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TSL : l'échéance approche, et elle s'annonce explosive

Le sort du gouvernement et du Liban se jouera le 30 novembre, au Conseil des ministres.

Michel Sleiman recevant, mercredi dernier, le président du TSL, David Baragwanath, au palais de Baabda. Photo Dalati et Nohra

Pour le Liban, le compte à rebours a commencé. Alors que l'échéance pour une décision sur le financement, ou non, par le Liban, du Tribunal spécial pour le Liban, se rapproche, les différentes parties sont appelées à jouer cartes sur  table.

 

L'affaire s'est accélérée avec la visite au Liban, mercredi, du nouveau président du TSL, David Baragwanath. Une visite visant à inciter les responsables libanais à donner leur feu vert au financement par le Liban de 49 % du budget du TSL.

 

Selon certains médias, le président du TSL aurait été assez ferme au cours de ses entretiens avec les responsables libanais, précisant que si le Liban ne respecte pas ses engagements, il soumettra l’affaire au Conseil de sécurité. Mais ces informations ont vite été démenties par le porte-parole du TSL, Martin Youssef, qui a assuré au quotidien libanais al-Joumhouriya que le président du TSL n'est pas à Beyrouth pour menacer le Liban de sanctions internationales. "Il ne relève pas du tribunal mais du Conseil de sécurité de prendre de telles mesures", a souligné M. Youssef.

 

 

Soumis à d'énormes pressions de la communauté internationale, de ses alliés du 8 Mars comme de l'opposition du 14 Mars, le Premier ministre Nagib Mikati a choisi, de son côté, de sortir du gris et a lancé, hier soir, un ultimatum : "Si le TSL n'est pas financé, je démissionnerai." Pour lui, "le critère devrait être l’intérêt du Liban. Il ne fait pas de doute que je n’accepterai pas que, sous mon mandat, le Liban s’abstienne d’honorer ses engagements et sorte de la communauté internationale. Que personne ne me comprenne mal ; en présentant ma démission, je protège le Liban, car si le gouvernement décide avec mon approbation le rejet du financement et si je reste au pouvoir, il y aura des sanctions contre le Liban", a solennellement déclaré M. Mikati dans le cadre de l’émission de Marcel Ghanem, Kalam el-Nass, sur la LBC.

 

Le sort de son gouvernement, mais aussi du Liban, devrait se jouer en Conseil des ministres, le 30 novembre, lors d'une séance consacrée au dossier du financement du tribunal. Malgré la fragilité de la situation, le chef du gouvernement n’a à aucun moment abandonné l’espoir d’une victoire du "oui" prôné par la minorité centriste du cabinet – c’est-à-dire lui-même, le président de la République, Michel Sleiman, et le chef du PSP, Walid Joumblatt – lors du vote qui devrait avoir lieu ce jour-là.

 

Pour le leader druze, le Liban n'a aucun intérêt à confronter la communauté internationale. Pour cette raison, M. Joumblatt a choisi de soutenir les responsables libanais dans leurs efforts visant à sortir le Liban de l'impasse, rapporte, vendredi, une source politique bien informée au quotidien al-Liwa' qui n'a pu soutirer au chef du PSP qu'une seule déclaration sur ce dossier : "La crise au Liban est un bazar ouvert. Je préfère rester loin de la politique libanaise et ses absurdités".


En terme de répartition des forces, M. Mikati sait d'ores et déjà qu'il ne peut pas compter sur le Hezbollah qui a répété à de multiples reprises sont opposition au TSL en général, et à son financement en particulier. Pour le parti chiite, dont quatre membres sont visés par l'acte d'accusation du tribunal, le TSL est politisé et un instrument aux mains d'Israël et des Etats-unis.

 

Le bloc du Changement et de la Réforme (de Michel Aoun) a également exprimé son opposition. Aujourd'hui, le député du Courant patriotique libre (CPL), Ziyad Assouad, a ainsi expliqué à la Voix du Liban (100.5) que le Courant pourrait jouer la carte de la démission du gouvernement.

Le bloc aouniste n'a pas encore tranché la question d'une éventuelle démission du cabinet au cas où ce dernier approuverait le financement du tribunal spécial pour le Liban (TSL), a-t-il expliqué.

Pour M. Assouad, M. Mikati a agi en solo en posant son ultimatum sans consulter le gouvernement ou ses alliés. "Quelle que soit l'attitude du chef du gouvernement, notre position vis-à-vis du TSL ne changera pas", a déclaré Ziyad Assouad. "Notre refus de financer le tribunal est un refus de principe indépendamment de la position de nos alliés", a-t-il précisé.

 

Des sources du 8 Mars ont par ailleurs rapporté au quotidien libanais an-Nahar leur désapprobation au sujet de certaines positions du chef du gouvernement, des positions qui, selon la majorité, tourneraient éventuellement en faveur du 14 Mars.

 

Face à cette opposition, M. Mikati dit compter sur la "sagesse" du président de la Chambre, Nabih Berry. Ce dernier semble s'employer à trouver une sortie de secours. Selon le quotidien libanais as-Safir, le chef du Législatif privilégie le consensus sur le dossier épineux du TSL. M. Berry aurait, selon as-Safir, mené des contacts intensifs avec les deux présidents Sleiman et Mikati et ses alliés du 8 Mars afin de les convaincre de retirer, pour le moment, le dossier du tribunal du menu des discussions gouvernementales. Mais selon le quotidien, M. Berry se serait vu opposer un refus de M. Mikati mais aussi de M. Sleiman qui a affirmé être "personnellement pour le financement du TSL".

 

Pour le Liban, le compte à rebours a commencé. Alors que l'échéance pour une décision sur le financement, ou non, par le Liban, du Tribunal spécial pour le Liban, se rapproche, les différentes parties sont appelées à jouer cartes sur  table.
 
L'affaire s'est accélérée avec la visite au Liban, mercredi, du nouveau président du TSL, David Baragwanath. Une visite visant à inciter les responsables libanais à donner leur feu vert au financement par le Liban de 49 % du budget du TSL.
 
Selon certains médias, le président du TSL aurait été assez ferme au cours de ses entretiens avec les responsables libanais, précisant que si le Liban ne respecte pas ses engagements, il soumettra l’affaire au Conseil de sécurité. Mais ces informations ont vite été démenties par le porte-parole du TSL, Martin Youssef, qui a assuré...
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