Mais comment est donc fabriqué ce gouvernement, pour qu’à chaque fois que l’un de ses bouffons détient une briquette de pouvoir, il se croit obligé de foncer, torse au vent, à la fois contre ses rivaux et ses alliés, juste pour flatter l’ego surdimensionné de son patron politique !
Bébel Nahas ne trouve plus le sommeil, depuis que le Conseil d’État a taillé dans sa copie sur les fiches de paie des salariés. Et quand on dit tailler, c’est pas la petite circoncision à la lime à ongle, mais la grosse charcutaille au sabre de Commandeur.
Flingué, l’interventionnisme bouillant et brouillon du taliban bolchévique dans la détermination de la cherté de vie et les modalités de son application. En posant son fessier sur la liberté de négociation entre les partenaires sociaux, le ministre a sans doute exagérément préjugé de l’influence divine du Sayyed Barbu dans le giron duquel Orangina était venu il y a peu renifler quelque réconfort.
Shootée aussi, la négligence chronique des différents gouvernements à publier en toute transparence l’indice annuel de cherté. À force de médiocrité dans sa gestion, la classe politique finira par ramener le Liban à l’Albanie d’Enver Hoxha : la canaille à vélo, la racaille à dos d’âne... et les ministres dans leurs bahuts officiels chrome et platine. Cela, dans un pays où même la police – il n’y a pas de sot métier – se pavane en monstre 4X4 à 50 000 dollars le caisson monté sur roulettes !
Dézinguée enfin, l’intégration au salaire de l’indemnité de transport, qui a gâché l’euphorie des fêtes aux grands patrons, lesquels ont dégobillé leur caviar en poussant des cris d’orfraie à l’heure où justement le cours de l’or frais atteint des sommets himalayens.
Pour une fois qu’une instance judiciaire fait correctement son boulot, les ministres aounolâtres ont choisi de faire la gueule, ce qui ne les change pas beaucoup. Résultat : il ne reste plus aux autres choristes du gouvernement qu’à rédiger l’épitaphe du projet de Bébel. Ni fleurs ni couronnes. Dans son plan de budget 2012, Mohammad Safadi offrira impôts à sa mémoire.
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