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À La Une - Révolte

La Turquie prête à tout scénario, mais rejette l’option militaire en Syrie

Moscou contre un embargo sur les ventes d’armes à Damas ; au moins 18 tués hier.

Sur une maison détruite à Bab Amro est tagué « Merci Bachar ».Photo Reuters

La Turquie annoncera prochainement les sanctions qu’elle mettra en place contre le régime syrien, a déclaré hier le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. « Nous avons achevé notre travail et les sanctions ont été déterminées. Nous les annoncerons après des entretiens avec le Premier ministre et le président » de la République, a-t-il précisé, insistant sur le fait que ces mesures ne viseraient pas les populations civiles. L’approvisionnement en eau de la Syrie notamment par l’Euphrate, qui prend sa source en Turquie, ne sera pas affecté, a-t-il assuré.
« Nous travaillons sur tous les scénarios (...). Si des milliers de gens fuyaient vers notre frontière, cela créerait une situation différente. Des mesures pourraient être prises avec la communauté internationale », a par ailleurs déclaré M. Davutoglu à la chaîne de télévision privée Kanal 24, interrogé sur l’éventualité d’une zone tampon, avant de souligner cependant qu’une telle mesure n’était « pas d’actualité pour l’instant ». M. Davutoglu a en outre répété que la Turquie s’opposait à l’option militaire contre la Syrie, ajoutant : « Nous espérons qu’elle ne sera jamais nécessaire. »
Signalons qu’Ankara, ancien allié de Damas, a adopté une position de fermeté contre son voisin et a appelé au départ du président syrien. Elle accueille déjà dans sa province de Hatay, frontalière avec la Syrie, environ 7 500 Syriens qui ont fui le conflit. De source proche du gouvernement, on précise qu’une zone tampon est difficile à mettre en place sur une frontière de 900 km séparant la Turquie et la Syrie et ne pouvait être créée que pour des raisons humanitaires.
Rappelons par ailleurs que la Ligue arabe avait suspendu la Syrie et décidé dimanche d’imposer des sanctions au régime Assad, après le refus par celui-ci d’accepter la venue d’observateurs. Sur ce point, le ministre turc des Transports, Binali Yildirim, a déclaré que la Turquie pourrait contourner la Syrie pour le commerce régional « si les conditions se détériorent », précisant que son pays prévoit « d’orienter les transports (routiers) via l’Irak, en inaugurant de nouveaux postes-frontières ».
Du côté de Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a en revanche appelé à mettre fin aux « ultimatums » lancés à la Syrie, ajoutant que « le plus important maintenant, c’est d’œuvrer pour ramener la situation sur le terrain politique », insistant sur une résolution pacifique du conflit, en citant l’exemple du Yémen. « Une telle approche est nécessaire pour le problème syrien, car les ultimatums auxquels ont recours quelques États, en particulier la Ligue arabe, ne résolvent pas ce problème », a-t-il poursuivi. M. Lavrov a également indiqué qu’il était peu probable que Moscou soutienne l’imposition d’un embargo sur les livraisons d’armes à la Syrie, après l’expérience des bombardements de l’OTAN en Libye. « Je qualifierai de malhonnêtes les propositions que nous entendons parfois sur l’imposition d’un embargo total sur les livraisons d’armes à la Syrie », a déclaré M. Lavrov, qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec son homologue islandaise, Ossur Skarphedinsson. Soulignons que depuis la période soviétique, la Russie est le principal fournisseur d’armes au régime syrien et s’oppose à toute sanction ou pression à l’égard du régime de Damas.

Homs ville martyre
Sur un autre plan, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, doit participer aujourd’hui à Djeddah à la réunion de l’Organisation de coopération islamique (OCI) qui doit exhorter Damas à « arrêter le bain de sang », a indiqué un responsable du groupement panislamique.
Mais malgré les sanctions et l’isolement de Damas sur la scène internationale, les forces du régime du président Bachar el-Assad ont poursuivi hier leur répression sanglante de la révolte populaire, tuant au moins 18 civils, dont 11 à Homs, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), cité par al-Jazira. Sur les onze victimes, une fillette de 8 ans et une adolescente de 16 ans ont été tuées par balles. Homs est devenue une ville martyre, comme l’a montré hier soir la chaîne de télévision France 2. Une de ses journalistes a réussi grâce à des passeurs à rentrer dans la ville, où des manifestations contre le régime ont lieu constamment, jour et nuit, malgré les tirs des forces de sécurité et des chabbiha. Des militants lui ont relaté qu’ils n’osaient pas emmener les blessés dans les hôpitaux publics de peur de se faire arrêter, se rabattant vers des institutions privées. La journaliste a constaté qu’il est clair que les habitants de Homs ne peuvent plus reculer, ils lui ont d’ailleurs bien fait comprendre qu’ils ne reculeraient devant rien jusqu’à la chute du régime.
Par ailleurs, dans la région d’Idleb, « trois agents de sécurité ont été tués à Saraqeb dans une attaque menée contre leur voiture, probablement par un groupe de dissidents de l’armée dans la région. Deux autres agents ont été conduits vers une destination inconnue », a affirmé l’OSDH. À l’issue de cette attaque, « des forces militaires ont mené des perquisitions tuant un civil et en blessant trois autres ». À Rankouss près de Damas, un civil a également péri par des balles des forces de sécurité, alors qu’il tentait de fuir par peur d’être arrêté. Dans la localité de Deraa, les chabbiha ont par ailleurs pris d’assaut une école à Jassem et y ont arrêté 28 lycéens. Signalons enfin que les forces de sécurité sont entrées à Halfaya, dans le rif de Hama, où des bruits d’artillerie lourde ont été entendus.
(Sources : agences et rédaction)
La Turquie annoncera prochainement les sanctions qu’elle mettra en place contre le régime syrien, a déclaré hier le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. « Nous avons achevé notre travail et les sanctions ont été déterminées. Nous les annoncerons après des entretiens avec le Premier ministre et le président » de la République, a-t-il précisé, insistant sur le fait que ces mesures ne viseraient pas les populations civiles. L’approvisionnement en eau de la Syrie notamment par l’Euphrate, qui prend sa source en Turquie, ne sera pas affecté, a-t-il assuré.« Nous travaillons sur tous les scénarios (...). Si des milliers de gens fuyaient vers notre frontière, cela créerait une situation différente. Des mesures pourraient être prises avec la communauté internationale », a par ailleurs...
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