L’opposition syrienne a appelé à une réunion d’urgence de la Ligue arabe et du Conseil de sécurité faisant état de « massacres » qu’aurait perpétrés le régime, à la veille du début de la mission d’observateurs arabes censés mettre fin aux violences.
Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS) demande aussi au Conseil de sécurité de déclarer les villes attaquées « zones de sécurité » afin qu’elles bénéficient d’une protection internationale et d’obliger les forces du régime à se retirer de ces zones. Le CNS parle en outre d’un « génocide à grande échelle », en particulier dans les montagnes de Zaouia, à Idleb et à Homs, et exhorte les agences humanitaires à intervenir en urgence.
Le CNS a également appelé les Syriens à l’étranger, « leurs frères arabes et tous les défenseurs de la liberté à organiser des manifestations massives » devant les représentations diplomatiques syriennes dans le monde.
Damas a aussitôt accusé l’opposition de vouloir saboter la mission d’observation de la Ligue arabe qui doit débuter aujourd’hui. Rappelons que le n° 2 de la Ligue arabe, Ahmad ben Helli, avait annoncé mardi qu’une équipe d’observateurs dirigée par Samir Seif el-Yazal, assistant du secrétaire général, se rendrait à Damas aujourd’hui. Ces observateurs doivent suivre l’application d’un plan de sortie de crise qui prévoit l’arrêt de la répression, la libération de personnes emprisonnées lors de manifestations et le retrait de l’armée des villes.
Washington, Paris et l’ONU dénoncent
Pour sa part, Washington a mis en garde Damas contre de « nouvelles mesures » internationales, assurant que les « actes révoltants et déplorables » commis contre les civils démontrent que M. Assad « ne mérite pas de gouverner la Syrie ». « Deux jours seulement après la décision du régime Assad de signer l’initiative de la Ligue arabe, il a déjà violé de façon flagrante son engagement à mettre fin aux violences et à retirer les forces de sécurité des zones résidentielles », a observé le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.
La France a, de son côté, dénoncé une « tuerie d’ampleur sans précédent » mardi et appelé la Russie à « accélérer » les négociations au Conseil de sécurité sur son projet de résolution. Ce projet prévoit de condamner les violences « commises par toutes les parties », mais Paris l’a jugé inacceptable en l’état car il ne fait pas de différence entre les forces répressives du régime et les manifestants.
Pour sa part, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit « extrêmement inquiet » de l’augmentation des violences en Syrie et a appelé Damas à « coopérer pleinement » pour l’application du plan de sortie de crise de la Ligue arabe, a indiqué son porte-parole.
Sur le terrain hier, des dizaines de chars ont pris d’assaut Daël dans la province de Deraa pour briser la grève en cours depuis plus d’une semaine, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), faisant état de « tirs nourris et d’un grand nombre de blessés ». Vingt-deux personnes, dont six militaires dissidents, un civil et 15 membres des forces gouvernementales, ont péri dans cette région, berceau de la révolte populaire. Selon des militants et la chaîne al-Jazira, le bilan était hier de 38 morts.
De son côté, l’agence de presse officielle SANA a fait état de deux tués et sept blessés, dont un colonel, dans des attaques hier à Homs. Selon SANA, un passager a été tué et six autres ont été blessés dans l’attaque de trois bus par « un groupe terroriste armé » à l’entrée de Homs alors que le chauffeur d’un bus de l’armée a été tué « par un groupe armé » alors qu’il allait chercher des employés. En outre, un colonel a été amputé des deux jambes par le tir d’une roquette RPG contre son véhicule.
Par ailleurs, les Comités locaux de coordination (LCC) ont annoncé hier à la chaîne el-Arabiya l’arrivée en Turquie du général de brigade dissident Moustapha el-Sheikh, après sa fuite de Syrie.
Avec 250 morts en 48 heures – 123 civils tués pour la seule journée de mardi – cette dernière a ainsi été l’une des plus meurtrières depuis le début mi-mars de la révolte antirégime, dont la répression a fait, selon une estimation de l’ONU, plus de 5 000 morts.
(Sources : agences et rédaction)
Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS) demande aussi au Conseil de sécurité de déclarer les villes attaquées « zones de sécurité » afin qu’elles bénéficient d’une protection internationale et d’obliger les forces du régime à se retirer de ces zones. Le CNS parle en outre d’un « génocide à grande échelle », en particulier dans les montagnes de Zaouia, à Idleb et à Homs, et exhorte les agences humanitaires à intervenir en urgence.
Le CNS a également appelé les Syriens à l’étranger, « leurs frères arabes et tous les...


