Des évêques même critiquent le refus du Vatican d'évoluer sur la question de l'annulation du mariage. Filippo Monteforte/AFP
Le Vatican semble désormais prêt à envisager des annulations de mariages quand il juge que la conviction religieuse des conjoints est insuffisante, alors que ses positions rigides sur le mariage et le divorce sont incomprises jusqu'en son sein.
Contrairement aux autres Eglises qui se montrent plus souples, l'Eglise catholique insiste sur l'indissolubilité du mariage, voulue, selon elle, par le Christ et que le pape ne peut remettre en cause. En conséquence, la communion demeure interdite aux divorcés remariés, le divorce rompant un sacrement. Or la contestation s'amplifie. Dans le pays natal du pape, l'Allemagne, et dans l'Autriche voisine, des campagnes de signatures de prêtres et de fidèles demandent que les divorcés puissent communier. Des évêques même critiquent le refus du Vatican d'évoluer. Les divorces sont, en outre, devenus courants dans les couples catholiques. Les divorcés remariés passent parfois outre à l'interdiction et vont communier, avec ou sans l'accord tacite de leurs curés.
Ces dernières semaines, de prudentes ouvertures ont néanmoins été remarquées, notamment lors de la tenue à Rome de l'assemblée plénière du Conseil pontifical pour la famille.
Une petite phrase du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans un document "peu connu" de 1998, que le quotidien du Vatican, l'Osservatore Romano, vient de republier, semble montrer un chemin nouveau : "des chrétiens non croyants, baptisés mais (qui) n'ont jamais cru ou ne croient plus en Dieu, peuvent-ils vraiment conclure un mariage sacremental?", se demande le futur Benoît XVI.
Les tribunaux ecclésiastiques reconnaissent traditionnellement deux motifs d'annulations : l'"immaturité affective" ou l'"incapacité pour les conjoints d'assumer leurs obligations conjugales". Une annulation permet aux époux de pouvoir se remarier religieusement et de communier. Désormais, un troisième motif pourrait donc s'ajouter : l'absence de foi alliée à la méconnaissance des engagements sacramentels du mariage. Une attitude fréquente aujourd'hui, selon l'Eglise.
Selon le cardinal Ennio Antonelli, qui dirige le Conseil de la famille, "la validité du mariage peut être mise en question maintenant que la vision chrétienne du mariage (...) n'est plus partagée dans la société civile et dans les mentalités courantes". Dans le même document de 1998, le futur Benoît XVI reconnaissait cependant à quel point il était difficile de juger de l'absence de foi.
Une autre "exception" à l'étude en faveur des divorcés remariés semble se dessiner timidement dans ce même document : un croyant, n'ayant pu obtenir l'annulation de son mariage par un tribunal de l'Eglise et étant "en son for intérieur" convaincu que son mariage était invalide, pourrait aller communier valablement.
Le Saint-Siège reconnaît sans fard l'intensité de la contestation de certains théologiens catholiques, qui lui reprochent d'être légaliste et froid face aux drames de chrétiens qui se sentent marginalisés. Il rétorque que l'Eglise ne peut casser un sacrement mais est parfaitement consciente des drames des conjoints, particulièrement de celui qui est maltraité ou abandonné.
En conséquence, les documents publiés par l'Osservatore Romano insistent sur la nécessité absolue de "ne pas abandonner à leur sort" ces divorcés remariés tentés d'abandonner l'Eglise. "Ils continuent à appartenir à l'Eglise" et à participer à part entière aux célébrations et à la vie de la communauté, la seule interdiction restant la communion, soulignent-ils. Les curés sont par ailleurs incités à être, plus qu'avant, sélectifs face aux candidats au mariage et à exiger d'eux une vraie préparation religieuse.
Contrairement aux autres Eglises qui se montrent plus souples, l'Eglise catholique insiste sur l'indissolubilité du mariage, voulue, selon elle, par le Christ et que le pape ne peut remettre en cause. En conséquence, la communion demeure interdite aux divorcés remariés, le divorce rompant un sacrement. Or la contestation s'amplifie. Dans le pays natal du pape, l'Allemagne, et dans l'Autriche voisine, des campagnes de signatures de prêtres et de fidèles demandent que les divorcés puissent communier. Des évêques même critiquent le refus du Vatican d'évoluer. Les divorces sont, en...

