conseil de sécurité et la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils des « crimes » du régime. Sur leur page Facebook « The Syrian Revolution 2011 », des militants ont également réclamé une « internationalisation » de la crise, en allusion à une intervention de l’ONU, après une demande similaire d’ONG arabes ayant jugé inefficace la mission des observateurs envoyés par la Ligue arabe.
Malgré leur présence sur le terrain depuis le 26 décembre, la répression n’a pas connu de répit. Des centaines de personnes ont été tuées depuis cette date selon l’opposition et l’ONU, et au moins 5 400 personnes depuis le début de la révolte à la mi-mars. Le chef des observateurs arabes, Mohammad Ahmad Moustapha al-Dabi, doit présenter demain au Caire un rapport sur la base duquel l’organisation décidera de la suite de la mission. Selon le chef adjoint de la cellule de la Ligue arabe chargée de la mission des observateurs, Ali Jaroush, « tout indique que la mission d’observation en Syrie sera prolongée d’un mois car le premier mois n’a pas suffi, puisqu’il a été en partie consacré aux préparatifs logistiques ». Un autre responsable a indiqué sous le couvert de l’anonymat que « le nombre d’observateurs serait porté à quelque 300 », soit quasiment le double du chiffre actuel. « De nombreux pays arabes ont rejeté l’idée d’envoyer des troupes arabes en Syrie », comme l’avait proposé l’émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani, a-t-il ajouté. Damas l’a également rejetée et accusé le Qatar « d’armer les gangs terroristes » en Syrie. Le CNS a réclamé que le rapport des observateurs « qualifie les actes du régime de “crimes de guerre” et de “génocide” ».

Un « scandale » pour Sarkozy
Au Caire, le grand imam d’al-Azhar, principale institution de l’islam sunnite, Ahmad al-Tayyeb, a appelé les dirigeants arabes « à prendre des mesures sérieuses et immédiates » pour que les violences cessent et empêcher ainsi « toute intervention étrangère en terre arabe ». L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a, elle, appelé la Ligue arabe à « travailler avec le Conseil de sécurité pour imposer un embargo à la Syrie sur les armes et des sanctions contre les individus responsables de graves violations ». De son côté, le président Nicolas Sarkozy a affirmé que la France « ne se taira pas devant le scandale syrien » et ne peut accepter « la répression féroce » de la contestation, « qui conduit tout droit le pays au chaos ». « La Ligue arabe s’est engagée dans une action courageuse, elle doit la poursuivre », a-t-il estimé, appelant le Conseil de sécurité à lui « apporter son concours ».

Jacquier mort à la suite d’une bavure de l’ASL ?
Sur le terrain, cinq civils ont été tués hier, un à Douma, deux à Homs et deux à Deir ez-Zor. En outre, les services de sécurité ont remis les corps de six personnes, disparues depuis deux jours, à leurs proches dans la région d’Idleb. À Deraa, un membre des forces de sécurité a été tué. Selon la chaîne satellitaire al-Arabiya, le nombre de victimes s’élèverait à 19 morts. Par ailleurs, l’OSDH a indiqué être sans nouvelle d’un opposant de poids, Mohammad Jabar Moussalama, membre du Comité national pour le changement démocratique, depuis son arrestation le 14 janvier.
En France, les obsèques du journaliste Gilles Jacquier, tué le 11 janvier en Syrie, se sont déroulées hier, en présence de journalistes et amis venus rendre hommage à un homme « en quête de vérité ». Sa mort serait due à une bavure de l’armée syrienne libre (ASL), a affirmé hier soir le quotidien français Le Figaro, une information aussitôt démentie par la représentation à Paris de l’ASL.

(Sources : agences et rédaction)
Des milliers de manifestants sont descendus dans la rue hier en Syrie pour réclamer notamment une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU après plus de 10 mois de violences, faisant écho aux groupes d’opposition souhaitant que les observateurs arabes passent la main. Les manifestants ont commencé à défiler à la sortie des mosquées à la mi-journée, appelant à la chute du régime du président Bachar el-Assad et à la libération des détenus dans les provinces d’Alep, d’Idleb et Lattaquié, à Deraa et à Hama, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). En contrepartie, des dizaines de personnes ont manifesté à Damas pour apporter leur soutien à M. Assad, demandant au président de mater l’insurrection.Plusieurs mouvements d’opposition ont ainsi réclamé une saisine de l’ONU, allant dans...