Moyen Orient et Monde

L’Italie cherche à comprendre après la tuerie de deux Sénégalais à Florence

Éclairage Dakar déterminé à « faire toute la lumière sur cette affaire ».
OLJ
15/12/2011
L’Italie s’interrogeait hier sur le geste d’un militant d’extrême droite qui a tué mardi deux vendeurs ambulants sénégalais sur deux marchés de Florence, oscillant entre la thèse de l’acte isolé d’un déséquilibré et des comparaisons avec la tuerie d’Oslo.
« Nous sommes seulement en présence d’un individu qui, avant de tuer de pauvres gens à coups de feu, avait déjà montré qu’il n’était pas entièrement sain d’esprit. Un fou, rien de plus », relativise l’éditorialiste Vittorio Feltri dans Il Giornale (droite), quotidien de la famille Berlusconi. Une analyse prise en contrepied dans La Repubblica (gauche) par Adriano Sofri, qui lance une mise en garde dans un éditorial : « Ne traitons pas de fous nos Breivik », en allusion à l’auteur du massacre de 77 personnes en Norvège le 22 juillet. Contre la thèse de l’acte isolé, il rappelle le pogrom anti-Rom déclenché samedi à Turin après l’annonce d’un viol inventé par une Italienne de 16 ans : une horde déchaînée avait mis le feu à un camp de Rom dans la banlieue de la métropole piémontaine. Dans les colonnes du quotidien La Stampa (modéré), l’éditorialiste Gianni Riotta va encore plus loin : « Existe-t-il un lien entre la crise du débit européen, l’impuissance manifestée lors des sommets et la tragédie de Florence ? »
Gianluca Casseri, qui s’est suicidé à l’issue de son expédition sanguinaire, était membre de Casa Pound, une organisation d’extrême-droite qui nie tout racisme et s’est fortement dissociée de son geste. Casseri était auteur de livres de science-fiction mais aussi d’essais antisémites : dans les Protocoles du sage d’Alessandria, il niait notamment l’existence de l’Holocauste.
Face à cette tragédie, la classe politique s’est montrée unanime pour condamner « la folie raciste et xénophobe d’un geste isolé », selon les propres mots du maire de Florence, Matteo Renzi. Florence a « les anticorps pour stopper qui prône la haine » et le racisme, a-t-il affirmé. Cette affaire « ne correspond pas à Florence (...) une ville ouverte, plurielle », a-t-il ajouté. Le maire a proclamé hier journée de deuil et les commerçants ont abaissé leurs rideaux de fer pendant dix minutes par solidarité avec les victimes. Au niveau national, la Chambre des députés a observé une minute de silence lors de ses travaux et le président de la République, Giorgio Napolitano, a condamné un « assassinat barbare ». Le gouvernement sénégalais s’est déclaré, lui, indigné par « le meurtre odieux » et décidé à « faire toute la lumière sur cette affaire ».
(Source : AFP)

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