Comme prévu, la CGTL a décidé d’offrir aux Libanais, comme cadeau de fin d’année, une grève générale d’un jour pour protester contre le rajustement des salaires adopté récemment en Conseil des ministres. En vertu de ce décret, le salaire minimum passe à 600 000 LL, avec des majorations étudiées sur les tranches supérieures des salaires. La décision de grève a été prise par le conseil exécutif de la CGTL, réuni sous la présidence de Ghassan Ghosn.
Un congrès syndical général précédera la grève. Il est prévu pour le 23 décembre.
Faut-il prendre au sérieux cet appel ? Non, estime le comité intersectoriel représentant les enseignants des secteurs public et privé, ainsi que quelques syndicats radicaux. Ces derniers ont décidé de se mettre en grève ce jeudi. Ils marcheront de la rue Béchara el-Khoury, à partir de 11 heures, jusqu’aux abords du Parlement.
La section des enseignants du Courant patriotique libre a publié un communiqué appuyant la grève, et a demandé à ses adhérents de participer en masse à cette marche. Le Hezbollah a également décidé de jeter tout son poids dans la balance.
Dans les milieux syndicaux radicaux, on estime que si M. Ghosn a décidé d’éloigner la date de la grève générale, c’est dans l’espoir qu’elle soit en fin de compte annulée.
Encore une grève pour rien
La grève servira-t-elle à quelque chose ? Il est permis d’en douter. Elle se tient le jour même de la parution du décret de rajustement des salaires au Journal officiel, ce qui rendrait le document exécutoire.
Par ailleurs, malgré les apparences, le CPL pourrait l’accepter, en attendant mieux. En effet, dans les milieux du courant aouniste, on assurait hier que le projet de rajustement du salaire minimum du ministre du Travail, Charbel Nahas, « n’est pas rangé », mais qu’un projet de cette ampleur et de cette complexité ne pouvait être examiné et approuvé par les ministres en une seule séance. C’est l’avis, en particulier, du ministre de l’Industrie, Vrej Sabounjian. Autrement dit, on pourrait se contenter, pour le moment, d’approuver le décret actuel, quitte à le corriger à la hausse, à une étape ultérieure.
Les associations économiques, de leur côté, ont pris acte de la décision de rajustement des salaires et ont tenu des assises générales pour en convenir. La réunion a suivi un tête-à-tête entre le Premier ministre, Nagib Mikati, et leur président, Adnane Kassar.
Mais si le décret de rajustement n’a plus été contesté, des réserves structurelles ont été exprimées. Les associations économiques ont souhaité que les discussions sur ce sujet se tiennent, la prochaine fois, au sein du Conseil économique et social. En d’autres termes, ils souhaitent que ces discussions soient tripartites, et englobent des contacts directs et simultanés entre les associations économiques, la CGTL et l’État, et non pas comme cela vient de se passer, entre deux partenaires sociaux, avec l’État comme agent de liaison et décideur.
Mécontentement des comités des parents
Dans les écoles, les comités des parents sont mécontents. « Les payeurs ce sera nous », ont estimé ces comités. Forts de leurs expériences antérieures, les parents savent en effet qu’ils sont le maillon faible du contrat scolaire, et que les écoles finiront toujours par leur faire payer toute majoration des salaires que les enseignants obtiendront.
Comble d’injustice, le ministre de l’Économie, Nicolas Nahas, à qui l’on doit les 600 000 LL de rajustement, a assuré hier que le ministre des Finances, Mohammad Safadi, étudie en ce moment un projet de relèvement de la TVA destiné à lever les fonds nécessaires pour financer la majoration dans le secteur public. M. Nahas a ajouté que « toute majoration perd de sa valeur si elle entraîne une inflation ».
En résumé : l’inflation est là, la majoration perdra de sa valeur et la TVA sera augmentée. Beau programme !
Un congrès syndical général précédera la grève. Il est prévu pour le 23 décembre.
Faut-il prendre au sérieux cet appel ? Non, estime le comité intersectoriel représentant les enseignants des secteurs public et privé, ainsi que quelques syndicats radicaux. Ces derniers ont décidé de se mettre en grève ce jeudi. Ils marcheront de la rue Béchara el-Khoury,...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef