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À La Une - Liban - Censure

Le Prix Albert-Londres solidaire de Danielle Arbid

Interdit de sortie au Liban, "Beyrouth Hotel" sera diffusé sur Arte le 20 janvier dans sa version intégrale.

L'actrice Darine Hamzé (droite) et Danielle Arbid au festival de Dubaï. Ammar ABD RABBO

L'Association du Prix Albert-Londres a exprimé mardi "sa solidarité" avec la réalisatrice franco-libanaise Danielle Arbid, lauréate du Prix en 2001, dont le 3e long métrage de fiction "Beyrouth Hotel" est censuré au Liban.

"Les censeurs devraient savoir que leur action met un coup de projecteur sur les œuvres qu'ils entendent soustraire au public", remarque l'association dans un communiqué. "Toutes les censures qu'elles soient d'ordre moral, politique, économique ou religieux sont condamnables", estime-t-elle.

Le bureau de censure de la Sûreté générale a annulé la sortie de "Beyrouth Hotel", prévue le 19 janvier, en raison ded références qui y étaient faites à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005.


"Beyrouth Hotel est une pure fiction. Le film s’inspire de faits relatés dans les journaux, mais ne livre aucun scoop, ni ne milite pour ou contre aucun parti libanais", s'est insurgée, hier, Danielle Arbid citée dans le communiqué.

"C’est surtout une histoire d’amour entre Zoha (Darine Hamzé) et Mathieu (Charles Berling) dans un climat tendu, à Beyrouth aujourd’hui", a-t-elle ajouté, parlant d'une "romance sur le fil à l’image d’un pays vacillant entre guerre et paix, où d’un instant à l’autre, tout peut chavirer". La réalisatrice a par ailleurs indiqué à l'AFP qu'elle allait contester cette censure devant la justice. Selon le bureau de censure, les producteurs avaient dans un premier temps accepté et signé une demande d'enlever toute référence à l'assassinat de Rafic Hariri, avant de changer d'avis par la suite.

 

"Nous n'avons pas dit que c'était dangereux pour la sécurité du Liban, nous contestons le fait que le film mentionne explicitement cet assassinat alors que la démarche juridique n'est pas terminée", a indiqué le bureau à l'AFP, en allusion au fait que l'affaire est actuellement entre les mains de la justice. "Ils disent que c'est de la fiction, mais le meurtre a bel et bien eu lieu. Changer les faits, ce n'est pas de la liberté", ajoute-t-il.

 

Contactée par l'AFP, Jinane Dagher de Ourjouane productions, a affirmé que le film se basait comme beaucoup d'autres sur des faits réels mais que toute la trame était une fiction. "Nous n'allons rien changer au scénario du film. La censure est de toute façon absurde", a-t-elle ajouté.

 

 

Les films de Mme Arbid avaient déjà rencontré par le passé des difficultés au Liban, rappelle la production : son premier long métrage "Dans les champs de bataille" (2004) avait été interdit aux moins de 18 ans et le deuxième, "Un homme perdu" (2007), avait été accusé "d'obscénités" et censuré. Les autorités avaient demandé à la jeune femme de couper une dizaine de séquences pour accepter sa sortie.

 

"Beyrouth Hotel", déjà présenté en compétition officielle au festival de Locarno, est actuellement en compétition au festival de Dubaï. "C'est ironique que le film passe à Dubaï et pas au Liban", a souligné Mme Dagher.

 

Le film sera diffusé sur Arte le 20 janvier dans sa version intégrale.

 

Lire aussi dans notre édition de lundi : Les producteurs du film "Beirut Hotel", interdit par la SG, s’en remettent à la justice

L'Association du Prix Albert-Londres a exprimé mardi "sa solidarité" avec la réalisatrice franco-libanaise Danielle Arbid, lauréate du Prix en 2001, dont le 3e long métrage de fiction "Beyrouth Hotel" est censuré au Liban."Les censeurs devraient savoir que leur action met un coup de projecteur sur les œuvres qu'ils entendent soustraire au public", remarque l'association dans un communiqué. "Toutes les censures qu'elles soient d'ordre moral, politique, économique ou religieux sont condamnables", estime-t-elle.Le bureau de censure de la Sûreté générale a annulé la sortie de "Beyrouth Hotel", prévue le 19 janvier, en raison ded références qui y étaient faites à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, en 2005.
"Beyrouth Hotel est une pure fiction. Le film s’inspire de faits relatés dans les journaux,...
commentaires (6)

Merci, je viens d'apprendre un nouveau mot ! En fait non, il n'y a pas de différence parce que de toute façon Rose est contente.

Robert Malek

06 h 11, le 14 décembre 2011

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Commentaires (6)

  • Merci, je viens d'apprendre un nouveau mot ! En fait non, il n'y a pas de différence parce que de toute façon Rose est contente.

    Robert Malek

    06 h 11, le 14 décembre 2011

  • Puisqu'on est dans les "ose", je dirai qu'il s'agit carrément d'apoptose.

    Tina Chamoun

    05 h 51, le 14 décembre 2011

  • Tina, sais-tu quelle différence il y a entre arthrose et nécrose ?

    Robert Malek

    03 h 48, le 14 décembre 2011

  • Zut Robert, t'avais vraiment besoin d'annoncer la diffusion du film sur ARTE ? Tu vas gâcher la soirée des petits de zélés de la SG qui vont devoir le regarder. ARTE, késako?

    Tina Chamoun

    14 h 16, le 13 décembre 2011

  • C'est n'importe quoi comme prétexte, il y a bien des films qui se font sur un sujet ou une personne dont le processus juridique n'est pas terminé. Quand allons-nous nous débarrasser au Liban de ce fanatisme et de ces susceptibilités de toutes parts ? Et que va faire la SG le 20 janvier prochain ? Elle va brouiller la diffusion d'Arte ?

    Robert Malek

    13 h 03, le 13 décembre 2011

  • Il faut bien se mettre dans la tête que la projection d'un film, fiction est-il appelé ou autre, qui relate l'assassinat de feu Rafic Hariri, dans la situation actuelle qui prévaut dans le pays, n'est pas du tout désirable. Il pourrait être une provocation pour certains esprits sensibilisés. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    10 h 47, le 13 décembre 2011

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