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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Diplomatie

Washington, Ankara et Paris redoutent les prémices d’une guerre civile en Syrie

Une « guerre civile » est possible en Syrie alors qu’une partie de l’opposition commence à répliquer par les armes à la répression du régime Assad, a estimé hier la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton dans un entretien à la chaîne NBC, ajoutant que l’opposition est « très déterminée, bien armée et finalement bien financée ». Cette action armée, ajoute-t-elle, serait « sinon dirigée, du moins certainement influencée par des déserteurs de l’armée. Nous le voyons déjà, et nous détestons cela parce que nous sommes en faveur de manifestations pacifiques et d’une opposition non violente ».
L’évaluation de Mme Clinton contraste avec la prudence jusqu’alors observée par Washington. Mme Clinton a pris soin de souligner hier que c’était « le régime Assad », par sa violence depuis des mois, qui avait poussé le peuple à « prendre les armes contre lui ».
La France et la Turquie ont elles aussi redouté hier la perspective d’une guerre civile. Des insoumis de l’armée syrienne « se manifestent ces derniers temps, et de ce fait, il y a un risque d’évolution vers la guerre civile », a déclaré le chef de la diplomatie française Alain Juppé, en visite en Turquie, lors d’une conférence de presse avec son homologue Ahmet Davutoglu. Jusqu’à présent, « il est difficile de parler de guerre civile, parce que dans une guerre civile, il y a deux parties qui se battent. Et dans le cas présent, ce sont la plupart du temps des civils qui sont attaqués par les forces de sécurité. Mais il y a toujours le danger que cela se transforme en guerre civile », a-t-il ajouté. Auparavant, dans un entretien à l’AFP, M. Davutoglu avait redouté une telle éventualité.
Les deux dirigeants ont par ailleurs exhorté la communauté internationale à accroître la pression sur le régime syrien par la voie de sanctions. « Malgré tous les appels qui ont été faits à ce régime pour qu’il se réforme (...), ce régime n’a rien voulu savoir », a déclaré M. Juppé, ajoutant que « le moment est venu maintenant d’unir nos efforts pour accentuer les sanctions » contre le régime syrien. « La question la plus essentielle à l’heure actuelle est d’accentuer les pressions sur la Syrie, pour que l’effusion de sang s’arrête », a renchéri le ministre turc. « La situation n’est pas tenable » et « la poursuite de la répression est inacceptable », a ajouté M. Juppé, appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à agir. « J’espère que ceux qui bloquent aujourd’hui toute résolution prendront enfin conscience de la réalité », a lancé le ministre français, dans une allusion à la Chine et à la Russie, dénonçant la « répression extrêmement brutale » par le régime syrien du mouvement de contestation. Depuis Moscou, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a toutefois appelé à la « retenue » sur le dossier syrien lors d’une rencontre avec le Premier ministre français, François Fillon, qui a milité pour une pression accrue sur le président Assad qui reste « sourd » aux appels internationaux.
M. Davutoglu a de son côté regretté que les efforts de médiation de la Turquie se soient soldés par un échec. « Au lieu d’écouter son peuple, l’administration syrienne a pointé des armes contre sa propre population », a-t-il lâché.
M. Juppé s’est en outre déclaré pessimiste quant aux chances de la Syrie de respecter l’ultimatum qui lui a été lancé par la Ligue arabe. M. Juppé a également répété que la France, qui a rappelé son ambassadeur à Damas, était opposée à une « intervention unilatérale » en Syrie et qu’une telle intervention, si elle avait lieu, ne pouvait que se faire dans le cadre d’un mandat du Conseil de sécurité.
Interrogé sur le point de savoir si la Turquie envisageait de créer une zone tampon ou d’imposer une zone d’exclusion aérienne à sa frontière avec la Syrie, M. Davutoglu a dit que ce n’était pas pour l’instant d’actualité.
Face à ces divergences entre les grandes puissances, Paris, Berlin et Londres veulent présenter au comité des droits de l’homme de l’Assemblée générale de l’ONU une résolution condamnant les agissements du régime. Un vote devrait intervenir mardi.
(Source : agences)
Une « guerre civile » est possible en Syrie alors qu’une partie de l’opposition commence à répliquer par les armes à la répression du régime Assad, a estimé hier la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton dans un entretien à la chaîne NBC, ajoutant que l’opposition est « très déterminée, bien armée et finalement bien financée ». Cette action armée, ajoute-t-elle, serait « sinon dirigée, du moins certainement influencée par des déserteurs de l’armée. Nous le voyons déjà, et nous détestons cela parce que nous sommes en faveur de manifestations pacifiques et d’une opposition non violente ».L’évaluation de Mme Clinton contraste avec la prudence jusqu’alors observée par Washington. Mme Clinton a pris soin de souligner hier que c’était « le régime Assad », par sa violence...