Le gouverneur de Homs, Ghassane Abdel Al, a ordonné la création d’une commission d’enquête sur les circonstances de « l’attaque terroriste » qui a coûté la vie au journaliste français et à huit Syriens, selon l’agence SANA. La télévision officielle syrienne a accusé « un groupe terroriste » d’avoir « tiré des obus sur des journalistes étrangers ». Pour sa part, le Conseil national syrien, qui regroupe la majorité de l’opposition, a mis en cause le régime et dénoncé « un signal dangereux quant au passage des autorités à des opérations de liquidation physique des journalistes pour tenter de faire taire les médias neutres et indépendants ». L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a, lui, demandé l’ouverture d’une enquête, indiquant ignorer l’origine des tirs. À l’appel de militants prodémocratie, plusieurs manifestations ont eu lieu hier dans différentes villes du pays en hommage à Gilles Jacquier. La porte-parole du département d’État américain a déploré pour sa part que « le régime ne fournisse pas aux journalistes (...) un environnement favorable ».
Par ailleurs, Human Rights Watch a demandé à la Ligue arabe de « condamner d’urgence » les forces de sécurité qui tirent sur les « protestataires pacifiques qui cherchent à contacter les observateurs arabes », déployés depuis le 26 décembre.
Deux observateurs se retirent
Mais la mission de l’institution panarabe a connu de nouveaux revers, avec deux observateurs qui se sont retirés pour « raisons personnelles ou médicales », selon la Ligue, tandis que l’un d’eux, l’Algérien Anouar Malek, a affirmé avoir démissionné en signe de protestation. Dans le même temps, des opposants syriens ont jugé cette mission « décevante », craignant que son échec, faute de moyens et de liberté de mouvement, ouvre la voie à des ingérences étrangères. Les observateurs « ne sont pas bien équipés et ne possèdent même pas de magnétophones pour enregistrer les témoignages. D’autre part, ils n’ont pu couvrir plusieurs régions car le protocole ne leur garantit pas la liberté de mouvement », a estimé l’opposant Fayez Sara. L’émissaire chinois pour le Moyen-Orient, Wu Sike, a également pressé les autorités syriennes de coopérer avec la mission, dénonçant des « difficultés » pour les observateurs.
Devant l’escalade des violences, le vice-président américain Joe Biden s’est entretenu de la situation en Syrie avec le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, a indiqué la Maison-Blanche. « En particulier, ils ont condamné les violences perpétrées par le régime (du président) Assad en Syrie et souligné l’importance du rapport des observateurs de la Ligue arabe, attendu le 19 janvier », selon la même source. De son côté, le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, a affirmé que « Washington et Ankara travaillent dès maintenant à divers plans de zones d’exclusion aérienne où pourraient se former et s’amasser des unités armées de la rébellion syrienne ». La création de telles zones en Syrie est une demande essentielle des militants prodémocratie. Ceux-ci ont appelé les Syriens sur Facebook à manifester aujourd’hui pour « soutenir l’Armée syrienne libre », qui regrouperait quelque 40 000 soldats dissidents et dont le chef, Riad al-Assaad, est basé en Turquie.
Hier, au moins 18 civils ont été tués par les forces de sécurité. Au moins sept sont morts à Deir ez-Zor, six dans la province d’Idleb et deux à Homs, selon l’OSDH. À Damas, les forces de sécurité ont dispersé des manifestations étudiantes à coups de matraque électrique et arrêté plusieurs dizaines d’étudiants. Depuis la mi-mars, la répression a fait plus de 5 000 morts, selon l’ONU.
(Sources : agences et rédaction)


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