C’est à partir de ce constat que le chef du CPL se prépare à l’aube de cette nouvelle année à mener la bataille des nominations administratives, dont il compte faire sa priorité absolue. Il est conscient, en effet, qu’en remportant cette bataille-ci, autrement dit en faisant entrer en masse ses partisans au sein des diverses administrations publiques, il accroîtrait grandement ses chances de victoire aux législatives de 2013, du fait des énormes possibilités de services que l’administration serait en mesure d’offrir aux candidats du CPL aux élections.
Voilà pourquoi le général Aoun insiste sur la nécessité d’un accord global sur les nominations et rejette tout morcellement du dossier. Il veut connaître au préalable le poids de la part qui lui reviendra, de sorte que si elle n’était pas satisfaisante à ses yeux, il demanderait aux dix ministres du bloc du Changement et de la Réforme de présenter leur démission du gouvernement.
Mais un « package deal » sur les nominations exigerait beaucoup de temps pour des raisons à la fois politiques et techniques, chaque candidat à un poste important devant notamment recevoir l’investiture non seulement des divers acteurs gouvernementaux, mais aussi des appareils de contrôle au sein de la fonction publique.
En tout état de cause, le chef du CPL sait parfaitement qu’en cas de résultats mitigés sur le plan des nominations comme sur celui des projets à forte valeur ajoutée, comme l’électricité, l’eau et les ressources énergétiques, le maintien de ses troupes au sein du cabinet risquerait d’être nuisible, du point de vue populaire, à ses candidats en 2013.
Mais la décision de sortir du gouvernement pose plusieurs interrogations qui restent pour l’instant sans réponses : tout d’abord le général est-il prêt à prendre une décision de cette importance sans coordination avec ses alliés, en particulier le Hezbollah ? Ce dernier serait-il d’accord pour renverser le cabinet à un moment donné, de sorte à susciter une crise politique et à installer le pays dans le vide ?
Ensuite, l’Iran et le régime syrien ont-ils intérêt à provoquer une crise ministérielle et un vide au Liban à l’heure où la confrontation s’aggrave en Syrie et que les rapports entre l’Iran et l’Occident se détériorent de façon dramatique ?
Face au général Aoun, les proches du président Sleiman inversent, pour leur part, les priorités. Pour eux, le plus important à l’heure actuelle est de faire passer le projet de budget 2012 avant toute autre question. Une fois le budget adopté, la chute du gouvernement et sa transformation en cabinet d’expédition des affaires courantes serait un moindre mal, en attendant la formation d’une équipe indépendante et homogène qui aurait pour tâche de superviser les élections et de procéder aux nominations...


Dans ce débat, je n'aurai rien à ajouter étant donné que Mr Hénoud Wassim a tout dit et bien dit. Ali aussi.
07 h 34, le 04 janvier 2012