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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Complètement Finul

Cette propension qu’ont les Libanais à déglinguer tout ce qui leur tombe entre les mains. Voici maintenant le tour de la Finul, qui vient de faire les frais d’une poignée de patibulaires anonymes affamés d’héroïsme exotique. Au point que l’ambassadeur de France a publiquement évoqué une « révision stratégique » de sa mission. Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! Certes, ce n’est pas encore la débandade, mais disons qu’à ce stade les valises ne sont pas bien loin...
La tuile arrive à l’heure même où des excités de la gâchette s’amusent à balancer des roquettes à la sauvette, jouant les messagers pour le compte du Timonier d’Assadie, courageusement planqué dans son palais Louis Baas en or massif. En jargon psy, on pourrait dire que ces spadassins développent des pulsions agressives à tendances nettement régressives. Sous les pavés, la plage... et sous les katiouchas, la dernière couche de rage !
Un bonheur n’arrivant jamais seul, il a fallu compter en plus avec l’impayable Istiz Nabeuh, pris en flagrant délit d’intelligence : au commandant de la Finul invité chez lui pour un brin de causette, il lui a sorti le gag du triptyque « armée-peuple-résistance ». Question sans doute de bien lui faire comprendre qu’il s’essuyait les pieds sur la 1701.
La première grosse rigolade viendra le jour où les Casques bleus remballeront leur barda et nous enverrons voir ailleurs s’ils y sont. Quant à la deuxième poilade, elle arrivera quand sur une lubie, les Israéliens foutront la panique dans le landernau en larguant le trou de Chebaa, comme ils l’ont fait en mai 2000 dans la zone frontalière. Faudra alors vite trouver un nouveau prétexte pour continuer la guerre à la place des Syriens et sauver les barbus du chômage. C’est connu, les Libanais crèvent la dalle sous le poids de la cherté et de la crise économique, mais ils s’en fichent : ils sont impatients de récupérer le Golan et la Palestine.
Ce sera alors le gracieux ballet de roquettes au soleil couchant, puis le retour de bâton des F-16 israéliens avec la rosée du petit matin. Nous aurons les orgues de Staline pour les jours de fête et le piano de Chopin pour les nuits de deuil. Joyeux.
Proche-Orient, zone débile et paradis des mutants bienheureux... Ce n’est pas un outrage, mais un diagnostic.

gabynasr@lorientlejour.com
Cette propension qu’ont les Libanais à déglinguer tout ce qui leur tombe entre les mains. Voici maintenant le tour de la Finul, qui vient de faire les frais d’une poignée de patibulaires anonymes affamés d’héroïsme exotique. Au point que l’ambassadeur de France a publiquement évoqué une « révision stratégique » de sa mission. Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! Certes, ce n’est pas encore la débandade, mais disons qu’à ce stade les valises ne sont pas bien loin...La tuile arrive à l’heure même où des excités de la gâchette s’amusent à balancer des roquettes à la sauvette, jouant les messagers pour le compte du Timonier d’Assadie, courageusement planqué dans son palais Louis Baas en or massif. En jargon psy, on pourrait dire que ces spadassins développent des pulsions agressives...
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