En parallèle, Barclays Capital a indiqué que les décisions récentes du gouvernement en matière de dépenses pourraient compromettre une certaine discipline fiscale et que le projet du budget 2012 tel qu’il a été présenté pourrait menacer les acquis économiques en aggravant le risque souverain.
En outre, la plupart des dépenses du gouvernement cette année ont concerné des dépenses courantes qui ne sont pas soumises à des taux d’intérêt, a indiqué la banque d’investissement. Ce type de dépenses a augmenté de plus de 9 % en glissement annuel et est susceptible de croître davantage étant donné l’augmentation des salaires prévue. Par ailleurs, l’approbation du gouvernement concernant plusieurs dépenses supplémentaires, à savoir l’investissement de 1,2 milliard de dollars dans le secteur de l’électricité, ne s’inscrit pas dans le cadre de dépenses à moyen terme, d’une part. D’autre part, la capacité du gouvernement à contenir le coût de la dette pourrait devenir plus difficile du fait du contexte politique, ce qui pourrait se répercuter sur les bilans des banques et conduire ainsi à de nouveaux dérapages budgétaires en 2012.
Selon Barclays Capital, il est ainsi urgent pour le gouvernement d’adopter une politique budgétaire précise ; une des lacunes de ces six dernières années, selon le rapport. Toujours selon la banque d’investissement, il est nécessaire de mettre en place une politique fiscale « cohérente et transparente ». Barclays Capital a ainsi revu ses prévisions pour le déficit budgétaire de 8,5 % du PIB à 9 % en 2012, et s’attend à un excédent primaire reculant de 2,5 % du PIB en 2011 à 1,2 % du PIB en 2012.
En novembre dernier, le Fonds monétaire international, (FMI) avait déjà recommandé au Liban d’adopter un budget « prudent » pour 2012 en raison notamment des incertitudes économiques occasionnées par les troubles en Syrie. « La croissance pourrait s’accélérer à 3 ou 4 % en 2012, avait indiqué l’institution, mais les risques sont élevés de ne pas voir cette prévision se matérialiser. »

