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Nos lecteurs ont la parole

Il était une fois une jeunesse

Lamia SFEIR DAROUNI
C’est à tous les jeunes de la rue Huvelin de l’époque, qui ont connu cette maudite guerre qui leur a volé leur jeunesse, que j’ai pensé, en lisant l’excellent article de Jean-Georges Prince sur le film Rue Huvelin (L’Orient-Le Jour du 25 novembre). Tous ces jeunes qui ont pris les armes et ont combattu avec courage cet ennemi qu’on invite aujourd’hui à reprendre les rênes du pays. Ces jeunes qui ont bravé la peur, qui sont montés au front (comme on disait à l’époque) et ont défendu leur cause, et leur drapeau. Ces jeunes qui ont vécu les bavures de l’occupant lorsqu’il a gagné la guerre et qui ont vu l’arrogance dans son regard lorsqu’il se pavanait dans nos rues, en semant la terreur parmi la population. Ces jeunes qui ont assisté aux horreurs du sinistre bâtiment du Beaurivage et ont vu la souffrance des mères hurler à l’annonce de la mort de leurs enfants. Ces mêmes jeunes qui, plus tard, se sont faits sauvagement tabasser un jour de 2001, pour avoir osé se révolter contre cet occupant et défendre leur liberté et leur indépendance.
Tout cela, les jeunes de la rue Huvelin d’aujourd’hui ne l’ont pas connu. Ils n’ont pas senti le vent tourner et n’ont pas vécu cette horrible guerre de libération où ceux qui mouraient hier pour leur pays s’entre-tuaient sauvagement. Ils n’ont pas vu le Liban et sa cause mourir. Ils n’ont pas pleuré comme nous notre liberté assassinée, ce 14 février 2005. Car ces jeunes d’aujourd’hui, eux, ne défendent plus leur patrie mais leur parti. Ces jeunes d’aujourd’hui s’insultent et se battent entre frères et parents, pour la cause de leur chef et non celle de leur pays. Ils arborent fièrement le drapeau de leur parti (ou encore celui d’un autre pays, lors de certaines élections), oubliant les couleurs de leur propre drapeau.
En fait, ce n’est pas à ces jeunes que j’en veux, ni à leurs attitudes, qu’ils copient de leurs subordonnés, mais à leurs chefs et leurs leaders qui ont tué en eux la flamme patriotique et les ont divisés au nom de leurs sacro-saintes croyance et liberté. Je leur en veux d’avoir rayé le nom et l’âme du Liban de leur pensée et de leur histoire. Je leur en veux de nourrir en eux la haine entre frères de même sang, de même religion, de même famille, cette haine qui les pousse à se battre au lieu de s’unir contre l’ennemi.
Et si j’ai ressenti beaucoup d’amertume en lisant l’article de Jean-Georges Prince, c’est parce que j’ai pensé à tous ces jeunes de la rue Huvelin de l’époque qui sont morts en défendant leur pays, ceux qui croyaient en un Liban uni, ceux qui brandissaient fièrement le drapeau de leur pays, ceux qui ont sacrifié leur jeunesse pour que vivent ces jeunes d’aujourd’hui.

Lamia SFEIR DAROUNI
C’est à tous les jeunes de la rue Huvelin de l’époque, qui ont connu cette maudite guerre qui leur a volé leur jeunesse, que j’ai pensé, en lisant l’excellent article de Jean-Georges Prince sur le film Rue Huvelin (L’Orient-Le Jour du 25 novembre). Tous ces jeunes qui ont pris les armes et ont combattu avec courage cet ennemi qu’on invite aujourd’hui à reprendre les rênes du pays. Ces jeunes qui ont bravé la peur, qui sont montés au front (comme on disait à l’époque) et ont défendu leur cause, et leur drapeau. Ces jeunes qui ont vécu les bavures de l’occupant lorsqu’il a gagné la guerre et qui ont vu l’arrogance dans son regard lorsqu’il se pavanait dans nos rues, en semant la terreur parmi la population. Ces jeunes qui ont assisté aux horreurs du sinistre bâtiment du Beaurivage et ont vu la...
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