Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Incertitude quant à la source du financement du TSL annoncé par Mikati

Le Premier ministre indique que sa décision ne représente pas "une victoire d'une partie sur une autre".

Nagib Mikati au cours de sa conférence de presse, aujourd'hui. Photo Dalati et Nohra

Le Premier ministre Nagib Mikati a annoncé aujourd'hui que le Liban a transféré sa contribution au financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger les assassins de l'ancien dirigeant Rafic Hariri. "Les dangers auxquels fait face le Liban nécessitent une position courageuse de la part du gouvernement", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse au Sérail. Il a toutefois tenu à préciser que sa décision ne représente pas "une victoire d'une partie sur une autre".

"Cette décision a pour but de préserver l’État libanais et la justice parce qu’il est inconcevable de laisser l’assassinat de Rafic Hariri impuni", a ajouté M. Mikati, tout en appelant les différents parties libanaises à relancer le dialogue afin de "rétablir la confiance nationale". "La stabilité du Liban a toujours été prioritaire aux yeux de ce gouvernement", a conclu le Premier ministre.

 

Cette question divise les Libanais. Le Hezbollah, qui domine le gouvernement avec ses alliés, refusait jusque-là que le Liban paie sa part dans le financement du TSL et avait réclamé la fin de la coopération avec cette instance.

Jeudi dernier, le Premier ministre avait menacé de démissionner si le Liban n’honorait pas ses engagements financiers à l’égard du tribunal.

Le Conseil des ministres devait se réunir aujourd’hui pour discuter de cette question. Le bureau du Premier ministre avait toutefois affirmé ce matin que la séance sera reportée, sans préciser de date pour la prochaine réunion.

 

La source du financement


Selon des informations rapportées par le site Elnashra, M. Mikati s'est servi du compte du gouvernement libanais à la Banque centrale pour assurer la somme de 38 millions de dollars nécessaire au financement du TSL. "Cette somme devrait ensuite être couverte par le budget du Premier ministre, si le Conseil des ministres accepte de lui attribuer cette part du budget national", précise Elnashra.

Un responsable politique, cité par l'AFP, a déclaré que M. Mikati a retiré la somme d'un organisme rattaché au bureau du Premier ministre, le Haut Comité de secours, chargé des aides en cas d'urgence.

 

La chaîne MTV a affirmé à cet égard que le Premier ministre a du demander l’aide du gouverneur de la Banque centrale libanaise Riyad Salamé pour obtenir une avance du Trésor au Haut Comité de secours.

La MTV a précisé que la solution au financement du TSL a été le résultat d’efforts des trois présidents (de la République, du Parlement et du Conseil) Sleiman, Berry et Mikati. Elle a ajouté que la relation entre Nabih Berry et Nagib Mikati est "très bonne", en citant des sources bien informées.

 

Selon une source politique proche du dossier, le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun souhaitait que les fonds nécessaires au financement du TSL soient prélevés du budget du Haut Comité de secours, et non voté en Conseil des ministres.

 

La télévision al-Manar a rapporté pour sa part, en citant une source présidentielle, que cette solution au financement a été proposée par le président du Parlement Nabih Berry, sans consulter les membres du gouvernement.

La télévision a affirmé par ailleurs que le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah va prononcer un discours jeudi dans lequel il abordera la question du financement du TSL.

 

Le porte-parole du TSL Martin Youssef a affirmé de son côté à la télévision OTV que la façon choisie par le Liban pour financer le TSL "concerne le gouvernement libanais et ne regarde pas le tribunal".

 

Réactions libanaises


Réagissant à l'annonce-surprise du Premier ministre, le secrétariat général du 14 Mars a applaudi à la décision de verser la contribution du Liban au financement du TSL mais il a critiqué  la façon avec laquelle le financement a été adopté. "Nous rejetons la méthode par laquelle une cause nationale, celle de la justice pour le Liban et ses martyrs, a été réglée comme s'il s'agissait d'une affaire en rapport avec une catastrophe naturelle", a affirmé le 14 Mars, dans une allusion au fait que le Premier ministre a eu recours à un organisme, le haut Comité de Secours, chargé de l'aide octroyée, entre autres, en cas de catastrophes naturelles. Il a en outre appelé le gouvernement à coopérer avec le TSL, en commençant par lui remettre les quatre accusés, qui sont tous membres du Hezbollah.

 

Le Courant du futur a pour sa part affirmé dans un communiqué que le financement du TSL par le Liban est "un pas dans la bonne direction" qui mettra fin à l’impunité au Liban.

Le financement constitue "une reconnaissance de l’importance du TSL (…) par tous les membres du gouvernement, notamment le Hezbollah", a-t-il déclaré. "Le Hezbollah a reconnu aujourd’hui la légitimité du TSL en acceptant son financement, et en s’abstenant de démissionner du gouvernement comme il l’avait fait à l’époque du gouvernement d’union nationale présidé par Saad Hariri", a-t-il ajouté.

Le parti a également affirmé que le Hezbollah devrait remettre les quatre accusés aux autorités libanaises pour que celles-ci respectent ses engagements envers la communauté internationale et le TSL.

 

De son côté, le président Michel Sleiman est entré en contact par téléphone avec le président du Parlement Nabih Berry, le remerciant pour ses efforts visant à résoudre la crise gouvernementale liée au financement du TSL.

Selon des médias libanais, les visiteurs de M. Berri ont rapporté que ce dernier était "rassuré" à la suite de l’annonce du financement, car cela voulait dire que la crise intergouvernementale avait été dépassée. En effet, selon certains médias, des parties au sein du gouvernement ont accepté de laisser passer le financement du TSL en contrepartie d'une relance de l'affaire des faux-témoins qui pourrait ainsi être inscrite à l'ordre du jour du à l’ordre du Conseil des ministres.

Les visiteurs de Berry auraient affirmé que le président du Parlement considère que ce qui s’est passé est "dans l’intérêt du pays" et que le gouvernement doit se consacrer aux problèmes importants, notamment sur le plan socio-économique. M. Berry aurait déclaré qu’il est nécessaire d’accélérer le travail à tous les niveaux et d’encourager la reprise du dialogue national.

 

Le ministre d’État Ali Kanso (PSNS) a, quant à lui, affirmé à la télévision NBN que "le problème est avec le TSL en tant que tel et non pas avec son financement". "Les membres du gouvernement vont devoir se mettre d’accord sur la façon de coopérer avec le TSL, d’ici mars prochain", date à laquelle le gouvernement devra renouveler l’accord de coopération avec le TSL, a-t-il expliqué, en précisant que "les deux parties ont le droit de revoir cet accord". "Nous ne pouvons pas coopérer avec un tribunal qui affirme n’avoir aucun lien avec les faux-témoins", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Nagib Mikati a annoncé aujourd'hui que le Liban a transféré sa contribution au financement du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de juger les assassins de l'ancien dirigeant Rafic Hariri. "Les dangers auxquels fait face le Liban nécessitent une position courageuse de la part du gouvernement", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse au Sérail. Il a toutefois tenu à préciser que sa décision ne représente pas "une victoire d'une partie sur une autre".
"Cette décision a pour but de préserver l’État libanais et la justice parce qu’il est inconcevable de laisser l’assassinat de Rafic Hariri impuni", a ajouté M. Mikati, tout en appelant les différents parties libanaises à relancer le dialogue afin de "rétablir la confiance nationale". "La stabilité du Liban a toujours été...
commentaires (1)

Bravo pour le premier ministre Mikati qui a mis fin enfin à ce long suspense du TSL et payer la quote part du Liban . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

07 h 02, le 30 novembre 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Bravo pour le premier ministre Mikati qui a mis fin enfin à ce long suspense du TSL et payer la quote part du Liban . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    07 h 02, le 30 novembre 2011

Retour en haut