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À La Une - Révolte

Menaces de radicalisation de la lutte en Syrie

La poursuite des violences est « inacceptable », affirme Obama.

La Syrie a rejeté hier tout déploiement de soldats arabes sur son territoire. « La Syrie rejette les déclarations de responsables du Qatar sur l’envoi de troupes arabes qui amplifient la crise, font avorter l’action arabe et ouvrent la voie à une intervention étrangère », a expliqué le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué. « Le peuple syrien refuse toute intervention étrangère sous n’importe quelle appellation. Il fera face à toute tentative qui porte atteinte à la souveraineté de la Syrie », selon le communiqué. « Il serait regrettable que du sang arabe coule sur le territoire syrien pour servir des (intérêts) connus », a ajouté le ministère sans autre précision. En outre, selon l’agence SANA, Moscou a également rejeté l’envoi de troupes arabes en Syrie, assurant qu’il s’opposerait fermement à une telle proposition si elle devait être présentée au Conseil de sécurité de l’ONU.

L’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, s’était dit samedi favorable à l’envoi de troupes arabes en Syrie afin de « mettre fin à la tuerie ». Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a indiqué que cette idée pourrait être examinée lors de la réunion le 22 janvier au Caire de l’organisation panarabe, qui doit réévaluer sa mission en Syrie, critiquée pour son incapacité à faire cesser l’effusion de sang. Une source arabe a indiqué hier que Damas ne s’opposerait pas à une prolongation du mandat de la mission des observateurs, mais rejetterait une extension de leur champ d’action. Le mandat des observateurs expire demain.

 

Malgré la présence depuis le 26 décembre des observateurs arabes, les exactions n’ont donc pas cessé. Selon un responsable de l’ONU, elles ont fait 400 morts dans les deux premières semaines de la mission. Hier, 14 civils ont encore été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Huit personnes ont été tuées dans l’explosion d’une bombe au passage de leur minibus sur une route reliant Idleb à Alep. Un militant a également été tué par un tireur embusqué à Khan Cheikhoune, dans la province d’Idleb. À Homs, des transports de troupes blindés « ont ouvert le feu aveuglément, tuant un civil et en blessant neuf autres ». Dans la même ville, des tirs des forces de sécurité ont tué quatre civils, selon l’OSDH. D’après la chaîne satellitaire al-Jazira, citant des militants, 37 manifestants ont été tués hier.

 

Zabadani

Et pour la 5e journée consécutive, les forces de l’ordre pilonnaient hier Zabadani, obligeant les habitants de la ville à fuir, selon les comités de coordination locaux, qui précisent que plusieurs militaires ayant tenté de faire défection ont été tués.

L’OSDH a en revanche rapporté la libération de Najati Tayyara, un célèbre opposant et militant des droits de l’homme, qui avait été arrêté en mai pour avoir dénoncé les atrocités commises par les forces du régime. Le président Assad avait annoncé dimanche une « amnistie générale pour les crimes commis pendant les événements », une démarche jugée peu crédible par l’opposition.

 

Par ailleurs, Riad al-Assaad, chef de l’Armée syrienne libre (ASL), a appelé les membres de la Ligue arabe à « transférer rapidement le dossier syrien devant le Conseil de sécurité de l’ONU ». L’ONU a annoncé qu’elle mènerait dans les prochains jours une formation pour des observateurs de la Ligue arabe, afin de les aider à évaluer la situation en Syrie. Mais les soldats dissidents réclament une action plus musclée, avec un « recours au chapitre 7 de la Charte de l’ONU ». Ce chapitre donne au Conseil de sécurité la possibilité d’entreprendre « toute action qu’il juge nécessaire au maintien ou au rétablissement de la paix ». Parallèlement, le chef de la plus grande tribu de Syrie, Nawaf al-Bachir, qui a fui son pays la semaine dernière, a menacé à Istanbul d’une radicalisation de la lutte contre le régime si le Conseil de sécurité n’intervenait pas pour mettre fin à la répression.

 

Recevant hier le roi Abdallah II de Jordanie, le président des États-Unis, Barack Obama, a affirmé que la poursuite des violences en Syrie était « inacceptable ». Il a salué le fait que son invité avait été le premier chef d’État arabe à appeler M. Assad à quitter le pouvoir. « Nous allons continuer nos consultations étroites avec la Jordanie pour créer le genre de pression internationale qui encourage le régime syrien actuel à se retirer pour qu’un processus et une transition plus démocratiques puissent se produire en Syrie », a encore assuré M. Obama.

 

Dans le même temps, l’Iran a démenti des accusations françaises sur l’envoi d’armes en Syrie. « Les déclarations des responsables français sont inexactes. Malheureusement, régulièrement on assiste à des prises de position politiques sans preuves et sans fondement de la part de responsables de certains pays européens et cette fois de responsables français », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast. « Il vaut mieux qu’ils évitent de faire de telles déclarations. Nous sommes totalement hostiles à l’ingérence dans les affaires intérieures de n’importe quel pays. Nous respectons aussi cela », a-t-il ajouté.

 

(Sources : agences et rédaction)

La Syrie a rejeté hier tout déploiement de soldats arabes sur son territoire. « La Syrie rejette les déclarations de responsables du Qatar sur l’envoi de troupes arabes qui amplifient la crise, font avorter l’action arabe et ouvrent la voie à une intervention étrangère », a expliqué le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué. « Le peuple syrien refuse toute intervention étrangère sous n’importe quelle appellation. Il fera face à toute tentative qui porte atteinte à la souveraineté de la Syrie », selon le communiqué. « Il serait regrettable que du sang arabe coule sur le territoire syrien pour servir des (intérêts) connus », a ajouté le ministère sans autre précision. En outre, selon l’agence SANA, Moscou a également rejeté l’envoi de troupes arabes en Syrie, assurant qu’il...
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