Dans les détails, le Conseil d’État a demandé que la hausse des salaires soit basée sur des études concrètes qui reflètent le niveau de vie des citoyens et a insisté sur le fait que le salaire minimum, qui devrait être relevé à 800 000 LL selon la nouvelle mouture du projet Nahas, doit nécessairement couvrir les dépenses indispensables des ménages et ce en accord avec l’article 44 du code du travail. Toujours selon le Conseil d’État, le salaire minimum ne peut être réduit selon l’article 2 de l’Organisation internationale du travail.
Le Conseil d’État est également revenu sur les 200 mille livres de hausse qui avaient été octroyées en 2008 et dont le ministre du Travail suggérait l’annulation, avant de soumettre les salaires à une hausse. « L’annulation de la somme de 200 000 LL doit d’abord faire suite à l’annulation du décret 500 du 14 octobre 2008 qui avait précédé cette hausse », a affirmé le Conseil d’État.
Parallèlement, l’instance judiciaire a rejeté la proposition du ministre du Travail selon laquelle les patrons débourseraient jusqu’à 125 000 LL par mois sous forme d’aides au transport.
La nouvelle mouture du ministre Nahas propose que les salaires s’étendant jusqu’à 1 million de livres reçoivent une augmentation de 100 % avec un plafond de 600 000 livres. Une hausse de 25 % est aussi prévue sur la tranche de salaire incluse entre 1,5 million et 2,5 millions de livres. « Une aberration », selon le président de l’Association des commerçants de Beyrouth et représentant du patronat au sein de l’indice des prix, Nicolas Chammas, interrogé par L’OLJ, qui met en garde contre un accroissement du taux d’inflation et une augmentation des loyers.
De son côté, le ministre Nahas a indiqué que les organismes économiques ainsi que les syndicats n’avaient pas pris son projet sur la hausse des salaires au sérieux. S’adressant à un parterre de jeunes au palais de l’Unesco à l’occasion d’une rencontre organisée par l’Union de la jeunesse démocratique libanaise, le ministre du Travail a déclaré qu’il ne signera pas un décret qui s’oppose à la Constitution et qui ne prend pas en considération une majoration concrète des salaires.
Quatre heures de réunion pour rien
De leur côté, les organismes économiques ont estimé qu’un décret de loi approuvé sous quelques réserves est l’équivalent d’un décret qui n’a pas été approuvé. Le président du Rassemblement des chefs d’entreprise libanais, Fouad Zmokhol, a ainsi indiqué à L’OLJ que les organismes économiques sont d’accord pour affirmer que la nouvelle mouture du projet Nahas n’a pas vraiment été approuvée par le Conseil d’État.
La commission de l’indice des prix qui regroupe des représentants de tous les acteurs socio-économiques s’est réunie hier 4 heures durant en vain, le ministre du Travail s’accrochant plus que jamais à l’addition des indemnités de transport au salaire de base. À l’issue de débats stériles, les agents économiques ont décidé de reporter les discussions à cet après-midi. Le ministre du Travail a demandé aux représentants des syndicats et du patronat de se concerter pour arriver aujourd’hui à une proposition finale. Selon des informations rapportées par L’OLJ, ces derniers ont réitéré une énième fois qu’ils s’en tiendraient à l’accord signé le 21 décembre dernier.
Pour Nicolas Chammas, il est essentiel de mettre l’accent sur la solidarité qui régnait entre le patronat et les représentants des syndicats durant la réunion. « Nous avons demandé au ministre du Travail de protéger l’accord historique que nous avons signé avec les syndicats » ; un accord qui, selon M. Chammas, est « une formule magique à la fois réaliste économiquement et équitable socialement ». Toutefois, le représentant de la commission de coopération syndicale Nehmé Mahfoud s’est démarqué de l’accord signé entre la CGTL et le patronat ainsi que de la proposition du ministre du Travail. Il a qualifié les débats qui ont lieu depuis des mois de « chèques sans provision ». À l’issue de la rencontre, il a ainsi annoncé qu’il ne prendrait pas part à la réunion de cet après-midi qui devrait se tenir à 14 heures.
Dans les détails, le Conseil d’État a demandé que la hausse des salaires soit basée sur des études concrètes qui reflètent le niveau de vie des citoyens et a insisté sur le fait que le salaire minimum, qui devrait être relevé à 800 000 LL selon la nouvelle mouture du projet Nahas, doit nécessairement couvrir les dépenses indispensables des ménages et ce en accord avec l’article 44...


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