Les enseignants : à la pointe du mouvement social. Photo Marwan Assaf
À l’appel du comité de coordination syndical dans les écoles secondaires publiques, près de 4 000 manifestants ont défilé hier de la rue Béchara el-Khoury à la place Riad el-Solh, en passant par Bachoura. Les manifestants en colère entendaient protester contre le récent décret de rajustement des salaires, qu’ils jugent largement insuffisant. La grève a paralysé la plupart des écoles du Liban, encore qu’elle ait été imparfaitement suivie, ce qui a valu à certains établissements des propos menaçants.
En échange des 600 000 LL de salaire minimum décidé par le gouvernement, le président du comité de coordination syndical, Hanna Gharib, a réclamé un rajustement proportionnel à la hausse des prix depuis 1996, date du dernier rajustement des salaires. Ceux-ci ont augmenté de 100 %, a-t-il dit, réclamant une hausse correspondante du salaire minimum, ainsi que des majorations de 60,40 et 20 % sur les tranches supérieures des salaires. À défaut, M. Gharib a menacé le gouvernement d’une escalade du mouvement revendicatif et de grèves à répétition.
Mises en garde
Pour sa part, Nehmé Mahfoud, président du syndicat des enseignants des écoles privées, a mis en garde les directeurs d’écoles contre les pressions qu’ils exercent pour empêcher le personnel enseignant de se joindre à la grève. M. Mahfoud a affirmé qu’il les connaît « un par un » et que la justice pourrait être appelée à trancher d’éventuels conflits qui éclateraient. « Le droit de manifester, a-t-il rappelé, figure dans la Constitution. »
Parallèlement à ce mouvement de grève, le président du comité central des professeurs contractuels du secondaire, Hamzé Mansour, a appelé les enseignants à se joindre à la grève générale décidée par le CGTL pour le 27 décembre. M. Mansour a même invité la CGTL à étendre la grève au 28 décembre.
Le transport aérien et les professeurs de l’UL
De son côté, le conseil exécutif de la fédération du transport aérien a dénoncé hier l’embauche de personnel étranger à l’aéroport de Beyrouth, « une pratique qui, a-t-il accusé, se répand de plus en plus ». Cette pratique réduit la qualité des services à l’aéroport, a-t-il dit, avant de proclamer son appui à la grève du 27 décembre.
Enfin, les professeurs « indépendants démocrates » de l’Université libanaise ont adressé hier au président de la Chambre Nabih Berry et aux commissions parlementaires un mémorandum dans lequel ils ont réclamé une hausse substantielle de leurs traitements et la titularisation de tous les contractuels de l’UL, dans le but de relever le niveau académique de l’institution.
« En 1990, dit le mémorandum, les étudiants de l’UL étaient 50 000, alors qu’ils étaient 40 000 dans l’ensemble des universités privées. En 2006, ces chiffres sont passés à, respectivement, 70 000 et 120 000 ».
« Si la croissance des universités privées est telle, explique le communiqué, c’est parce que les traitements sont bien plus motivants dans le privé que dans le public. À l’UL, l’heure est payée de 37 000 à 50 000 LL, alors que dans les universités privées, elle varie entre 50 à 80 dollars. D’où l’exode des cerveaux du public vers le privé, ou vers l’étranger. »
Rappelons que les professeurs de l’UL sont au nombre de 1 671, dont 1 043 cadrés et 628 contractuels.
En échange des 600 000 LL de salaire minimum décidé par le gouvernement, le président du comité de coordination syndical, Hanna Gharib, a réclamé un rajustement proportionnel à la hausse des prix depuis 1996, date du dernier rajustement des salaires. Ceux-ci ont augmenté de 100 %, a-t-il dit, réclamant une...

