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Nos lecteurs ont la parole

Je vous salue ma rue

Jean-Georges PRINCE
Je ne vais pas commencer par vous conseiller d’aller voir le film tant attendu Rue Huvelin. Je ne vais d’ailleurs pas clôturer ce papier par ce conseil non plus (le conseil sera donc sous-jacent.)
Je ne vais pas commencer non plus par préciser que je suis étudiant à la rue Huvelin, que je suis fan de ce campus depuis des années (malgré l’ambiance écolière, pas que rumeur parfois).
Je vais tout simplement relater des faits (cherchez la subjectivité entre mes lignes). Un film. Libanais. Produit par de jeunes citoyens. Joué par des étudiants (de l’USJ et autres). Critiqué avant même sa sortie en salle. Qui a eu un parcours international avant d’attaquer la scène ancestrale. Censuré. Oui censuré parce qu’il retrace la chronologie du mouvement estudiantin qui a enflammé les médias pendant des années et dont le bastion était la faculté des sciences humaines de l’USJ. Rue Huvelin. Ce mouvement estudiantin qui avait osé brûler le drapeau syrien sur le campus.
Ce film est un devoir de mémoire. Pour ne pas oublier ces jeunes qui se sont fait taper sur les doigts (et pas que) pour étant défenseurs des libertés. Défenseurs d’un Liban exempt de toute oppression. Défenseurs du drapeau libanais et de son hymne national. Ce film retrace les révolutions pacifistes et moins pacifistes. Porté par des acteurs non professionnels (d’où certains « sur-jeux »), mais attendrissants et souvent vrais, il rappelle une époque où les jeunes de ce pays, de toutes confessions, s’étaient unis pour défendre la même cause. Ce film met en image ce que la jeunesse libanaise a été, le temps d’une licence, et ce qu’elle n’est plus aujourd’hui. Ce film parle au Liban entier. Il parle peut-être plus particulièrement aux étudiants actuels du campus. Ceux-là mêmes qui, depuis la fin des affrontements avec les forces de l’ordre, ont choisi de plutôt s’affronter entre eux. Depuis la levée des couleurs, le drapeau libanais est à nouveau en berne pour laisser hisser ceux des partis politiques qui ne font que prouver les unions branlantes d’une jeunesse bloquée. Ce film touche parce que cette année encore l’emblème syrien flottait dans la rue Huvelin à l’annonce des résultats électoraux. Emblème d’une nation dont la présence au Liban a été la raison du mouvement, des révolutions, des changements et de ce film.
Vous connaissez peut-être l’histoire. Peut-être que certains de vos proches ou amis ont pris part à ce soulèvement. Peut-être que vous y étiez. Vous sortirez de la salle avec des questions, des réponses ou, en tout cas, le cheminement des unes vers les autres. Vous sortirez de la salle avec une boule au ventre en pensant à cette page noire du Liban mais glorieuse de sa jeunesse. Vous sortirez de la salle fiers d’être libanais. Ou, comme moi, fier d’être étudiant rue Huvelin (la subjectivité ne se lit plus qu’entre les lignes).

Jean-Georges PRINCE
Je ne vais pas commencer par vous conseiller d’aller voir le film tant attendu Rue Huvelin. Je ne vais d’ailleurs pas clôturer ce papier par ce conseil non plus (le conseil sera donc sous-jacent.)Je ne vais pas commencer non plus par préciser que je suis étudiant à la rue Huvelin, que je suis fan de ce campus depuis des années (malgré l’ambiance écolière, pas que rumeur parfois).Je vais tout simplement relater des faits (cherchez la subjectivité entre mes lignes). Un film. Libanais. Produit par de jeunes citoyens. Joué par des étudiants (de l’USJ et autres). Critiqué avant même sa sortie en salle. Qui a eu un parcours international avant d’attaquer la scène ancestrale. Censuré. Oui censuré parce qu’il retrace la chronologie du mouvement estudiantin qui a enflammé les médias pendant des années et dont le...
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