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À La Une - Liban - Social

Salaires : débats stériles et ras-le-bol général !

C’est que les tiraillements entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire commencent à bien faire... C’est qu’on aura beau donner raison à l’alliance patronat/syndicats ou essayer de voir en Charbel Nahas une espèce de messie incompris, il n’en demeure pas moins que les citoyens sont de plus en plus exaspérés, car c’est surtout (ne l’oublions pas) d’eux qu’il s’agit. Alors le retour à la case « départ », hier, lors de la énième réunion de l’indice des prix, est pour le moins frustrant.

Le ministre du Travail Charbel Nahas présidant la réunion de la commission de l’indice des prix qui regroupe des représentants de tous les acteurs économiques. Photo ANI

Les salaires, c’est un peu la blague du moment. Sauf qu’elle est très peu drôle, voire pas du tout. Elle s’inscrit dans un contexte de précarité socio-économique grandissante et aura eu au moins le mérite (le seul ?) de réunir les salariés dans une angoisse commune : celle de savoir si oui ou non ils verront leurs fins de mois s’arrondir, et surtout de combien.

À ce stade, on ne compte plus. Ni les approbations ni les refus du Conseil d’État. Ni les innombrables réunions de la commission de l’indice des prix, les unes plus stériles que les autres, ni les propositions et contre-propositions des différents acteurs sociaux. Les citoyens n’auront qu’à essayer de déchiffrer ce que les médias leur transmettent. Et tant pis pour ceux qui sont désorientés.

 

Au terme donc de la réunion d’hier de la commission de l’indice des prix qui devait être la dernière et donc la « salvatrice », les citoyens n’en sont pas plus avancés, et pour cause : l’alliance patronat/syndicats n’a pas réussi à faire accepter sa proposition commune, pourtant avalisée par la plus haute instance du pouvoir exécutif, le président de la République. De son côté, le ministre du Travail Charbel Nahas campe encore et toujours sur ses positions, et fort de l’approbation récente par le Conseil d’État de la dernière mouture de son projet, il entend le soumettre à la prochaine réunion du Conseil des ministres. Passera ? Passera pas ? En tout cas, les indemnités de transport, il y tient. Et ils seront ajoutés au salaire de base...

Dans les détails, après s’être réunis, en vain, mercredi, quatre heures durant, le ministre du Travail avait appelé à une « dernière » réunion avec les acteurs sociaux ; réunion qui devait aboutir à l’accord de tous. Sauf que, hélas, il n’en est rien. Le secteur privé et les syndicats ne veulent pas remettre en question le document qualifié d’historique, signé au palais de Baabda en date du 21 décembre dernier. M. Nahas, lui, ne juge pas bon de voir en cet accord une solution qui réunit pour une fois les différentes parties concernées. « Les organismes économiques tiennent à l’accord signé avec la CGTL », a martelé le représentant des organismes économiques, le président de l’Association des commerçants de Beyrouth Nicolas Chammas à l’issue de la réunion d’hier. « Si l’on prend en considération le ralentissement de la croissance couplé à la hausse du taux d’inflation, la formule conçue avec les syndicats est une formule magique et c’est celle qu’il faut adopter si le but est d’améliorer le niveau de vie des ménages », a-t-il ajouté.

Même son de cloche pour le président de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL) Ghassan Ghosn qui a rappelé que les mouvements syndicaux ont toujours défendu la cause des salariés et que ces mêmes syndicats avaient accepté plusieurs compromis de manière à ne pas alourdir les coûts salariaux, tout en respectant le bien-être des salariés.

« Les indemnités de transport sont des droits acquis. Le Conseil des ministres, le ministère du Travail, et le Conseil d’État n’ont pas le droit d’annuler cet acquis s’ils prétendent protéger les droits des travailleurs », a souligné M. Ghosn. À ce sujet, le président de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban (CCIAB) Mohammad Choucair a indiqué que l’ajout des indemnités de transport au salaire de base coûtera 1,5 milliard de dollars de plus à la Caisse nationale de Sécurité sociale.

De son côté, le ministre du Travail a défendu la dernière mouture de son projet en soulignant que le gouvernement avait « le droit et le devoir d’augmenter les salaires selon des pourcentages proportionnels à l’accroissement du taux d’inflation » ; un taux d’inflation égal à 100 % si l’on prend comme année de base l’année 1995, comme le suggère le ministre Nahas.

Rappelons que le Conseil d’État avait approuvé mercredi le projet de ce dernier qui porte le salaire minimum à 800 mille livres. Les salaires s’étendant jusqu’à 1 million de livres recevraient une augmentation de 100 % avec un plafond de 600 mille livres. Une hausse de 25 % est également prévue sur la tranche de salaire incluse entre 1,5 million et 2,5 millions de livres.

Les salaires, c’est un peu la blague du moment. Sauf qu’elle est très peu drôle, voire pas du tout. Elle s’inscrit dans un contexte de précarité socio-économique grandissante et aura eu au moins le mérite (le seul ?) de réunir les salariés dans une angoisse commune : celle de savoir si oui ou non ils verront leurs fins de mois s’arrondir, et surtout de combien.
À ce stade, on ne compte plus. Ni les approbations ni les refus du Conseil d’État. Ni les innombrables réunions de la commission de l’indice des prix, les unes plus stériles que les autres, ni les propositions et contre-propositions des différents acteurs sociaux. Les citoyens n’auront qu’à essayer de déchiffrer ce que les médias leur transmettent. Et tant pis pour ceux qui sont désorientés.
 
Au terme donc de la réunion d’hier de la...
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