Des partisans du Parti socialiste ont manifesté hier devant les bureaux de Standard and Poor’s à Paris. Gonzalo Fuentes/Reuters
Standard & Poor’s précise dégrader la note de la France en raison « de l’aggravation des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro à laquelle la France est étroitement liée ». L’agence indique en outre que la note de la France continue de « refléter son économie saine, diversifiée et solide dont la main-d’œuvre est hautement qualifiée et productive ». Elle note à l’inverse « l’endettement relativement élevé des administrations publiques ainsi que les rigidités du marché du travail » mais souligne que le gouvernement français « traite ces questions par une stratégie de consolidation budgétaire et de réformes structurelles ».
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a de son côté minimisé la perte du triple A de la France, se montrant solidaire avec ce pays qu’il a jugé « sur la bonne voie ». « Nous devons tous ensemble tenir les règles, renforcer la compétitivité, nous le faisons tous ensemble », a déclaré M. Schäuble à des journalistes en marge d’un meeting électoral pour une élection régionale à Kiel (Nord). M. Schäuble n’a pas exclu que la décision de Standard & Poor’s sur la France puisse avoir un impact sur l’Allemagne. « Je crois que nous sommes tous étroitement liés les uns aux autres. Pour cette raison, cela ne nous laisse pas indifférents », a déclaré le ministre. Il a insisté : « Nous sommes ensemble sur la bonne voie. »
Il a par ailleurs souligné que seule Standard & Poor’s avait dégradé la France, alors que les deux autres grandes agences internationales d’évaluation financière, Moody’s et Fitch, attribuent toujours, pour l’instant, un « triple A » à la France.
Questionné sur les conséquences de la décision de Standard & Poor’s pour le Fonds de secours financier de l’Union monétaire (FESF), dont la France et l’Allemagne sont les principaux contributeurs, M. Schäuble a estimé que cette dégradation montrait combien était importante la décision de démarrer rapidement le Mécanisme européen de stabilité (MES). La zone euro s’est quant à elle dit déterminée à faire tout son possible pour sauvegarder le triple A du FESF.
Standard & Poor’s a en outre abaissé la note de huit autres pays de la zone euro, parmi eux cinq sont rétrogradés d’un cran et quatre – Espagne, Italie, Portugal et Chypre – sont abaissés de deux crans.
Par ailleurs, l’agence de notation a placé sous perspective négative tous les pays de la zone euro, sauf l’Allemagne et la Slovaquie, à l’issue de son processus d’évaluation. « Les perspectives sur les notes long terme de l’Autriche, la Belgique, Chypre, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Slovénie et l’Espagne, sont négatives ». Rappelons que la Grèce était déjà sous perspective négative.
(Source : agences)


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