Même le tourisme s’en est sorti, malgré l’attentat d’avril à Marrakech (17 morts) qui a donné un coup de frein momentané à ce secteur vital.
Mais, côté sombre, le Maroc connaît un chômage très élevé notamment chez les jeunes. Selon le Haut Commissariat au plan (HCP), 31,4 % des jeunes de moins de 34 ans étaient sans travail l’an dernier. Parallèlement, les dépenses publiques ont dangereusement gonflé car, confronté à une persistante grogne sociale depuis des mois, le gouvernement a consenti des augmentations de salaires et pratiqué une politique de soutien des prix de certains produits. Pour soutenir l’emploi et contrer la flambée des prix à la consommation, il a ainsi laissé filer le déficit budgétaire qui devrait atteindre 6 % du PIB en 2011 (contre 4 % prévus), tandis que le déficit commercial a pour la première fois dépassé les 100 milliards de dirhams (9 milliards d’euros). Pour l’économiste Nagib Akesbi, l’équipe actuelle est « dans une impasse ».
Qui plus est, une grande partie des 35 millions de Marocains ne disposent d’aucune couverture sociale tandis que la pauvreté, le chômage et l’illettrisme (30 % de la population) sont autant de plaies qui restent à soigner.
Des objectifs intenables selon des experts
« Ce qui est dommage, c’est l’absence de véritable débat public sur les questions économiques à la veille des élections », a indiqué à l’AFP Mehdi Lahlou, professeur d’économie à l’université de Rabat. La plupart des partis politiques ont bien évoqué les questions socio-économiques dans leurs programmes électoraux, mais surtout pour faire des promesses de lendemains meilleurs. Ainsi, les principales formations en lice vendredi, comme le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste modéré) qui espère arriver en tête des élections, ont promis une croissance entre 6 à 8 % et des centaines de milliers d’emplois nouveaux.
Des objectifs intenables selon des experts qui rappellent notamment un contexte international peu encourageant. L’Europe est le principal partenaire économique du royaume, et pour pouvoir créer 300 000 emplois chaque année, le pays aurait besoin d’un taux de croissance de 6 %, estiment les experts.
« Même s’ils ne sont pas partis, les riches pays du Golfe ont réduit leurs investissements », commente M. Lahlou. Le futur gouvernement devrait atteindre « un taux de croissance de 7,5 à 8 % durant les prochaines années pour parvenir au stade de pays émergent » qu’ambitionne le Maroc, estime dubitatif Nagib Akesbi.
Dernier défi enfin, à mi-chemin entre la politique et l’économie, qu’il faudra relever : les inégalités sociales et la corruption, alors que l’essentiel des richesses est accaparé par une petite minorité.
(Source : AFP)


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